« Bestseller », de Jesse Kellerman

BESTSELLERRésumé

Arthur Pfefferkorn est un prof de fac aux ambitions littéraires avortées (il aurait commencé 77 romans différents). Son plus vieil ami est le fameux William de Nerval, auteur de thrillers sanglants au succès international, qui compte Stephen King parmi ses fans. Pourtant, Arthur, qui s’est toujours considéré comme l’Écrivain, est très jaloux de la réussite de William. En outre, ce dernier a épousé la belle Carlotta, dont Arthur est épris depuis leur jeunesse. Un jour, William disparaît en mer. Arthur se rapproche alors de la veuve éplorée, et la tentation est grande de faire aussi main basse sur le dernier manuscrit de son ami. Plongé dans un monde truffé de clichés et d’intrigues rocambolesques, Arthur se lance en quête de l’ultime secret : comment concocter un best-seller.

3 scarabees

Avis de lecture

Jesse Kellerman m’avait habitué à des thrillers  psychologique. Dans Beau parleur, il s’agissait du basculement vers une folie meurtrière, dans Jusqu’à la folie, ( mon avis été plus mitigé pour ce roman) tout bascule dans la vie de Jonah, dès lors qu’il sauve Eve. Ici, dur de classer ce livre qui ne commence pas comme un thriller, qui bascule d’un coup vers le roman d’espionnage, mais un roman d’espionnage qui ne se prend pas au sérieux, car Jesse Kellerman joue avec les codes de ce genre pour mieux s’en amuser.

Arthur Pfefferkorn, notre personnage principal, a publié un seul livre, tandis que son meilleur ami des dizaines. Une certain jalousie est palpable de la part d’Arthur pour cet ami qui a réussi et a épousé Carlotta, la fille qu’il aimait en secret. Lorsque Bill disparait, Arthur assiste à la cérémonie organisé par Carlotta. Évidemment, un rapprochement entre Carlotta et Arthur va s’opérer, mais il ne va pas s’arrêter là. Il va subtiliser le roman inachevé de Bill, le réarranger pour le publier sous son nom. Un bestseller est né, le succès, la tournée de promo, etc… Mais voilà ce n’est que le début et le voilà face à un problème : écrire la suite que ses fans attendent.

Si seulement c’était le seul souci auquel notre héros aura à faire face… Kellerman écrit de bons passages sur le processus d’écriture, j’ai aimé les dialogues entre Arthur et son agent à propos du deuxième roman à paraitre. Finalement Jesse Kellerman met brusquement fin aux tortures intellectuelles de son personnage et réussit a tout faire basculer sans préambule. Pour Arthur, fini les romans littéraires ! Selon l’éditeur, à bas la qualité du texte, ce qui compte c’est de proposer aux lecteurs ce qu’ils attendent. le roman n’est qu’un produit commercial, comme n’importe quelle boite de conserve (cf la couverture du livre). Faite place au thriller écrit à l’appel dans la bonne grosse industrie de l’édition pour la distraction de la population, mais dont les enjeux dépassent ce que l’on peut imaginer. Voilà dans quoi met les pieds Arthur malgré lui, ou plutôt à cause de lui, puisque c’est la conséquence de son vol. Notre auteur de thriller, devient à son tour un héros à la manière de Shagreen, le personnage qu’il a crée. Arthur qui se moquait des gestes fluides lors des scènes d’action présentes dans les bestseller de son ami Bill, des évasions faciles, des conquêtes du héros, des rebondissements en chaines, se retrouvent lui-même confrontés à tout cela. On ne peut s’empêcher de noter l’humour derrière tout cela.

J’ai trouvé que Jesse Kellerman avait eu une belle idée de départ avec tout cela et que le résultat est pas mal du tout. Certes ce roman n’emporte pas comme un vrai thriller, mais j’ai vraiment apprécié cette caricature du roman d’espionnage, par moment totalement farfelu.

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2 réflexions au sujet de « « Bestseller », de Jesse Kellerman »

  1. Bonjour,
    de Jesse Kellerman j’ai beaucoup aimé « Les visages ». Ensuite j’ai été tellement déçue par « Jusqu’à la folie » que je n’ai par renouvelé l’expérience.

  2. Oui je suis d’accord, Jusqu’à la folie n’était pas top. Avec Bestseller, il fait quelque chose de vraiment différent. J’ai bien aimé, et j’imagine que dedans il y met un peu de lui, de sa vision de la littérature, de l’édition, mais je pense que la brusque tournure que prend le roman peut dérouter et déplaire. C’est à double tranchant…

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