Deuxième repérage avant la rentrée littéraire

Plus que quelques jours avant le lancement. Voici ma deuxième sélection, qui j’espère vous plaira, vous fera découvrir de nouveaux auteurs.

51p9txU759LAu commencement du septième jour, Luc Lang, sortie le 24 août , Stock

4 h du matin, dans une belle maison à l’orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver.
Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas.
De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines.

vivre pres des tilleulsVivre près des tilleuls, par le collectif l’AJAR, sortie le 17 août, Flammarion

Vincent König est le dépositaire des archives de l’écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée « factures », il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un « journal de deuil », dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l’aberrante « vie d’après ». Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s’y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls.

Roman sur l’impossible deuil d’une mère, porté par une écriture d’une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d’amour à la littérature : ce récit d’Esther Montandon est en réalité l’œuvre d’un collectif littéraire suisse, l’AJAR. Ces dix-huit jeunes auteur-e-s savent que la fiction n’est pas le contraire du réel et que si « je est un autre », « je » peut aussi bien être quinze, seize, dix-huit personnes.

seduire isabelle aSéduire Isabelle A., Sophie Bassignac, sortie le 31 août, JC Lattès

Isabelle a été très claire. Elle n’épousera Pierre que s’il est accepté par tous les membres de sa famille, les Pettigrew. Lors d’une semaine caniculaire sur les bords de Loire, les présentations vont tourner au cauchemar. Car tout sépare le jeune journaliste un peu coincé de cette joyeuse clique de libres penseurs passablement allumés. Pour être adopté, le nouveau venu sera soumis à un baptême du feu décoiffant…

 

CVT_Derniers-Feux-Sur-Sunset_1472Derniers feux sur Sunset, Stewart O’Nan, sortie le 18 août, Editions de l’Olivier

En 1937, Francis Scott Fitzgerald devient scénariste pour la Métro Goldwyn Mayer. C’est l’Age d’Or d’Hollywood, du jazz et des parties mémorables. Ses collègues se nomment Dorothy Parker, Humphrey Bogart, Greta Garbo. Loin de sa chère Zelda, internée, et de sa fille Scottie, Fitzgerald est perdu. Il tente de préserver leur vie familiale, mais tombe amoureux de Sheilah Graham, une journaliste mondaine qu’il a prise pour une aristocrate anglaise. Ces trois dernières années-là sont celles de la lutte acharnée que mène Scott contre ses ennemis : l’alcool, la dépression, et le peu d’estime qu’il a pour lui-même. Oui, Hollywood sera pour lui « l’envers du Paradis », un lieu de souffrance et peut-être d’expiation… Ecrivain de l’intime, conteur de talent, Stewart O’Nan dévoile dans Derniers feux sur Sunset le vrai visage de Fitzgerald : celui d’un homme brisé par la vie, tandis que la fête bat son plein. Un livre poignant et plein de nostalgie.

the girlsThe girls, Emma Cline, sortie le 25 août, Quai Voltaire

Le Nord de la Californie, à l’époque tourmentée de la fin des années 1960. Evie Boyd a quatorze ans, elle vit seule avec sa mère, que son père vient de quitter. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Mais les deux amies se disputent dès le début de l’été qui précède le départ en pension d’Evie. Un après-midi, elle aperçoit dans le parc où elle est venue traîner, un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Très vite, Evie tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d’une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais aux yeux d’Evie, il est exotique, excitant, électrique, et elle veut à tout prix s’y faire accepter. Tandis qu’elle passe de moins en moins de temps chez sa mère, et tandis que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche à grands pas d’une violence impensable, et de ce moment dans la vie d’une adolescente où tout peut basculer.

Premier repérage pour la rentrée littéraire 2016

Le 17 août prochain, les premiers titres de la rentrée littéraire 2016 feront leur apparition en librairie. En quelques chiffres : 560 romans et recueils de nouvelles français et étrangers annoncés. 363 romans français et 197 étrangers à découvrir.

Je vous livre ici une première sélection composée de 7 romans.

ecoutez nos défaitesÉcoutez nos défaites, Laurent Gaudé, sortie le 17 août 2016, Actes Sud

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d’une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste… Un roman inquiet et mélancolique qui constate l’inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu’on meure pour elles.

9782226328755-jLa valse des arbres et du ciel, de Jean-Michel Guenassia, sortie le 17 août 2016, Albin Michel

Auvers-sur-Oise, été  1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.

 

beaux rivagesBeaux rivages, de Nina Bouraoui, sortie le 24 août 2016, JC Lattès

C’est une histoire simple, universelle. Après huit ans d’amour, Adrian quitte A. pour une autre femme : Beaux rivages est la radiographie de cette séparation.

 

 

Breve_histoire_de_sept_meurtresBrève histoire de sept meurtres, de Marlon James, sortie le 17 août 2016, Albin Michel

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunit 80 000 personnes lors d’un concert historique
Construit comme une vaste fresque épique abritant plusieurs voix et des dizaines de personnages, ce livre monumental nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, de la politique et de la violence du monde.

amour monstreAmour monstre, de Katherine Dunn, sortie le 18 août 2016, Gallmeister

La joyeuse famille Binewski est tout sauf banale. Ivres d’amour et nourrissant de grands projets pour leur spectacle itinérant, Al et Lil décident d’engendrer à coup d’amphétamines et de radiations la plus belle brochette de phénomènes de foire au monde. Alors, bienvenue chez les monstres : il y a Arturo l’Aquaboy, doté de nageoires et d’une ambition digne de Genghis Khan; Iphy et Elly, sœurs siamoises et musiciennes talentueuses; Oly, naine bossue et albinos. Seul détonne l’étonnamment normal Chick… jusqu’à ce qu’il révèle des qualités bien particulières. Pour autant, cette famille est habitée de passions bien humaines, et une terrible rivalité entre frères et sœurs ne tarde pas à menacer le bonheur des Binewski.

Station-eleven_6281Station Eleven, Emily St John Mandel, sortie le 24 août 2016, Rivages

Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.
Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

ou la lumière s'effondreOù la lumière s’effondre, Guillaume Sire, sortie le 25 août 2016, Plon

Détruire internet ? Dangereux, mais pas impossible. Dieu connecté, magnat de la Silicon Valley, Paul s’est retourné contre sa création. Quand on lui tire dessus, il confie l’opération à son ami d’enfance, Robin, un programmeur lunatique mais incroyablement doué. Mais Robin n’est pas Paul. Viscéralement attaché à la technologie qu’il a contribué à créer, il veut venger son ami sans renoncer à son rêve américain sur les rives de la baie de San Francisco. Détruire internet, est-ce envisageable?

Interview de Carole Trébor, auteure de « U4 – Jules »

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Carole Trébor n’en n’est pas à son premier livre en littérature jeunesse. Aux éditions Gulf stream, elle a écrit une série de 6 albums « Au cirque Fanfaron », illustrée par Arianna Tamburini. Elle a également écrit une trilogie Nina Volkovitch, sortie entre 2012 et 2013 qui a remporté plusieurs prix, et Vassili Volkovitch en 2015. Je vous invite à cliquer sur les liens pour plus de renseignements sur ses livres.

L’actu de Carole Trébor c’est U4, une série qui démarre bien en librairie et que j’ai beaucoup aimé. C’est avec Jules que je l’ai découverte et j’ai eu le plaisir de lui poser quelques questions. Je remercie à nouveau Carole et sans plus tarder, je vous laisse lire cette interview, la première de ce blog.

 

U4, c’est 4 romans écrits par 4 auteurs, autour d’un même univers avec des points de vue différents, comment est né ce projet ?

Le projet est né lors d’un salon du livre au printemps 2013, d’un désir commun de mettre du collectif dans la démarche d’écriture – qui est par essence individuelle !

 Vous êtes historienne de formation, vos précédents romans (Nina Volkovitch et Vassili Volkovitch paru chez Gulf stream editeur) sont à caractère historique, qu’est-ce qui vous a amenée vers la science-fiction ?

Avec les trois co-auteurs, l’idée était d’aller vers quelque chose de nouveau et d’inconnu : quoi de plus propice qu’un monde post-apocalyptique – un monde à inventer entièrement – pour développer une démarche d’écriture inédite pour nous quatre !

Le fait de travailler à 4 a dû changer votre façon d’aborder l’écriture d’un roman.

Lorsqu’on a créé le contexte ensemble, les idées fusaient et chacun amenait sa pierre à l’édifice : c’était très enrichissant. Ensuite, chacun a commencé son premier tiers de son côté, comme un roman « normal ». Puis nos personnages se sont rencontrés, et on a commencé à écrire des scènes communes. Au final, j’ai eu l’impression que ça ouvrait des portes infinies de créativité : si mon personnage est juste, il peut trouver bien plus de solutions que je ne pense à toutes les situations imprévues proposées par les personnages des autres auteurs !

Ce qui unit les 4 personnages est ce jeu WOT et le rendez-vous du 24 décembre, mais ce qui compte aussi c’est le parcours de chacun. Pouvez-vous nous parler de Jules ? Comment l’avez-vous créé ?

Jules est un geek, il est sympa, il se sent un peu gros, il n’est pas bagarreur. C’est un adolescent ordinaire, pas un leader, pas un super-héros. Je tenais à être au plus près de ses émotions après la catastrophe : il est terrorisé, il a du mal à trouver sa place, il doute de lui. Ce qui le sauve, c’est d’abord sa croyance dans le message de Khronos qui l’aide à tenir le coup, puis le fait de sauver une petite fille. Il découvre son courage et sa place au fur et à mesure du roman. C’est le genre de héros qui est courageux parce qu’il a peur. Pas parce qu’il n’a pas de peurs…

Vous avez dû composer avec les personnages des autres auteurs, comment vous les êtes-vous appropriés ?

C’était compliqué, parce que les personnages des autres auteurs ne sont pas des vrais personnages secondaires de mon roman, dans le sens que je n’étais pas libre de faire ce que je voulais avec eux. Je ne décidais pas de leur sort ! Leurs auteurs validaient la cohérence de ma façon de m’approprier leurs héros en fonction de leurs propres romans. Inversement, ils me soumettaient des scènes communes et que je n’aurais pas envisagées pour Jules. A moi de décider comment m’adapter à leurs propositions pour qu’elles permettent à mon (anti)héros de poursuivre son chemin… Comment faire en sorte que les interventions des personnages des autres apportent un élément important dans la narration de mon roman ? Comment faire pour que leurs arrivées puissent bousculer mes plans (ce que j’acceptais, c’était le jeu entre nous), sans pour autant perdre ma trame ? Je pense par exemple à la scène de huit-clos que je n’avais pas prévue et à laquelle je me suis adaptée de façon à ce qu’elle prenne sens dans mon propre roman.

Un dernier mot sur U4 ou sur vos projets ?

J’espère que les lecteurs auront du plaisir à lire ces quatre romans, qui forment une œuvre commune, une œuvre globale. C’est un vrai challenge littéraire pour nous. Et cette saga fait bien ressortir les différences de styles entre nous, c’est sa force. Un même univers, mais des plumes aussi différentes que les héros. Je suis heureuse, émue et fière de faire partie de cette aventure aux côtés de trois auteurs que j’admire beaucoup, Florence Hinckel, Yves Grevet et Vincent Villeminot.

En ce moment, j’écris pour Rageot éditeur un roman historique, teinté de fantastique, qui se passe en Russie au 18ème siècle et qui est destiné aux collégiens. Je me replonge dans un contexte historique aux côtés d’une héroïne !

 

 

 

Deuxième repérage pour la rentrée littéraire 2015

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Macadam, de Jean-Paul Didierlaurent, Au Diable Vauvert, sortie le 10 septembre 2015

Un prêtre qui joue à la Game Boy dans son confessionnal pour ne pas mourir d’ennui. Un vieillard qui en attendant de mourir assassine en douceur ses voisins de chambre dans sa maison de retraite. Un moustique écrasé sur une partition qui sabote une corrida. Un fossoyeur qui enterre les aiguilles des deux clochers de son village pour mettre fin à un guerre de religion… Ce recueil de nouvelles de Jean-Paul Didierlaurent dévoile l’univers personnel de cet écrivain populaire, entre humour noir doux- amer, tendresse et poésie.

 

 

 

 

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En toute franchise, de Richard Ford, L’Olivier, sortie le 17 septembre 2015

Nous sommes en 2012. Frank, ancien journaliste sportif et agent immobilier, a désormais 68 ans et coule une retraite paisible dans une ville du New Jersey. Paisible, jusqu’à ce que l’ouragan Sandy vienne frapper la Côte Est des États-Unis. Après la tempête, vient le temps du bilan. On constate l »étendue des dégâts, autour de soi et dans sa vie. On fait le point. Frank rend visite à son ex-femme, laquelle vit désormais dans une résidence médicalisée ; recueille les confessions d?un vieil ami ; et se trouve confronté à ses propres préjugés. En toile de fond de ces sujets intimes mais communs à tous, l »Amérique d »aujourd »hui, avec la féroce bataille présidentielle Obama/Romney et la crise économique.Caustique, bavard, malicieux et politiquement incorrect, Frank a vieilli, mais il demeure incontestablement l?un des personnages les plus attachants de la littérature américaine actuelle.

 

 

 

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Re-Vive l’empereur, de Romain Puertolàs, La Dilettante, sortie le

La folle histoire d’une lutte sans mort de Napoléon Bonaparte, revenu aux affaires pour sauver le monde contre les djihadistes : l’imagination au pouvoir. De nos jours, un chalutier norvégien de Findus repêche, dans ses filets, Napoléon Bonaparte et son cheval Le Vizir, maintenus en parfait état de conservation grâce aux eaux glaciales de la mer du Nord. Le retour du premier Empereur de France coïncide avec la vague d’attentats djihadistes qui assaille le pays depuis quelques mois. Promu, par une secrète confrérie corse, à une retraite au soleil, Napoléon, boosté au Coca-Cola Light pour apaiser ses aigreurs d’estomac, et en escale à Paris, ne peut rester indifférent au sort de son peuple. Il décide alors de se lancer dans une guerre contre les fanatiques islamistes. Evincé par le gouvernement de Hollande, il devra se constituer une nouvelle Grande Armée qui s’avèrera être bien loin de celle qu’il imaginait.

 

Premier repérage pour la rentrée littéraire à venir

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Unamerica, de Momus, Le serpent à plume, sortie le 3 septembre 2015

 

 

 

et ne reste que des cendresEt ne reste que des cendres, de Oya Baydar, Phébus, sortie le 20 août 2015

Ne reste que des cendres. Des cendres chaudes, brûlantes, des poussières incandescentes au goût âcre : les vestiges des feux allumés par toute une génération qui croyait pouvoir enrayer le mécanisme infernal des dictatures militaires et des fanatismes.

Une génération de révolutionnaires, de militants, parmi lesquels la flamboyante Ülkü. Personnage obsédant, amoureuse éperdue, elle traverse la tête haute et le cœur battant les tourmentes politiques et sociales qui ont secoué la Turquie depuis les années 70. Elle qui a vécu dans sa chair la torture et les deuils ; dans son cœur : la passion, la fascination et la lâcheté des hommes.

Des cendres de cet engagement des plus contemporains, Oya Baydar fait renaître les cris, les passions, les espoirs de son peuple, de ces militants du monde entier qui, de Paris à Istanbul en passant par Moscou et Leipzig, ont comme elle connu la lutte, l’exil et le désenchantement.

 

CVT_La-Terre-Qui-Penche_849La terre qui penche, de Carole Martinez, Gallimard, sortie le 20 août 2015

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent. L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais ? Par la force d’une écriture tendre, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

 

martin amisZone interdite, de Martin Amis, Calmann-Lévy, sortie en septembre 2015

DÉCOR
Camp de concentration Kat Zet I en Pologne.
PERSONNAGES
Paul Doll, le Commandant : bouff on vaniteux, lubrique, assoiffé d’ alcool et de mort.
Hannah Doll, l’ épouse : canon de beauté aryen, mère de jumelles, un brin rebelle.
Angelus Thomsen, l’ officier SS : arriviste notoire, bellâtre, coureur de jupons.
Smulz, le chef du Sonderkommando : homme le plus triste du monde.
ACTION
La météorologie du coup de foudre ou comment faire basculer l’ ordre dans un système allergique au désordre.
Comment explorer à nouveau la Shoah sans reprendre les mots des autres ? Comment oser un autre ton, un regard plus oblique ? En nous dévoilant une histoire de marivaudage aux allures de Monty Python en plein système concentrationnaire, Martin Amis remporte brillamment ce pari. Une manière habile de caricaturer le mécanisme de l’horreur pour le rendre plus insoutenable encore.
la-brigade-du-rire-638141-250-400La brigade du rire, de Gérard Mordillat, Albin Michel, sortie le 20 août
Il y a Kowalski, dit Kol, Betty, licenciée de l’imprimerie où elle travaillait. Dylan, prof d’anglais et poète. Les jumelles Dorith et Muriel, pour qui la vie est une fête permanente.
L’Enfant-Loup, coureur et bagarreur. Suzana, infirmière en psychiatrie. Rousseau, beau gosse et prof d’économie. Hurel, industriel, lecteur de Marx et de Kropotkine. Ils sont chômeurs, syndiqués, certains exilés, tous ont été des travailleurs. Pas des « cocos », ni des militants. Des hommes et des femmes en colère, qui décident de régler leur compte à cette société où l’autorité du succès prime sur celle du talent. Des samouraïs, des mercenaires, une redoutable fraternité constituée en Brigade du rire. Leur projet ubuesque et génial tient à la fois de la supercherie que de la farce grotesque : kidnapper et faire travailler Pierre Ramut, l’éditorialiste vedette de Valeurs françaises, et, dans un bunker transformé en atelier, l’installer devant une perceuse à colonne pour faire des trous dans du dularium. Forcé de travailler selon ce qu’il prescrit dans ses papiers hebdomadaires – semaine de 48h, salaire de 20% inférieur au SMIC, productivité maximum, travail le dimanche –, Ramut saura désormais de quoi il parle…

Ma visite au salon du livre

salon du livreCette année, ma visite a été plus courte et j’ai été très raisonnable dans mes achats. Ordinairement je m’achète un roman du pays invité ici le Brésil, mais cette année échappe à la règle. J’ai déjà ceux de l’an dernier, que je n’ai pas encore ouvert. En tout cas pour découvrir la littérature brésilienne, j’ai vu un recueil de nouvelles aux éditions Métailié « Brésil 2000-2015 », ou encore les éditions Envolume, qui proposent un recueil de 10 nouvelles par exemple.

Je suis arrivée en début d’après-midi et il y avait un monde fou, surtout lorsqu’on se dirigeait vers le centre, là où se trouvent tous les grands éditeurs. J’ai commencé ma visite par le stand Actes Sud, proche de l’entrée, où j’ai pu voir Katarina Mazetti, grande habituée de ce rendez-vous annuelle. Toujours souriante et accueillante, elle m’a dédicacé son dernier livre.

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Ensuite, je suis allée prendre un bain de foule au hasard, me contentant de prendre quelques photos.

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Finalement, j’ai vu une pancarte qui annonçait : David Khara. Je me suis souvenue avoir eu de bons échos de ses livres, et son dernier roman Une nuit éternelle m’avait interpelé à sa sortie. Alors je suis allée acheter un de ses livres avant d’aller le voir. C’était une rencontre vraiment sympathique, j’ai hâte de lire son roman.

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Avant de quitter le salon, je suis allée fureter du côté des BD, puis du stand des éditions Mnémos, Critic, Actu SF, où j’ai fait finalement acheté un livre d’Ayerdhal. De bonnes lectures en perspectives !

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Les lauréats des prix littéraires

Le prix Fémina a distingué

– Du côté français, l’auteure haïtienne Yanick Laurens, pour Bain de lune. Ce livre retrace l’histoire d’un pêcheur qui découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir été agressée. Lorsqu’elle se met à invoquer ses ancêtres, l’homme découvre un lourd passé familial. Les Lafleur et les Mésidor vivent dans un petit village d’Haïti. Les deux clans se détestent et pourtant lorsque Tertulien Mésidor rencontre Olmène Dorival, petite-fille d’un Lafleur, l’attirance est réciproque. Le roman s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.

– Du côté étranger, l’auteure israëlienne Zeruya Shalev pour Ce qui reste de nos vies. Il s’agit de l’histoire d’Hemda Horowitch, alitée à l’hôpital de Jérusalem, au seuil de la mort. Elle vit dans le passé et ressasse des souvenirs douloureux, notamment la difficulté d’aimer équitablement ses enfants, Avner et Dina.

 – Et pour le prix essai, c’est Paul Veyne avec Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas: souvenirs.
Il raconte son enfance dans la petite bourgeoisie provençale, puis son entrée au Collège de France, ses amitiés de jeunesse qui lui font rencontrer les plus grands intellectuels du XXe siècle (Foucault, Aron et Char), sa retraite de villageois solitaire, son goût pour la poésie, son scepticisme radical ou ses drames personnels.

 

La prix Zorba pour :

Aurélien Bellanger avec L’aménagement du territoire. Le deuxième roman de l’auteur raconte le projet de la construction d’une ligne de TGV à proximité du petit village d’Argel qui soulève des passions et se retrouve au centre d’enjeux multiples.

Le prix Médicis revient à

– Antoine Volodine, Terminus radieux, qui raconte l’histoire de soldats fantômes et de morts vivants s’obstinant à vouloir faire perdurer le rêve soviétique dans une Sibérie irradiée et inhabitable.

– Pour les romans étranger c’est Lily Brett, pour son roman Lola Bensky , du nom de l’héroïne, fille de rescapés d’Auschwitz et travaille pour un magazine de rock australien. Novice dans le milieu, pas très mince, elle réalise des entretiens avec des stars montantes de la scène musicale. Il s’agit de son premier roman traduit en France.

– Le Médicis essai revient à Frédéric Pajak, Manifeste incertain 3, qui est le 3e volume d’une série commencée. Il se déroule en 1939. Walter Benjamin, qui a été interné dans un camp de travailleurs à Nevers puis libéré, s’enfuit de la capitale à l’arrivée des troupes de la Wehrmacht. Commence alors une errance dans le Midi puis les Pyrénées. Son destin et celui de Ezra Pound dans l’Italie fasciste s’entrecroisent, formant un tableau de cette époque troublée.  en 2012

Le prix Goncourt a choisi :

Lydie Salvayre, Pas pleurer, où elle revisite le thème de la guerre civile espagnole, en mêlant toutefois l’aspect historique avec l’histoire personnelle de sa mère.

Le prix Rernaudot :

– Du côté français a récompensé David Foenkinos, Charlotte, qui relate l’histoire de Charlotte Salomon, une artiste peintre juive allemande, déportée à Auschwitz à 26 ans alors qu’elle était enceinte. Avant sa mort, la jeune femme parvient à confier ses toiles, principalement autobiographiques, aujourd’hui conservées au musée juif d’Amsterdam.

– Du côté des essais Christian Authier, De chez nous

– et en poche Florence Seyvos, Le garçon incassable

Première sélection du prix du Style et du Landerneau BD

Vous pouvez consulter les articles précédents qui concerne Première sélection du prix Médicis, Femina et Jean Giono et Première sélection prix Goncourt, Renaudot et Flore

Pour commencer, la sélection du prix du Style

L’Amour et les forêts, Eric Reinhardt
Aymati, Béatrice Castaner
Le Don d’Hélène, Gérard Pussey
L’Ecrivain national, Serge Joncourt
Entretien avec un dévoyé, Didier Raymond
Excelsior, Olivier Py
Faux nègres, Thierry Beistingel
Les Grands, Sylvain Prudhomme
Gueule de bois, Olivier Maulin
L’Homme qui s’aime, Robert Alexis
Jacob, Jacob, Valérie Zénatti
Mécanismes de survie en milieu hostile, Olivia Rosenthal
Le Météorologue, Olivier Rolin
Mon âge, Fabienne Jacob
Le Nuage radioactif, Benjamin Berton
Photos volées, Dominique Fabre
Tristesse de la terre, Eric Vuillard

On ne s’étonne plus de la présence d’Eric Reinhardt, mais on note qu’un certain nombre ne figure pas dans les autres sélections, par exemple : Les grands de Sylvain Prudhomme, ou Benjamin Berton avec Le nuage radioactif (j’en profite pour ouvrir une parenthèse et vous dire que son précédent roman La chambre à remonter le temps est génial, ma critique figure sur mon ancien blog ou sur babelio)

Le prix sera décerné le 18 novembre.

Je ne lis pas énormément de BD, mais bon je suis tombé sur l’info et je vous la communique.

Voici la sélection du prix Landerneau BD :

Choc, vol. 1, Les fantômes de Knightgrave, Stephan Colman et Éric Maltaite
Docteur Radar, tueur de savants, Noël Simsolo et Frédéric Bézian
L’Arabe du futur, vol. 1, Une jeunesse au Moyen-Orient, Riad Sattouf
Le Château des étoiles, vol. 1, Le secret de lʼéther, Alex Alice
Le Muret, Céline Fraipont et Pierre Bailly
Le Teckel, Hervé Bourhis
Les vieux fourneaux, vol. 1, Ceux qui restent, Wilfrid Lupano et Paul Cauuet
Paci. vol. 1, Bacalan et vol. 2, Calais, Vincent Perriot
Rouge comme la neige, Christian De Metter
Vermines, vol. 1, Le retour de Pénélope, Marc Pichelin et Guillaume Guerse