» Dans le grand cercle du monde « , de Joseph Boyden

dans le grand cercle du monde (2)Résumé

Situé dans les espaces sauvages du Canada du XVIIe siècle, ce roman épique, empreint tout à la fois de beauté et de violence, est d’ores et déjà considéré comme un chef-d’œuvre.
Trois voix tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron, et d’une captive iroquoise. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour s’allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.

Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d’une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l’absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d’une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent. »

Notation sur 5

Intrigue : cinq scarabees

Personnages : cinq scarabees

Écriture : cinq scarabees

logo coup de coeurAvis de lecture

Voici un grand roman, un livre magnifique que je n’oublierai pas. Je ne trouve rien à redire, car  tout m’a plu dans ce roman (il m’a motivé à créer un logo coup de coeur, que j’exploiterai à l’avenir pour d’autres livres).

C’est un livre que j’ai pris plaisir à lire chaque fois davantage au fil des pages, tant je me suis prise de passion pour les personnages. Il est construit de la manière suivante : trois voix se succèdent, celles de Oiseau, un guerrier Wendat, de Chutes-de-neige une iroquoise que l’on suit de l’enfance à l’âge adulte, adoptée par Oiseau (pour les circonstances de cette adoption et ce qui s’ensuit, je vous laisse le découvrir, ce n’est pas de tout repos)  et d’un jésuite qui va vivre aux côtés de Wendats dans le but de « leur faire découvrir la lumière »,, bref de les convertir. Le talent de l’auteur, cette construction bien élaborée et équilibrée s’avère efficace, et participe grandement au fait qu’on se projette si facilement aux côtés des personnages, qu’on vit tout à leur côté.

J’ai tout de même eu plus d’empathie pour Oiseau et Chutes-de-neiges, ainsi que pour le peuple Wendat. La relation entre Oiseau et sa fille adoptive est au départ catastrophique, la haine que ressent la fille pour son père ne semble pas prête de s’effacer et pourtant… La question de son identité est posée, ni Wendat, et plus Haudenosaunee, elle s’interroge sur sa place. Oiseau, lui, est un grand guerrier, dur, impitoyable, mais aussi généreux et chaleureux. Avec Renard, ils forment un duo soudé jusqu’au bout, une amitié indéfectible que l’auteur prend soin de souligner dans les pires moments. Il dirige la tribu et a encouragé l’alliance avec les français, au point qu’il s’interroge sur sa part de responsabilité dans les évènements à venir. Et le jésuite ? Il faut dire qu’il n’a pas le bon rôle, et la vision de l’européen colonisateur, évangélisateur, porteur d’une bonne parole qu’il considère comme la seule, son mépris pour la vie des indigènes, etc, n’arrange pas les choses. Mais au fil des pages, si on fait abstraction de la mission qui lui ai confié, Christophe est un homme intelligent, qui apprend la langue des Wendats (certes pour mieux les amener dans les girons de l’église), un homme qui va être la proie de moqueries, on lui attribuera aussi la succession de malheur qui frappe les Wendats. De grandes épreuves, de grandes douleurs l’attendent. Il n’y a qu’à la fin montre un courage qui force le respect face à ce qu’il va subir. Ce sont tous des personnages forts, que l’on prend plaisir à suivre, je ne le dirai jamais assez.

Dans ce roman les contraires et les extrêmes se rencontrent, se mêlent finalement. C’est au rythme des saisons, qui rythme la vie de la tribu que se déroule le livre. Il y a le temps où « les sauvages » rencontrent « la civilisation » pour faire du commerces et consolider l’alliance entre les français et les Wendats. Par ailleurs, les conflits entre tribus, la violence, les tortures sont très présentes et les descriptions sont saisissantes. Joseph Boyden nous montre donc ce qu’il y a de pires mais aussi ce qu’il y a de meilleurs par des scènes du quotidiens, par la générosité, l’amitié au sein de la tribu. Ce qui m’amène à souligner le fait que l’auteur nous familiarise avec les croyances, les traditions de ce peuple. Le personnage de Petite Oie qui perçoit l’avenir, est le symbole des croyances de la tribu (Christophe essaiera d’ailleurs de la ridiculiser, de la confondre en vain). Il met aussi l’accent sur le sens du collectif qui prime sur l’individu, sur le rapport à la nature, la question du deuil est aussi traité à plusieurs reprises dans le livre. C’est dans ses moments, où la présence de Christophe prend du sens. Il est l’étranger. Lui qui observe, qui vit parmi eux, qui ne se fera jamais totalement à leur mode de vie, qui le jugera, le condamnera aussi, mais se montrera tout de même bienveillant dans l’ensemble, même si ce n’est pas désintéressé.

Vous l’aurez compris, l’auteur fait fort, en alternant tout ces points de vue, qui nous apporte une perception globale de ce monde, ses menaces, ses espérances, ses croyances, etc. Ce livre  monte en puissance au fil de pages et je n’ai pas voulu lâcher. Et la fin, une belle fin, certes auréolée de tristesse et où la vie et la mort se côtoie, mais elle demeure ouverte, propice à la réflexion. Laissez-vous emporter dans le grand cercle du monde, où le temps s’écoule, les hommes (sur)vivent et meurent, mais « le plus important « c’est le présent » p.596.

Merci Albin Michel pour ce partenariat !

 

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10 réflexions au sujet de «  » Dans le grand cercle du monde « , de Joseph Boyden »

  1. PS, je viens de voir qu’il est déjà dans ma PAL, je yoyote ces derniers temps… toutes les critiques que j’ai lues sur Babelio vont dans le même sens (coup de cœur)

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