« La tentation de l’indifférence », de Véronique Maumusson

DSC04177Résumé

1938. Anne Gassin a vingt ans lorsqu’elle arrive à Paris pour entreprendre des études de philosophie à la Sorbonne. Une opportunité inespérée pour cette fille d’ouvriers rouennais. Elle y fait la connaissance de Pierre, Léo, Philippe, Simone et Hélène, un groupe d’étudiants brillants et privilégiés, choyés par la vie. Consciente de sa différence, Anne est pourtant immédiatement séduite par le groupe, et plus particulièrement par Pierre. Un amour passionné naît entre les deux jeunes gens. Mais la guerre, la capitulation de la France, l’Occupation viennent modifier la donne. Les orientations politiques vont peser et conduire chacun d’eux à prendre position. Collaboration par idéologie, collaboration de facto, résistance par conviction, résistance forcée, telles sont les options qui vont se présenter à ces étudiants, condamnés à vivre leur jeunesse dans une époque trouble. Et nous, qu’aurions-nous fait à cette époque ?

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees et demi

Personnages4 scarabees

Écriture 4 scarabees

Avis de lecture

Tout d’abord merci à Babelio et aux éditions Anne Carrière, qui m’ont permis de lire ce premier roman dont je vous conseille vivement de lire. Si j’ai coché ce roman, c’est tout simplement à cause de sa 4e de couverture. C’est aussi cette réflexion que propose l’auteure qui m’a attirée.

La question : « Et nous, qu’aurions-nous fait à leur place ? » (cf 4e de couv) est une question que je me suis déjà posée, et que, j’imagine, on est nombreux à s’être posé à un moment ou à un autre. Bon, ce livre n’y répond pas vraiment, mais ce n’est pas ce que je recherchais, ni l’effet recherché par le livre à mon avis, en revanche ça a au moins le mérite d’attirer l’attention du lecteur, et je suis tombée en plein dedans. Sous couvert de fiction, ce livre permet en revanche de mettre l’accent sur diverses réactions face à la capitulation de la France, l’occupation, à la résistance. C’est là que cela devient intéressant et nous fait dire qu’à cette période tout n’était pas noir ou blanc.

Pour parler du roman maintenant, je commencerai par évoquer le prologue, que j’ai trouvé très bien, classique dans sa forme mais efficace, et aussi l’écriture agréable,  très fluide de l’auteure, dont le ton convient à merveille à la jeune Anne Gassin, la narratrice. Jeune et brillante étudiante débarquant à Paris pour étudier la philosophie, complexée par sa situation précaire au point d’inventer des mensonges à ses amis, se  sentant exclue, voire rejetée par sa famille lorsqu’elle y séjourne, voulant se faire accepter et s’intégrer, Anne est un beau personnage avec des préoccupations normales pour une jeune fille de son âge. Véronique Maumusson a pris le temps d’installer ses personnages et les liens d’amitié qui les unissent, avant le début de la sombre période que sera la capitulation et l’occupation, avant que cela vienne se mêler à leur quotidien et que les choses basculent.

Ainsi Anne et ses amis sont tout d’abord tiraillés entre leurs études et leur préoccupations pour ce qu’ils se passent, faisant état de leur impuissance à leur niveau. Par exemple p 89, lorsque Pétain fait son discours, c’est ce constat qu’Anne établit. « Mieux valait me préoccuper de ce sur quoi mon action pouvait avoir un effet. Comme mon examen final sur Spinoza, qui devait avoir lieu le surlendemain« . « Le monde extérieur pouvait bien s’emballer, je maintenais le cap« , p 118. Et vient le moment où ils en viennent à prendre position, mais pas forcément par conviction, parfois pas obligation ou par un enchaînement de faits qui y conduisent. Voilà pourquoi ici, tout n’est pas noir ou blanc. On s’attache vraiment à ses étudiants et voir comment leur situations changent au fil du temps, les plaçant parfois au pied du mur, les faisant, pour d’autres, courir des risques.

Voici donc un très bon livre et si vous aimez lire sur cette période de l’Histoire, je vous renvoie à un précédent livre que j’ai lu récemment : Le voyant de Jérome Garcin, un récit très bien mené, que j’ai beaucoup aimé

Parution : janvier 2015

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2 réflexions au sujet de « « La tentation de l’indifférence », de Véronique Maumusson »

  1. ce livre me tente beaucoup !!! je vais noter.
    j’avais envie de lire « Le voyant » de Jérôme Garcin mais je suis prise par le temps en ce moment donc beaucoup de retard accumulé.
    on fait vraiment des découvertes avec masse critique. je suis tombée sur une pépite : »Le jour de Diwali » de Mina Lobata poème en prose, aphorismes très bien…

    1. Oui, lors des masses critique (quand elles ne sont pas thématiques), j’en coche peu, mais j’essaie de choisir des genres totalement différents, des premiers romans s’ils me tentent comme ici, et après verdict au tirage. Souvent de bonnes découvertes c’est vrai.

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