« Horrorstör », de Grady Hendrix

horrorstor_final_300dpiRésumé

Il se passe quelque chose d’étrange au magasin de meubles d’Orsk à Cleveland, en Ohio. Ces derniers temps, les employés découvrent, en arrivant le matin, des étagères Kjërring démontées, des piles de gobelets Glans renversées, des armoires Liripip fracassées…
Les ventes sont en berne, les responsables de rayon en panique : les caméras de surveillance ne montrent rien d’anormal.
Pour lever le mystère, une équipe de trois employés se retrouve engagée pour rester sur place toute une nuit. Au coeur de l’obscurité, ils arpentent les allées du showroom désert, courent après d’inquiétants bruits et finiront pas se confronter aux pires horreurs…
Une histoire de maison hantée qui prend place dans un décor contemporain : « Horrorstör » a pour trame de fond une critique cinglante de la société de consommation. Ces grands espaces de vente, qui mettent en scène un prétendu bonheur, se retrouvent comparés à une prison labyrinthique où un mode de pensée unique est imposé aux pénitents par la torture.

Notation sur 5

Intrigue3 scarabeeset demi

Personnages4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Pourquoi ce livre ? J’ai tout de suite été intriguée par ses allures de catalogue Ikea. Et en le feuilletant, tout y est, l’explication du concept, un bon de livraison, etc. L’auteur a soigné son livre jusqu’au design des meubles présentés à chaque nouveaux chapitres, enfin des meubles dont l’usage sera vite détourné pour les besoins de l’histoire.

Mon impression au commencement

Le roman démarre avant l’ouverture du magasin. « Tous les matins, cinq jours par semaine, ils se traînaient jusqu’au point névralgique de leurs petites vies » (p.9). C’est l’occasion pour l’auteur d’aborder la vie au travail des employés dans ce magasin (je précise : vision peu flatteuse ici) et c’est à travers le regard d’Amy qu’il nous offre cet aperçu. Amy met un peu de peps dans ce qui s’annonce un quotidien morne, routinier et dont le seul souhait au début du roman et d’éviter à tout prix Basil, le gérant.

Mais ce qu’il faut retenir aussi de ce début, c’est que des choses étranges se passent dans le magasin…

Ce que j’ai pensé de la trame

Le roman se déroule sur une seule journée, enfin essentiellement la nuit. Lorsque Basil convoque Ruth Ann et Amy pour une mission particulière, cette dernière et réticente, mais le besoin d’argent achèvera de la convaincre. Mais de quelle mission s’agit-il ? Patrouiller dans le magasin pour comprendre d’où viennent les actes de vandalisme.

Lorsqu’il commence leur surveillance, ce qui au départ s’annonce comme une corvée bascule peu à peu en cauchemar. L’auteur y va doucement, distille l’étrange par petites doses pour qu’ensuite cela ne fasse pas de doute parmi les 3 employés : il se passe quelque chose d’anormal. Comment peut-on se perdre dans l’entrepôt ? D’où vient cette horrible odeur ? Qui a écrit tous ces graffitis ? Et pourquoi la police ne trouve-t-elle pas le magasin ? Je me suis prise au jeu, sentant l’inquiétude et l’angoisse monter chez les personnages.

Lorsque tout devient cauchemardesque, j’ai été aussi désorientée que les personnages du livre. Je ne sais pas où l’auteur est allé chercher tout ça, mais les descriptions sont très visuelles. Orsk est véritablement en train de devenir l’Horrostör, et fait perdre la tête à ceux qui s’y trouvent. Il s’avère que le lieu sur lequel a été bâti le magasin y est pour beaucoup, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’histoire. A force de rebondissements et de re-re-rebondissments, j’avais hâte de voir l’issu de tout ça. J’avais l’impression que les personnages ne s’en sortiraient jamais.

Les personnages

Je les ai trouvé dans l’ensemble intéressants. Il y a d’un côté notre groupe de 3 personnes venues pour patrouiller et deux autres branchées spiritisme, ou presque. Pour la plupart on le survole, il n’y a qu’Amy qui s’avère plus travaillé. Elle se trouve dans une situation délicate au travail : elle souhaite une mutation et ne supporte pas son patron Basil. C’est une personnage vive, courageuse aussi qui n’adopte pas les préceptes d’Orsk, et fait son propre chemin. A l’inverse Basil vit Orsk, et ce doit être fatigant, mais il devient un peu plus sympathique, même s’il demeure un peu rigide. Ses rapports avec Amy sont compliqués. Toute cette intrigue est également l’occasion pour eux de parler de la carrière d’Amy.

Conclusion

Une lecture distrayante, efficace dans le sens où l’auteur arrive à nous faire ressentir l’angoisse, le désespoir de ses personnages, mais la deuxième partie du récit, celle où l’horröstor prend la pas sur Orsk, est peut-être un peu trop dans la sur-enchère de l’horreur. Enfin, finir sur une fin ouverte était une bonne chose, selon moi.

Titre original : Horrorstör

Sortie : août 2015

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