Le chardonneret, de Donna Tartt

Chardonneret_301Résumé

Qui est Théo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu’il soit aujourd’hui 14 ans plus tard, cloîtré dans une chambre d’hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu’est devenu le jeune garçon de 13 ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D’où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu’il transporte partout ?

A la fois roman d’initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l’Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt.

3 scarabees

Avis de lecture

Que de questions à la lecture de cette quatrième de couverture ! Quatre grandes questions qui caractérisent l’ensemble du livre. Mais finalement après quelque pages de lecture, on les oublie vite et on se laisse plutôt porter par la voix de Théo qui nous raconte son histoire.

L’histoire débute à Amsterdam, où Théo fiévreux a rêvé de sa mère « pour la première fois depuis des années ». Sa mère morte alors qu’il était enfant. « Sa mort est la ligne de démarcation entre avant et après ». Après la narration très précise de cet évènement qui va bouleverser la vie de Théo, c’est à cet « après » que nous sommes confrontés. Lui, le survivant, va faire face à la perte de sa mère, au traumatisme de l’attentat auquel il a survécu. Seul, il va d’abord trouver refuge chez les Barbour, une famille bourgeoise de New York, fera la connaissance d’Hobbie un restaurateur de meubles et de Pippa, une autre survivante de l’attentat (un lien particulier se tisse entre eux, un lien présent tout au long du roman). Il va devoir faire face à la brusque réapparition de son père, un ex-alcoolique venu l’emmener à Las Vegas, où il rencontrera Boris, un garçon un peu paumé, livré à lui-même qui deviendra un copain de beuverie. Ces diverses rencontres, la fréquentation du milieu bourgeois, puis de milieux plus modeste et de milieux lié à la drogue vont façonner Théo et le mener vers une vie solitaire et pas très heureuse finalement. J’ai apprécié que l’auteure prenne le temps d’installer une ambiance, une atmosphère particulière à chaque lieu (New York, Las Vegas, Amsterdam aussi), d’étoffer ses personnages, de développer les relations entre le père et le fils, les liens d’amitié entre Théo et Boris, etc… Ainsi nous avons toute une palette de personnages très divers et très attachants, avec leurs faiblesses, leurs blessures, mais aussi avec leurs moments joies. Nous avons donc là, c’est vrai un très bon roman d’initiation (pour reprendre le terme en quatrième de couv). C’est ce côté du livre qui m’a vraiment emballée, mais je ne me relancerai pas dans un tirade sur le fait que les personnages sont très bien façonnés, etc, mais tout de même j’insiste dessus.

Je vais passer à un autre (et pas des moindres) axe de ce livre: le tableau, l’art. D’ailleurs bravo à l’éditeur pour la magnifique couverture et pour la belle reproduction du tableau de Carel Fabritius qui se trouve au début et à la fin du livre ! L’art tient une place importante dans ce livre, tout d’abord par la place que tient Le Chardonneret dans l’intrigue. En effet, ce tableau de maître entre en possession de Théo, qui à ce moment là n’a pas tout à fait conscience d’avoir commis un vol, puisque pour lui il s’agissait plutôt de mettre le tableau à l’abri. Il ne révèlera à personne qu’il est en possession de ce tableau, pourtant il a songé à se confier, à le rendre. Le tableau va être source d’inquiétude (il y a la crainte que quelqu’un le trouve et le lui prenne) et pourtant par moment source d’une sorte de réconfort, bien qu’il ravive le souvenir de l’attentat et la perte de sa mère. Adulte, il y a la crainte que le FBI l’arrête et le condamne pour vol d’œuvres d’art, ce qui le pousse à le cacher. Mais au delà de ce tableau, l’auteure consacre des passages à l’Art, mais aussi à la restauration de meubles. Ce qui donne lieu à de grandes descriptions très détaillées du narrateur. Théo est, en effet, devenu l’associé d’Hobbie, chargé de vendre les meubles. Hors voilà qu’à force de mauvais choix, Théo se retrouve en mauvaise position, une position inconfortable qui va faire revenir le tableau, si bien écarté de l’intrigue, sur le devant de la scène. C’est là, à peu près à la page 500, que le roman d’initiation laisse peu à peu la place à la tension propre au thriller (sans être pour autant un thriller). Après deux rebondissements de situations, où l’on voit réapparaitre Boris, qui n’est évidement pas devenu honnête homme, nous sommes entraînés dans une quête que j’étais loin de voir venir. Une quête qui l’entraîne à Amsterdam…

Pour conclure, voici un livre au multiples facettes, un roman dense et fort très très bien mené, mais j’avoue avoir décroché sur les 5 dernières pages, que j’ai trouvé plus lourdes que le reste du livre, j’ai donc dû m’y reprendre à deux fois.

Un dernier mot pour remercier Anne et Arnaud de m’avoir fait découvrir Donna Tartt.

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5 réflexions au sujet de « Le chardonneret, de Donna Tartt »

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