« Le secret de Tristan Sadler », de John Boyne

tristan sadlerRésumé

1919. Dans une Angleterre qui se remet à peine du traumatisme de la Première Guerre mondiale, Tristan Sadler, 21 ans, fait le trajet de Londres à Norwich pour remettre des lettres à Marian Bancroft – celles que la jeune femme avait envoyées à son frère Will alors qu’il était sur le front.
Tristan et Will étaient proches. Au fil des batailles et des drames qu’ils ont connus dans les tranchées, les deux hommes ont beaucoup partagé. Mais Will, pour s’être rebellé contre l’autorité, a été passé par les armes.
Pour tous, il fait désormais figure de lâche. Tristan, revenu vivant, passe au contraire pour un héros. Mais il a un lourd secret, un remords qui le ronge.
Osera-t-il en parler à Marian ? Ou devra-t-il seul porter ce fardeau jusqu’à la fin de ses jours ?

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

En ce moment, je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas féru de roman traitant de l’histoire de la Première et Seconde Guerre mondiale, mais depuis janvier, j’en ai lu quelques uns de très bon : Le voyant, de Jérôme Garcin, La tentation de l’indifférence, de Véronique Maumusson,

Mon impression au commencement

Le roman commence en 1919, dans une Angleterre encore marquée par la Première Guerre mondiale.La première scène est étrange, mais donne le ton du récit, un aperçu des mœurs de l’époque, ce qui a une certaine importance pour la suite du roman. Cette première partie installe les divers protagonistes, aborde l’enfance de Tristan et le motif de sa visite à Norwich.  Très vite, une ambiguïté s’installe autour de ce personnage.

Ce que j’ai pensé de la trame

L’auteur ancre son récit en 1919, mais cela ne l’empêche pas un chapitre sur deux de se consacrer à la guerre à travers le vécu de Tristan. Cela apporte un éclairage sur la ou les motivations de Tristan à rendre visite à la famille de Will, son compagnon de front. Nous suivons Tristan des premiers jours de son entrainement militaire jusqu’au front. Tout y passe, la vie dans les tranchées, le quotidien des soldats, les combats, mais on n’est pas dans un roman ultra-documentée, mais suffisamment tout de même pour que le roman ne soit pas trop superficiel. Il n’y a pas de passages vraiment dur sur la vie au front, mais certains marquent tout de même.

John Boyne opte donc pour un angle plus intime pour traiter de la guerre et de l’après-guerre, ce point est important aussi. L’amitié de Tristan pour Will est au cœur de tout, puis vient la question de l’homosexualité, la plupart du temps abordé de façon indirect, mais dont l’auteur nous montre qu’à ce sujet la réprobation et le répudiation est de rigueur. J’ai craint que ce soit « le secret de Tristan Sadler », car cela devient vite évident pour le lecteur, mais non heureusement. Le lecteur, en passant à plusieurs reprises de l’an 1919 à 1916, voit quelques pièces du puzzle se mettre en place au fil des pages que ce soit sur les rapports entre Tristan et Will, que sur le passé douloureux de Tristan, ou encore sur Will lui-même. Une structure qui est dans l’ensemble efficace.

Les personnages

J’ai trouvé chacun des principaux personnages attachants,  bien fouillés. Tristan, avec sa façon d’être et de parler, j’ai eu du mal à me le représenter âgé de 21 ans, mais être propulsé soldat et traverser la guerre ça l’a changé. Il a survécu à l’enfer de la guerre, mais il n’en est pas revenu indemne, il cache un secret douloureux. Le roman repose en partie sur cela, sur une question : osera-t-il parler ? Pour Tristan, on éprouve de la compassion, de la pitié aussi par moment, mais rien de larmoyant dans son histoire.

Quant à Will, c’est un personnage plus complexe que Tristan qui ne vit pas la guerre de la même façon. Leur « amitié » va en être changé, elle qui était déjà soumise à des hauts et des bas. Will est mort en France, mais sa mort a fait souffrir toute sa famille, pas seulement parce qu’il se dit qu’il était lâche… Et Marian, sa sœur, est touchante, sa rencontre avec Tristan est soumise à quelques sautes d’humeur. Ce que je retiens d’elle est que c’est une jeune femme forte, indépendante, qui souffre de voir la réputation de son frère sali.

Conclusion

Un roman intéressant, qui aborde la guerre sous un angle intime et s’ajoute à cela des thèmes forts : l’homosexualité, l’existence d’objecteurs de conscience, d’une catégorie d’homme qui refuse de prendre les armes, la manière dont ils sont perçus par l’armée et la population. J’ajouterai enfin que ce roman est écrit simplement, c’est fluide et rythmé par une grande part de dialogues, et un dernier mot au sujet du dénouement qui n’aurait pas pu être mieux je pense.

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2 réflexions au sujet de « « Le secret de Tristan Sadler », de John Boyne »

  1. je n’ai pas lu beaucoup de livres (livres récents) sur cette période car elle m’intéresse moins que la 2e guerre mondiale.
    l’histoire me tente donc je vais essayer de me le procurer.
    tu as lu d’autres romans de cet auteur?

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