« Le roi disait que j’étais le diable », de Clara Dupont-Monod

DSC03819Résumé

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai… Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII. Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible. Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabeeset demi

Personnage cinq scarabees

Ecriture 4 scarabeeset demi

logo coup de coeur

Avis de lecture

Voici un roman historique doté d’une construction très intéressante, rendant sa lecture captivante.

Clara Dupont-Monod met en scène Aliénor d’Aquitaine et Louis VII. Là où c’est intéressant est qu’elle ne se contente pas de raconter leur histoire, elle donne une voix, une personnalité, des forces et des faiblesses, et j’en passe, à ces deux personnages. Chacun son tour, Aliénor d’abord, puis Louis VII (texte en italique) nous livre leurs pensées, leurs versions de l’Histoire. Justement cette Histoire, si l’auteure en respecte les grandes lignes telles que leur mariage, la deuxième croisade, la séparation d’Aliénor et Louis, elle avoue en fin de livre avoir pris des libertés. Pour moi qui ne connaissait pas les détails de cette époque, je me suis donc laissée guider par la plume de l’auteure sans souci et j’ai adoré.

Aliénor et Louis sont deux personnages que la vie n’a pas épargné. L’une se voit offerte à un homme qu’elle n’estime pas, voire qu’elle méprise. L’autre se voit retirer à sa vie spirituelle pour prendre la tête d’un royaume. L’un est dévot, l’autre est anticléricale. L’une est forte, l’autre semble faible. L’un est amoureux, l’autre et bien elle ne l’est pas.  Bref, beaucoup de choses les opposent, et un rapport de force va régir leur rapport. Chacun commente les actes de l’autre, leurs paroles se faisant parfois échos. Voici un exemple : p.138 (Aliénor)  » Ma bataille portait un visage, un regard hébété, une couronne. Et je devais me protéger » et p. 141 (Louis)  » Ma faiblesse porte un visage, un regard d’armure, une couronne. Et je dois me protéger. » Ces deux phrases nous révèlent la façon dont ils se perçoivent mutuellement, mais aussi une part de leur personnalité.

 » Le roi disait que j’étais le diable  » est un coup de coeur et j’espère qu’il trouvera un large lectorat. Et je lui souhaite de passer la première sélection du prix Renaudot et Goncourt.

 

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2 réflexions au sujet de « « Le roi disait que j’étais le diable », de Clara Dupont-Monod »

  1. Aliénor d’Aquitaine est une femme passionnante. j’ai lu sa biographie par Régine Pernoud il y a quelques années, cela m’avait beaucoup plus.
    par contre je n’ai rien lu au sujet de Louis VII ce livre devrait m’intéresser. je l’avais noté sur ma liste pour le challenge 1% rentrée littéraire 2014 il va remonter de quelques places dans les priorités, je pense.

    1. Oui, c’est une femme passionnante et depuis je suis curieuse de son histoire et de celle de Louis VII. Avant la lecture de ce roman, j’ai croisé Aliénor à la fin du tome 2 de « La mémoire du monde « , de Stéphanie Janicot, et dans le tome 3 je devrais avoir des impressions de déjà lu pour les grandes lignes je pense. En tout cas ce livre vaut vraiment le détour ! Bonne lecture !

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