La garçonnière, d’Hélène Grémillon

Résumé

Ce roman est inspiré d’une histoire craie. Les évènements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c’est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout. Les êtres humains, si.

Voici une 4e de couverture intrigante, mais pas très parlante, qui pourrait avoir pour effet que le client parcourt les premières pages pour se donner une idée ou tout simplement repose le livre sans se poser de questions. Je vous propose donc un autre résumé :

Lisandra est retrouvée défenestrée. Son mari Vittorio (un psychiatre) est accusé du meurtre, il est donc arrêté. Mais l’une de ses patientes, Eva Maria, qu’il suivait à cause du traumatisme engendré par la disparition de sa fille durant la junte, décide de mener son enquête. Cela l’amène sur la piste d’autres patients.  Elle fouille également dans le passé du psychiatre, celui du couple, pour mieux comprendre. Tout cela dans le but d’innocenter son psychiatre.

4 scarabees

Avis de lecture

Je connaissais Hélène Grémillon et son roman Le confident, mais je n’ai pas eu l’occasion de le lire. J’ai donc été ravie de pouvoir découvrir la plume de cette auteure.

Mais qui a tué Lisandra Puig ? Jeune femme, belle, fragile et amoureuse, Lisandra vit avec Vittorio, un psychiatre. Sa mort va vite révéler les failles qui vont peu à peu éloigner le couple l’un de l’autre. Inévitablement, le mari est le premier suspect. Un suspect tout désigné pour la police qui ne semble pas vouloir enquêter plus loin. Mais pour Eva Maria, ce n’est pas possible, pas son psychiatre. La voilà qui mène son enquête, qui rend compte à Vittorio de ses découvertes et de ses hypothèses.

Mais Vittorio est-il si innocent ? Pour Eva Maria, cette question est sans cesse remise sur le tapis. D’autant, qu’elle, victime de la junte en quelque sorte à cause de la perte de sa fille, apprend que son thérapeute reçoit ce qui pourrait être un des bourreau de sa fille. Pour elle c’est une trahison et Vittorio n’est peut-être pas un homme bien. Peut-être a-t-il tué sa femme alors ? Peut-être a-t-il pris part à la junte ? Pour Eva Maria, le meurtre irrésolu de sa fille et de Lisandra semble se confondre, notamment à la page 106 où elle se trompe de prénom.

Tout est interprétation dans cette affaire. Au fil de son enquête, l’image que l’on a du couple Lisandra et Vittorio n’a de cesse de se fissurer. De nouveaux éléments, de nouveaux témoignages font jaillir de nouvelles hypothèses, et après avoir avancé dans la résolution de l’affaire, Eva Maria fait soudain marche arrière devant le manque de fondement. Face à tout cela, il ne lui reste plus qu’à confronter Vittorio, à jouer carte sur table…

Le coupable n’est finalement pas qui l’on croit et quand la vérité éclate aux yeux du lecteur et continue d’échapper aux personnages jusqu’au point final du roman, cela fait son effet, je suis restée coi et je me suis dit « chapeau ». P. 299, retournement total de situation, désorientation du lecteur qui en sait plus ce qu’il doit croire, quant au coupable. Le procédé utilisé n’est pas nouveau, mais fait toujours son effet. Dès cette arrestation, tout s’enchaîne très vite, et l’on saisit bien vite que Vittorio est coupable d’une chose, mais je vous laisse découvrir de quoi il s’agit. Le dernier chapitre clôt avec brio le roman, apporte l’éclairage qu’il manquait au lecteur sur l’affaire, sur Lisandra mais aussi sur le titre, car je ne saisissais pas pourquoi l’auteur avait appelé ainsi son roman, mais même là, je suis peu convaincue par ce titre.

Un roman à la frontière du policier, des personnages approfondis , c’est notamment le cas de Vittorio ou de Lisandra, à qui l’auteure accorde un monologue sur la jalousie saisissant et les quelques dernières pages tout aussi réussi. Je regrette juste que l’auteure ait amorcé avec Eva Maria ces sujets : la Junte  (dictature militaire en Argentine de 1976 à 1983, ) et l’association des Mères de la place de Mai sans l’aborder plus franchement, car, pour ma part, je ne savais pas de quoi il s’agissait, mais cela provient sûrement du parti pris de l’auteur d’écrire sur ce fait divers avant tout.

Ordinairement je ne mets pas de note chiffrée, mais pour jouer le jeu du match de la rentrée jusqu’au bout, je mets un beau 18/20 à ce roman.

Un grand merci à Priceminister, qui organise chaque année le match de la rentrée littéraire !

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