« La valse des arbres et du ciel », de Jean-Michel Guenassia

9782226328755-jRésumé

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies. Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours.
Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si une partie de ses toiles exposées à Orsay étaient des faux ?…
Autant de questions passionnantes que Jean-Michel Guenassia aborde au regard des plus récentes découvertes sur la vie de l’artiste. Il trouve des réponses insoupçonnées, qu’il nous transmet avec la puissance romanesque et la vérité documentaire qu’on lui connaît depuis Le Club des incorrigibles optimistes.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages4 scarabees

Écriturecinq scarabees

Avis de lecture

C »est un tout qui m’a attiré vers ce roman : l’envie de découvrir la plume de l’auteur, la poésie du titre, le fait qu’il parle de Van Gogh.

De Van Gogh, on connait, mis à part ses superbes tableaux, les troubles de l’humeur, la dépression, la colère qui peuvent l’assaillir d’un coup. Je le savais mort assez jeune (37 ans), par suicide, dit-on. Mais voilà, des experts, des biographes du célèbres peintres ont fait de récentes découvertes remettant cela en cause. C’est à partir de celles-ci que Jean-Michel Guenassia écrit son roman.

L’auteur nous plonge ainsi dans les quelques mois précédant la mort de Vincent. L’angle d’attaque de l’auteur est de prendre Marguerite Gachet comme narrateur. Qui est-elle ? Elle est la fille de Paul Gachet, un docteur, un ami des impressionnistes (dont l’art n’était pas autant apprécié à l’époque), dépeint ici comme un opportunistes. Les œuvres qu’il collecte sont comme un investissement, encore que il se les fait offrir, en échange de consultations. Guenassia pose la question de la sincère amitié qui relie le docteur aux peintres impressionnistes. Pour revenir à Marguerite, jeune fille ayant envie de liberté, de fuir le mariage qui se profile, elle veut devenir peintre. Ses rêves de liberté tombe à l’eau lorsqu’elle réalise l’argent qu’elle doit économiser, que les portes des écoles sont fermées aux femmes. Sa vie n’est pas facile, sa relation avec son père est froide. J’ai apprécié le récit de Marguerite, précis, émouvant par moment, mais elle n’est pas aussi émancipé qu’elle le dit ou qu’elle le voudrait. C’est peut-être le dilemme de la femme à cette époque, tiraillée entre le désir de liberté et le « devoir familiale ». En donnant la parole à Marguerite, en la mettant au centre du roman, c’est indirectement l’occasion de parler de la femme au XIX e siècle, de sa place dans la société. D’ailleurs, j’ai apprécié les extraits de lettres de Van Gogh (je n’ai pas vu de mention comme quoi ces lettres étaient authentiques par contre) ainsi que les textes qui entrecoupent le récit. Ils permettent au lecteur de mieux appréhender le contexte sociétal de l’époque.

Van Gogh apparait un tiers après le début du roman. La relation qui s’établit peu à peu avec Marguerite n’a rien d’avéré, mais c’est une hypothèse qu’a choisi de développer l’auteur. Cette relation a moins d’importance pour lui que pour elle, qui s’imagine vivre prochainement de la peinture à ses côtés. Mais c’est sans compter le caractère difficile de Van Gogh, sur lequel l’auteur ne s’attarde pas beaucoup finalement. Guenassia se concentre surtout sur le rapport de Van Gogh à la peinture. Il vit pour la peinture, pas seulement parce que son frère investit en lui, mais parce que c’est sa raison d’être.J’ai adoré les descriptions que Guenassia réalise sur la manière dont peint Van Gogh.

La valse des arbres et du ciel est un roman convaincant, qui réussit à dresser le portrait d’une époque. Guenassia réalise un roman sans temps mort, entre fiction et documentation. Je regrette juste que Van Gogh n’est pas eu plus de prestance.

Sortie : août 2016

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Une réflexion au sujet de « « La valse des arbres et du ciel », de Jean-Michel Guenassia »

  1. ce livre m’a tapé dans l’œil et comme il y en a eu peu pour cette rentrée, je l’ai ajouté à ma PAL interminable.
    je n’ai pas encore lu « Le club des incorrigibles optimistes » je vais commencer par celui-ci (il est dans ma bibliothèque depuis cet été!!!)
    opération nettoyage de PAL s’impose…

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