La malédiction d’Azazel, de Youssef Ziedan

DSC03170Résumé

Quel est ce mystérieux manuscrit découvert par des archéologues dans un coffret en bois, perdu au milieu des ruines, non loin d’Alep ? Quelles terribles vérités contenait-il pour avoir été ainsi abandonné à la garde des siècles ? Traduit de l’araméen, il apparaît comme l’autobiographie d’un moine-médecin venu de Haute-Egypte dans la première moitié du Vème siècle : Hiba.

En arrivant à Alexandrie, Hiba croyait que cette seconde Rome lui livrerait les lumières de la foi chrétienne et des sciences grecques. Mais, à l’heure où triomphe le christianisme jadis persécuté, il assiste aux ravages du fanatisme religieux. Du lynchage de la philosophe platonicienne Hypatie à la destruction des trésors culturels païens, des complots contre les « hérétiques » à la mainmise de l’Empire sur l’Eglise, Azazel, le démon de la haine et de la division semble s’être emparé du monde. Et de l’âme d’Hiba, assailli par le doute depuis qu’il a rencontré la belle païenne Octavie…

3 scarabees

Avis de lecture

Si j’ai eu un peu de mal à me laisser embarquer durant les premières pages, dès lors qu’Hiba est revenu sur son passé, sur les évènements tragiques dont il a été témoin, sur ses rencontres les plus marquantes, le livre a pris un tour qui m’a davantage plu.

Ce qu’on lit est présenté comme la traduction de parchemins découvert près d’Alep, rédigé par un moine témoin de grands troubles en Egypte, notamment. Cette confession est motivé par un sentiment de culpabilité, et par cette voix, celle d’Azazel ou celle de sa conscience, qui semble le poursuivre pour qu’il consigne les grands évènements de sa vie, ainsi que ses réflexions. Lorsque Azazel intervient, c’est pour le rappeler à l’ordre, lui dire de reprendre son récit (ce qui a pour effet de le couper dans certains passages qui reste ainsi inachevé). Autre particularité du récit consiste à annoncer un personnage, un évènement pour susciter notre curiosité, mais Hiba prend le temps de nous raconter tout le cheminement qui y a mené.

Que dire d’Hiba ? C’est un personnage très attachant, soumis à des désirs d’hommes auxquels il succombe pour ensuite se repentir, c’est aussi un moine sincère, parfois saisi par le doute, bien plus méritant que nombre d’évêque et autres hommes d’église lié au pouvoir. Au commencement, Hiba est né d’un père païen et d’une mère chrétienne, c’est certainement cela qui fait de lui quelqu’un de plus ouvert que beaucoup de ses contemporains. Ainsi il est né à une époque charnière où la religion chrétienne s’étend et où les païens sont persécutés. Il va se vouer très jeune à une vie monacale. Hiba est pacifique, érudit curieux de philosophie, passionné de livre (il possède des livres interdits qu’il conserve secrètement). Il est de ses moines si exemplaires, dont l’ouverture d’esprit force l’admiration, et dont on se dit que le monde aurait été bien différent s’il y en avait davantage. Hiba est aussi prompt à questionner sa foi, s’interroger sur l’origine de la religion (il note que Dieu existe depuis la nuit des temps dans le cœur des hommes, mais que les religions changent, ce qui l’amène à s’interroger sur les vérités que tendent à établir les théologiens).

Témoin direct de terribles exactions commise par les chrétiens à Alexandrie entre autre, cela ne va qu’accentuer son désir de vivre à l’écart de ses contemporains, à vivre reclus. Mais même dans son monastère, de tristes nouvelles ne tardent pas à arriver…

Ce roman est vraiment captivant. C’est une période de grands troubles aussi bien pour l’Egypte, que pour la chrétienté divisée par des questions de théologie. Entre deux cultures par sa naissance, Hiba est prédisposé à une ouverture d’esprit, ce qui rend son regard sur le monde très intéressant. Enfin le fait qu’il soit rédigé à la première personne donne plus de force au récit. Bref, il y a pleins de raisons pour se pencher sur ce roman.

Je remercie Albin Michel pour ce partenariat.

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5 réflexions au sujet de « La malédiction d’Azazel, de Youssef Ziedan »

      1. Et oui, moi aussi ! Je me suis procuré un roman de Paul Doherty récemment (Sous le masque de Rê), ça m’a l’air pas mal. Elizabeth Peters, son nom me parle, mais je n’ai jamais eu l’occasion. Je note.

      2. Rhô, j’ai des Paul Doherty et je ne les ai pas encore lu !! En plus, parfois, il est sous un autre nom… j’ai déjà eu la blague de tomber sur lui sous son vrai nom de plume. Si je ne confonds pas avec un autre 🙄

        Note, Peters… les premiers tomes sont les meilleurs.

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