« Station Eleven », d’Emily St John Mandel

Station-eleven_6281Résumé

Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.
Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

logo coup de coeur

Avis de lecture

Ce roman a figuré d’emblée dans ma sélection de cette rentrée littéraire. S’il surfe avec le genre post-apocalyptique, il faut bel et bien le chercher en littérature étrangère. D’autres auteurs de cette rentrée littéraire empruntent ce chemin, telles Emmanuelle Pirotte avec De Profundis ou encore Catherine Mavrikakis avec  Oscar de Profundis.

Le roman s’ouvre sur une pièce de théâtre, le Roi Lear qu’interprète le célèbre Arthur Leander. Arthur meurt dès la 3e page, la veille du cataclysme. Deux éléments sont à retenir  : Arthur et cataclysme. L’un nous ramène dans le passé, l’autre nous plonge dans le présent, celui où l’humanité a été décimée de manière foudroyante. Mais entre les deux, des destins s’entrelacent, des existences sont bouleversés, des liens se créent avec comme dénominateur commun  : Arthur Leander.

Je pense que ce livre peut toucher le plus grand nombre, et je l’espère, car le qualifier de roman post-apocalyptique est un peu réducteur. Décrire le cataclysme, parler de survie, des communautés qui se sont créés, des dangers qui rôdent à cette sombre époque, Emily St John Mandel le fait avec précision. Les errances de la symphonie permettent de réaliser un panorama de ce qu’est ce présent. Mais cela ne constitue pas LA finalité de ce roman, c’est aussi un cadre pour mettre en scène des destins.

Il y a Arthur forcément, un homme pris dans la spirale de la célébrité, qui décide de s’en libérer, bien trop tard malheureusement. Tout au long du roman, l’auteure apporte un éclairage sur sa vie et aussi sur ses derniers instants. J’ai adoré ce personnage aux multiples facettes. Je me dois aussi de citer Kirsten, la petite fille de 8 ans qui était sur scène avec Arthur lorsqu’il est mort. Nous le retrouvons 20 ans plus tard en tant que membre de la Symphonie itinérante, une troupe qui voyage et joue les pièces de Shakespeare pour distraire et instruire les survivants. Comment a-t-elle fait pour survivre et rejoindre la troupe ? Toutes les réponses sont dans le roman. Autre figure importante, Clark qui invente le « musée des civilisations », ou encore le terrifiant Prophète. Repenser à tout cela me donne envie de me replonger dans le roman !

Le lien, c’est le mot clé de ce roman épatant. D’ailleurs j’ai parlé d’Arthur comme élément du passé, comme dénominateur commun, mais je dois aussi mentionner « Station Eleven ». Une BD de science-fiction dont il ne faut pas sous-estimer le rôle. Je l’interprète, entre autre, comme un moyen de parler de la force de l’écrit. De même le musée de la civilisation ou la Symphonie itinérante nous rappelle l’importance de l’héritage culturel et de la mémoire.

Pour finir je vous encourage à découvrir ce roman qui n’est ni pessimiste, ni inquiétant, à l’inverse d’autres dans son genre. C’est un roman lumineux, résolument optimiste, il n’y a qu’à en lire les dernières lignes. « S’il existe de nouveau des villes aux rues éclairées, s’il existe des symphonies, des journaux, quelles autres surprises peut receler ce monde qui s’éveille.« p. 474.

Une dernière chose, Emily St John Mandel n’en est pas à son premier roman, elle est également l’auteure de plusieurs thrillers. Soyez sûr que je vais m’en procurer un bientôt ! A suivre donc …. et bonne lecture.

Sortie : août 2016

Titre original : Station eleven

Vous pouvez maintenant me retrouver sur instagram.

Publicités

4 réflexions au sujet de « « Station Eleven », d’Emily St John Mandel »

  1. celui-ci je le note car le thème me plaît beaucoup (peu de tentations pour l’instant pour cette rentrée 2016) : post-apocalypse, Shakespeare (anniversaire oblige j’ai sorti « Roméo et Juliette » et « Hamlet » ) etc…
    donc vraiment très tentée

  2. Je suis ravie de découvrir ton blogue grâce à Instagram. Ravie aussi de voir que le roman de St John Mandel t’a emballée. Je partage ton avis et pense qu’il ratisse beaucoup plus large que le genre post-apocalyptique. Je le trouve lumineux!
    Je viens de mettre la main « Oscar de Profundis » de Mavrikakis. Bien hâte de voir, dans le contexte montréalais, ce que la fin du monde donnera!

    1. Merci ! Je viens de parcourir ton blog et de lire également ta critique de Station Eleven. Au fait la couverture de ton livre est très belle, j’ai noté qu’il y figure « Parce que survivre ne suffit pas ». Je vais aussi me procurer « Oscar de Profundis » prochainement je pense. Je viendrai voir ce que tu en as pensé.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s