« Un écrivain, un vrai », de Pia Petersen

Un écrivain, un vrai, c’est le titre de ce roman qui ne m’a pas emmenée où je le pensais, mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

Un écrivain, un vrai, c’est le titre de l’émission de téléréalité dont Gary Montaigu a accepté d’être la vedette. Une équipe technique s’est installée chez lui et le filme en permanence ; au fil de rendez-vous quotidiens, les téléspectateurs sont invités à intervenir sur l’intrigue de son roman en cours. Auteur populaire et reconnu par ses pairs, Gary est au faîte de sa carrière. S’il s’est prêté au jeu, c’est par ambition mais aussi par amour sincère de la littérature, dans la conviction que la petite lucarne a le pouvoir d’inoculer le virus de la lecture dans tous les foyers.
Quelques mois plus tard, il a déserté la vie publique, n’écrit plus rien de bon et reste enfermé chez lui, dans un fauteuil roulant… Aurait-il sous-estimé les effets de la médiocrité télévisuelle ?
Avec une ironique clairvoyance, Pia Petersen interroge le rôle de l’artiste dans nos sociétés contemporaines interactives. Face au simplisme démagogique et aux charmes fallacieux du storytelling, elle plaide avec détermination pour la complexité de la pensée, la liberté de créer sans le souci de séduire, sans renoncement, sans concessions.

Notation sur 5

Intrigue

Personnages

Écriture

Avis de lecture

Qu’est-ce qu’un écrivain, un vrai écrivain ? Celui qui est lu, qui jouit d’une grande renommée ? Celui qui repousse les limites de sa propre création ? Quel est son rôle dans la société ? Voilà autant de questions qui se posent à travers le roman de Pia Petersen.

Après l’obtention du prestigieux International Book Prize, la renommée de Gary Montaigu est à son plus haut niveau. Autour de lui, sa femme Ruth, Ethan son agent, ou encore Miles, à l’initiative de cette téléréalité voit déjà les dollars que cela peut ramener.

« Il (Gary Montaigu) avait longuement hésité avant d’accepter le projet,mais aujourd’hui il était content d’avoir signé le contrat. Ce n’était plus possible pour la littérature de tourner le dos au monde afin de se préserver face aux nouveaux modes de communication […] L’émission s’appellera Un écrivain,un vrai[…] Le roman doit être annoncé comme un roman participatif. Les téléspectateurs voteront comme sur les réseaux sociaux, j’aime, je partage. »p.22

Ce premier chapitre nous dévoile beaucoup de choses sur les personnages. Gary profite de sa réputation, a de nombreuses liaisons. Ruth n’est pas dupe, elle est jalouse certes, mais en compensation elle profite de la fortune de son mari. Elle pense que, sans elle, il ne serait pas là où il en est. Et cette impression ne fera que se renforcer au fil du roman.

Le second chapitre marque une rupture. Du temps s’est écoulé. Après son moment de gloire, après le début de l’émission, l’écriture, l’envie d’écrire n’est plus la même. Ruth ira jusqu’à s’immiscer dans son travail d’écriture. Miles est un businessman et l’émission qui s’annonçait comme un carton se trouve interrompue. Pourquoi, comment, l’auteur lèvera le voile doucement. Tout sera bon pour la remettre en route : chantage, mensonge, etc.

Gary a quitté la vie publique, il n’est plus le même. Le projet de ce roman participatif est devenu pour lui un enfer. Sa place de créateur lui est volé par les spectateurs de l’émission, qui décide de la tournure que doit prendre son roman et cela il ne le supporte pas. Qui pourrait le blâmer ?

On voit bien que ce n’est pas temps le processus d’écriture que les pseudo-intrigues qui agitent sa vie de couple qui plaît au spectateur. Les mécanismes de l’émission sont décrits, mais je pensais que le roman serait davantage centré dessus. Finalement, c’est sur les raisons de l’arrêt de l’émission et sur les enjeux de sa reprise que se focalise l’intrigue. Cela permet à l’auteur de jouer avec le lecteur, d’apporter plus de tension au récit.

Le roman aurait gagné à être plus fluide, et manque de transition, de clarté aussi entre les différentes intrigues, à mon avis. Mais c’est une lecture que je recommande pour ce qu’elle pose comme question sur notre société, les médias et la téléréalité en particulier. C’est encore toujours très actuel. Sur le fond, j’adhère à ce qu’exprime l’auteure ici : la volonté de garder sa liberté de créer avant tout.

Parution : janvier 2013

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3 réflexions au sujet de « « Un écrivain, un vrai », de Pia Petersen »

  1. j’ai horreur des émissions de téléréalité alors je ne me laisse pas tenter, d’autant que la hauteur vertigineuse de ma PAL est désastreuse!!
    par contre j’aimerais bien lire un autre roman de cette auteure. Un conseil?

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