« Le pique-nique des orphelins », de Louise Erdrich

pique niqueRésumé

La dernière chose que Mary et Karl entrevoient de leur mère, c’est la flamme de ses cheveux roux émergeant du biplan qui l’emporte pour toujours aux côtés d un pilote acrobate… Devenus orphelins, les enfants montent dans un train de marchandises afin de trouver refuge chez leur tante, dans le Dakota du Nord.
Ainsi commence, en 1932, une chronique familiale qui s’étend sur plus de quarante ans, et fait vivre toute une galerie de personnages hors du commun en proie aux paradoxes de l’amour.
Cette nouvelle traduction du deuxième roman de Louise Erdrich, paru aux États-Unis en 1986, permet de (re)découvrir l’un de ses plus beaux livres, qui préfigure déjà la puissance et la beauté d’une des oeuvres les plus singulières de la littérature américaine.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages3 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Je lis peu de roman américain. Je remercie Albin Michel de m’avoir envoyé un mail avec leur diverses parutions et de m’avoir fait parvenir ce livre. Albin Michel propose avec cette 2e traduction de redécouvrir un des plus beaux livres de Louise Erdrich. C’est une première immersion réussie dans l’œuvre de l’auteure.

Ce que j’ai pensé au commencement

Deux enfants seuls marchent dans le froid. Que leur est-il arrivé ? C’est avec la voix de Mary que commence le roman et c’est elle qui nus apporte la réponse à cette question. Le début est très accrocheur. Mary est une jeune fille pleine de caractère, on s’en rend compte très vite, tandis que Karl semble plus fragile.

Ce que j’ai pensé de la trame

Nous suivons Karl, Mary, Sita leur cousine et Célestine sur plus de 40 ans. D’autres se sont greffés au fil du livre : celle de Wallace Pfeff et de Dot. Le récit est construit à partir de plusieurs voix. Ces divers points de vue sont tantôt internes, tantôt externes, ce qui parfois permet de voir une scène ou ce qu’il en résulte d’une autre manière.

Karl, Mary et leur petit frère, trois enfants abandonnés par leur mère de manière assez inhabituelle vont se retrouver séparés. Ils grandissent séparément. Karl et Mary gardent en eux la marque de cet abandon, une souffrance qui ne disparaitra pas vraiment avec le temps. Même lorsque le frère et la sœur se retrouveront, trop de choses les séparent pour renouer un véritable lien.

Le lien est quelque chose de très important dans ce livre. Le lien familial, le lien brisé d’une mère à ses enfants, le lien d’un enfant à ses parents, les liens résultant d’une amitié d’enfance. Au nom de ce lien, ou de ce qu’il en reste, ils restent en contact, réapparaissent dans la vie des uns les autres, ou restent ensemble motivé par une sorte d’habitude (qui peut-être nocive ou malsaine), plus que par une amitié sincère. Au fil de ses 40 ans, en voyant chacun grandir, il en résulte une certaine curiosité, mais pas toujours de véritable attachement pour ma part. Que va devenir Karl ce vagabond? Va-t-il réussir à renouer avec sa sœur ? Qu’est devenu cet autre frère perdu ? Le récit laisse la part à de nombreuses questions. Et l’arrivée d’une nouvelle voix, celle de a jeune Dot, est un tournant dans la vie de chacun.

Les personnages

Les femmes de ce livres sont fortes et mènent leur vie, tandis que les hommes paraissent plus fragiles. S’il y a un personnage qui m’a le plus marqué, c’est Karl. C’est un garçon fragile au début du roman. Il est le frère de Mary, mais a grandi loin de sa sœur et s’est vite retrouvé à errer. Il apparait et disparait du récit tel un fantôme, et fait le lien entre les divers personnages et intrigues. C’est parce que c’est un homme errant, sans attache qu’il peut se permettre d’apparaitre soudainement, laissant parfois derrière lui un beau bazar disons.

Conclusion

La vie de ces personnages est dure, teintée d’une rancœur provenant de l’enfance, d’un reste d’amitié qui peine à refaire surface et mine les relations de chacun globalement. Louise Erdrich signe une saga familiale où le bonheur n’est presque pas au rendez-vous et décrit des vies sombres, mélancoliques. Je suis ravie d’avoir découvert la plume de cette auteure. Un bon moment de lecture.

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