» La trahison d’Einstein « , d’Eric- Emmanuel Schmitt

Résumé

Sur les rives d’un lac du New Jersey, deux excentriques se rencontrent et sympathisent. L’un est Albert Einstein ; l’autre est un vagabond en rupture avec la société.

À ce confident de hasard, Einstein expose son dilemme. Pacifiste militant, il connaît les conséquences terrifiantes de ses travaux théoriques et craint qu’Hitler et les nazis ne fabriquent la première bombe atomique. Devrait-il renier ses convictions et prévenir Roosevelt, afin que l’Amérique gagne la course à l’arme fatale ? Quel parti prendre alors que le FBI commence à le soupçonner, lui, l’Allemand, le sympathisant de gauche… le traître peut-être ?

Dans cette comédie intelligente et grave, drôle parfois, Eric-Emmanuel Schmitt imagine le conflit moral d’un homme de génie, inventeur malgré lui de la machine à détruire le monde.

3 scarabees

Avis de lecture

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de théâtre, et je suis contente d’avoir pu lire cette pièce-ci. Le titre a tout de suite attiré mon attention et la quatrième de couverture m’a d’autant plus emballée. Donc merci à Albin Michel pour ce partenariat.

La pièce se découpe en 8 scènes et se compose de 3 personnages : Einstein, Le vagabond et O’Neill, l’agent du FBI. Les quatre premières scènes sont organisées de la façon suivante : Einstein parle avec le Vagabond qui, à la fin, est abordé par O’Neill. Si au départ la première rencontre entre Einstein et le Vagabond, et celle du Vagabond et de O’Neill est fortuite, cela ne sera plus toujours le cas, d’autant que le Vagabond est recruté par le FBI pour obtenir des informations sur Einstein. Le lien particulier qui se crée entre eux va au delà de cette espionnage. Le rôle de l’agent du FBI va aussi s’étoffer.

L’action commence avant le début de la deuxième guerre mondiale et se termine pendant la guerre froide. Chaque scène donne lieu à un débat d’idée, sur la montée du nazisme ou sur le pacifisme par exemple, valeur chère à Einstein qui se trouve face à un cas de conscience. Le contexte de l’époque lui fait penser que le pacifisme n’est plus de mise, lorsque la liberté est en jeu. Voici quelque chose qui va le travailler sur plusieurs scènes, en jeu la construction de la bombe nucléaire et tout ce qu’elle comporte de néfaste. Grand cas de conscience qu’il exposera au Vagabond. Plus tard, il sera confronté aux conséquences de ses actes avec Hiroshima, ce qui donnera d’ailleurs lieu à un bel affrontement entre Einstein et O’Neill (alors soûl et sur le point de griller sa couverture). Einstein le pacifique se trouve bien malgré lui à l’origine de cette catastrophe. Pleins de remords, il va aussi faire face à la révolte du vagabond « Moi qui pensais que la science incarnait le sommet de la civilisation… Oui, grâce à elle, l’humanité avance, mais en barbarie.« p.126.

Einstein espion ? Voilà une question qui se pose, un rôle qu’on lui prête sans preuve (Einstein est allemand et victime de discrimination, un sujet largement développé dans la pièce), mais ces preuves, tout est bon pour les trouver… Hors il n’y a nulle trahison ici, si ce n’est une trahison envers lui-même.

Pour conclure, j’ai passé un agréable moment avec ce livre qui se lit en quelques heures seulement. Ce que j’aime surtout ici, c’est que l’auteur glisse une dose d’humour et un peu de nonchalance dans le dialogue entre Einstein et le Vagabond, tout en abordant des questions intéressantes.Une pièce pas si légère que cela en fait.

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