« 2084 », de Boualem Sansal

2084-la-fin-du-mondeRésumé

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

Notation sur 5

Intrigue 3 scarabees

Personnages2 scarabees

Écriture 3 scarabees

Avis de lecture

C’est l’écho au livre de Georges Orwell, qui a fait que je me suis intéressée à ce livre, et ce même si je n’ai pas encore lu 1984. Mais je répare enfin cet oubli et j’entrevois en effet que Boualem Sansal s’est inspiré du livre d’Orwell pour écrire le sien.

Mon impression au commencement

Pas facile de s’immerger dans ce roman si on se laisse distraire par le bruit de la télé, ou tout autre distraction. En tout cas, c’est comme cela que je l’ai ressenti. J’ai été surprise par son style, par ses longues phrases sur lesquelles je butais au tout début. Ensuite, il faut se familiariser avec l’univers avec des termes qui,lui sont propres : makoufs, l’Appareil, Yölah, etc. Entre deux paragraphe consacré à Ati le personnage central, l’Abistan et son fonctionnement nous sont présentés : restrictions, interdits, propagande, bref un système autoritaire qui s’est étendu sur toute la Terre. Ati se pose des questions sur le monde qui l’entoure, mais cloîtré au sanatorium, je me demande où cela va mener.

Ce que j’ai pensé de la trame

Le livre se découpe en 4 livres, quatre temps distinct dans la vie d’Ati : Ati qui sort du sanatorium et se livre à des réflexions, Ati qui retrouve ensuite son quartier redevient un citoyen mais n’en oublie pas moins ses interrogations sur le monde qui l’entoure, puis Ati entreprend un voyage avec Koa pour s’approcher de l’Abigouv, enfin là il se passera déjà plus de choses et des fils se dénoueront enfin. On se promène beaucoup avec Ati, et rien n’est fait pour qu’on s’intéresse à lui en tant que personnage, c’est bien dommage. En tout cas, il se passe bien peu de choses en 200 pages, ce qui rend la lecture très longue. J’avoue  en avoir survolé pour arriver plus vite au dénouement.

Si Ati n’est pas plus épais qu’une page du livre, il en est autrement de la dictature religieuse que nous décrit l’auteur. Une dictature qui contrôle tout, qui voit tout, qui n’hésite pas à mettre en scène pour mieux manipuler le peuple, à ce sujet il y a plusieurs exemples intéressants. Il décrit les dérives qui peuvent découler d’une religion dès lors qu’elle devient partie intégrante d’un système. J’ai bien aimé cet aspect du livre, même s’il n’est pas aussi facile de s’immerger dans ce pays imaginaire que dans n’importe quelle autre dystopie.  C’est certainement au manque de situations précises ou de dialogues percutants pour illustrer certains propos.

Enfin, concernant le 4è livre qui compose ce roman, des fils se dénouent. C’est finalement la partie que j’ai préféré notamment avec  Toz qui a fait un musée des temps passés et au dialogue intéressant qui s’établit entre lui et Ati.

Conclusion

J’aurais peut-être dû lire 1984 avant, cela m’aurait parmi de mieux comprendre la dernière page du livre où il est fait référence à la novlangue, à l’Angsoc par exemple. Une autre lecture s’avèrerait peut-être nécessaire, mais je ne sais pas si je le ferai pour être honnête. Le roman est intéressant, mais cela n’efface pas que dans son traitement, certains éléments m’ont un peu déçue, alourdissant la lecture.

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4 réflexions au sujet de « « 2084 », de Boualem Sansal »

  1. j’ai prévu de le lire car j’ai beaucoup aimé le « village de l’Allemand » et j’aime beaucoup entendre parler Boualem Sansal.
    je vais commencer par « 1984 », il me semble, intuitivement qu’il vaut mieux avoir lu Orwell avant…
    le seul hic, je suis pessimiste sur la société actuelle et j’ai peur que son 2084 soit prémonitoire donc, tous les prétextes sont bons pour que je repousse cette lecture, …

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