« Un ciel de coquelicots », de Zohreh Ghahremani

DSC03496Résumé

Dans les années 1960, l’Iran du chah Mohammad Reza Pahlavi est un pays politiquement divisé. Les failles sociales et politiques ne peuvent plus être ignorées et la contestation gronde. C’est dans ce contexte que va naître une belle amitié entre Roya et Shirine, deux lycéennes que tout sépare. Roya, fille d’une famille de notables, envie l’indépendance farouche de sa camarade. Mais Shirine garde ses secrets… Chacune de son côté, et de manière différente, va chercher à comprendre le sens de ce qui se passe autour d’elle et à définir son propre rôle dans les bouleversements en cours. Tout au long du roman, elles seront amenées à prendre des décisions qui peuvent à chaque moment entraîner leur perte.
Le climat menaçant de la crise qui précéda la révolution islamique pèse sur l’existence des personnages de ce roman où contexte politique, cheminement personnel et vie familiale sont inextricablement liés. Un récit poignant, plein de rebondissements et d’émotion, où amitié, poésie, répression, sacrifice et souffrance s’entremêlent. Sur la toile de fond d’une nation contrainte à rompre avec son identité profonde, Un ciel de coquelicots parle de culture, d’histoire et du pouvoir rédempteur de l’amitié et de l’amour.

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriture cinq scarabees

Avis de lecture

Voici une lecture fort agréable, qui m’a séduite pour plusieurs raisons. L’écriture est efficace, ne se perd pas en détails inutiles, façonnent des personnages très intéressants dont on sent à travers eux l’attachement de l’auteure à la poésie persane.

Le résumé que j’ai repris de la 4e de couverture est très complet, et n’est pas dans le surenchère. Il me facilite même le travail pour mon article, alors ne zappez pas sa lecture. J’ajouterai que, pour ma part, l’équilibre est réussi entre le cadre historique, le contexte politique  et cette histoire d’amitié entre Shirine et Roya, deux jeunes femmes issues de milieux que tout oppose. Le récit se déroule du point de vue de Roya, discrète, sans histoire, qui pourtant va être amenée à ouvrir les yeux sur ce qui l’entoure, grâce à Shirine ou par la suite en s’interrogeant sur les motivations des manifestants. Mais sa « curiosité », si on peut appeler cela ainsi, va lui valoir des surprises et un exil, qu’elle aura du mal à accepter. Quant à Shirine, c’est un personnage assez secret qui fréquente le milieu contestataire, ce qui aura des conséquences sur leur amitié.

L’histoire s’avère donc faussement légère et l’auteur distille un message qui s’avère plus direct dans la dernière partie tout de même. Elle s’attarde sur le rôle de l’enseignant, l’influence qu’il peut avoir sur de jeunes consciences (illustré par le personnage de Djenab dès le début du livre), les idées qu’il peut faire passer. Voici une citation qui éclaire mon propos: p.361  » En tant que maîtres d’école, nous aurions pu éclairer les générations à venir, déclara-t-elle en hochant tristement la tête. Pour qu’il y ait une démocratie, il faut d’abord en comprendre le sens, et ça, ma chère, ça requiert beaucoup d’instruction« . Ces propos sont de Shirine, qui finalement n’adhère pas à la république islamique qui a été instaurée après la victoire des contestataires.

Voilà, donc un bon roman, dans un Iran en proie à des bouleversements à travers le regard d’une jeune femme courageuse.

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