« Les contes défaits », d’Oscar Lalo

contes-defaitsRésumé

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent les contes défaits.
L’histoire est celle d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir.
Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore.
Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence…
Et c’est en écrivant l’indicible avec ce premier roman qu’il est entré de façon magistrale en littérature.

Notation sur 5

Intrigue3 scarabees

Personnages4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Je remercie Babelio et les éditons Belfond pour l’envoi de ce premier roman d’Oscar Lalo. En cette rentrée littéraire, ce roman a été, pour moi, le plus troublant. Pourquoi ? L’écriture et la manière dont il aborde les maltraitances psychologiques faites aux enfants et la pédophilie.

La voix de l’homme laisse vite la place à celle de l’enfant qu’il était. Dans ce récit fragmenté en court chapitre, l’auteur donne la parole à l’enfant, réussit à exprimer avec des mots, des images d’enfant. Il raconte ce qui est vécu comme un arrachement, lorsque ses parents l’envoie avec son frère en vacances dans ce qui est appelé « Home ». Le trajet en train vers le Home, le déroulement de ce séjour. Autant dire qu’on est loin des colonie de vacances où les enfants reviennent avec de bons souvenirs. A travers la voix de l’enfant, tout est dit avec une sorte de pudeur, de réserve. On sent le choix précis de chaque mots qui donne plus de force à ce qui est exprimé : une douleur  qui ne quitte pas le narrateur. Le sujet est délicat, et Oscar Lalo le traite avec beaucoup de finesse, usant d’une écriture saisissante. Un autre axe important de ce roman est la place de l’adulte, la responsabilité de ou des adultes.

Tout le talent d’Oscar Lalo est là, il nous fait comprendre le poids qui pèse sur l’enfant , ce qui est défait en lui. Ce livre n’a pas été facile à lire, il questionne, il trouble. Avec ce premier roman, Oscar Lalo se distingue par sa plume. Auteur à suivre.

« En attendant Bojangles », d’Olivier Bourdeaut

en-attendant-bojanglesRésumé

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

logo coup de coeurAvis de lecture

J’ai voulu lire ce roman dont tout le monde parle, ce 1er roman qui fait l’unanimité et qui a créé la surprise cette hiver. Pour moi, ça a été une vraie bouffée d’air frais.

Deux voix se côtoient. C’est avec celle de l’enfant que le récit débute. La première page donne le ton du roman, un brin drôle et léger avec une dose de naïveté propre à son âge. Toute la fantaisie de ce roman nous apparait également dès les premières pages. Ce fils nous raconte des épisodes de son quotidien, de son enfance, mais nous parle aussi de l’amour fou qui unit ses parents. Quelle vie fantasque ! Ils dansent le matin, l’après-midi , la nuit, partout. Ils rient dans le salon, reçoivent des amis, accumulent le courrier sans jamais l’ouvrir, boivent des « cocktails fous avec des ombrelles, des olives » et reçoivent beaucoup. S’il se rend compte de sa différence, par exemple à l’école, il apprécie cette fantaisie. Pour autant, la vie à l’école et la vie chez ses parents semblent incompatibles. La vérité chez les uns passe pour un mensonge chez les autres. Cela donne lieu à des passages très drôles.

L’autre voix, celle que je ne m’attendais pas à entendre, c’est celle du père. Ce sont des extraits de ses carnets, en italique dans le texte. Il y transcrit d’abord l’histoire de sa rencontre avec sa femme, puis leur vie ensemble, qui peu à peu se  teinte d’une certaine mélancolie.

Un jour pourtant, tout bascule. Le père et le fils sont anéantis, mais la vie reprend le dessus, avec ce grain de fantaisie, d’extravagance qui n’appartient qu’à eux, car pas question de vivre sans elle.

J’espère que vous ne résisterez pas à ce récit drôle et faussement naïf. C’est l’histoire magnifique d’un amour hors norme, raconté avec beaucoup de tendresse, à travers le regard d’un fils et d’un mari et porté par une écriture ensorcelante.

Extrait p37 : « A l’école, rien ne s’était passé comme prévu, alors vraiment rien du tout, surtout pour moi. Lorsque je racontais ce qui se passait à la maison, la maîtresse ne me croyait pas et les autres élèves non plus, alors je mentais à l’envers. Il valait mieux faire comme ça pour l’intérêt général et surtout pour le mien. »

Extrait des carnets du père, p.55 : « Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher, dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l’horloge, y dévoran chaque seconde. Cette folie je l’avais accueilli les bras ouverts, puis je les avais refermé pour la serrer fort et m’en imprégner, mais je craignais qu’une telle folie douce ne soit pas éternelle… »

Sortie : janvier 2016

 

 

« La tentation de l’indifférence », de Véronique Maumusson

DSC04177Résumé

1938. Anne Gassin a vingt ans lorsqu’elle arrive à Paris pour entreprendre des études de philosophie à la Sorbonne. Une opportunité inespérée pour cette fille d’ouvriers rouennais. Elle y fait la connaissance de Pierre, Léo, Philippe, Simone et Hélène, un groupe d’étudiants brillants et privilégiés, choyés par la vie. Consciente de sa différence, Anne est pourtant immédiatement séduite par le groupe, et plus particulièrement par Pierre. Un amour passionné naît entre les deux jeunes gens. Mais la guerre, la capitulation de la France, l’Occupation viennent modifier la donne. Les orientations politiques vont peser et conduire chacun d’eux à prendre position. Collaboration par idéologie, collaboration de facto, résistance par conviction, résistance forcée, telles sont les options qui vont se présenter à ces étudiants, condamnés à vivre leur jeunesse dans une époque trouble. Et nous, qu’aurions-nous fait à cette époque ?

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees et demi

Personnages4 scarabees

Écriture 4 scarabees

Avis de lecture

Tout d’abord merci à Babelio et aux éditions Anne Carrière, qui m’ont permis de lire ce premier roman dont je vous conseille vivement de lire. Si j’ai coché ce roman, c’est tout simplement à cause de sa 4e de couverture. C’est aussi cette réflexion que propose l’auteure qui m’a attirée.

La question : « Et nous, qu’aurions-nous fait à leur place ? » (cf 4e de couv) est une question que je me suis déjà posée, et que, j’imagine, on est nombreux à s’être posé à un moment ou à un autre. Bon, ce livre n’y répond pas vraiment, mais ce n’est pas ce que je recherchais, ni l’effet recherché par le livre à mon avis, en revanche ça a au moins le mérite d’attirer l’attention du lecteur, et je suis tombée en plein dedans. Sous couvert de fiction, ce livre permet en revanche de mettre l’accent sur diverses réactions face à la capitulation de la France, l’occupation, à la résistance. C’est là que cela devient intéressant et nous fait dire qu’à cette période tout n’était pas noir ou blanc.

Pour parler du roman maintenant, je commencerai par évoquer le prologue, que j’ai trouvé très bien, classique dans sa forme mais efficace, et aussi l’écriture agréable,  très fluide de l’auteure, dont le ton convient à merveille à la jeune Anne Gassin, la narratrice. Jeune et brillante étudiante débarquant à Paris pour étudier la philosophie, complexée par sa situation précaire au point d’inventer des mensonges à ses amis, se  sentant exclue, voire rejetée par sa famille lorsqu’elle y séjourne, voulant se faire accepter et s’intégrer, Anne est un beau personnage avec des préoccupations normales pour une jeune fille de son âge. Véronique Maumusson a pris le temps d’installer ses personnages et les liens d’amitié qui les unissent, avant le début de la sombre période que sera la capitulation et l’occupation, avant que cela vienne se mêler à leur quotidien et que les choses basculent.

Ainsi Anne et ses amis sont tout d’abord tiraillés entre leurs études et leur préoccupations pour ce qu’ils se passent, faisant état de leur impuissance à leur niveau. Par exemple p 89, lorsque Pétain fait son discours, c’est ce constat qu’Anne établit. « Mieux valait me préoccuper de ce sur quoi mon action pouvait avoir un effet. Comme mon examen final sur Spinoza, qui devait avoir lieu le surlendemain« . « Le monde extérieur pouvait bien s’emballer, je maintenais le cap« , p 118. Et vient le moment où ils en viennent à prendre position, mais pas forcément par conviction, parfois pas obligation ou par un enchaînement de faits qui y conduisent. Voilà pourquoi ici, tout n’est pas noir ou blanc. On s’attache vraiment à ses étudiants et voir comment leur situations changent au fil du temps, les plaçant parfois au pied du mur, les faisant, pour d’autres, courir des risques.

Voici donc un très bon livre et si vous aimez lire sur cette période de l’Histoire, je vous renvoie à un précédent livre que j’ai lu récemment : Le voyant de Jérome Garcin, un récit très bien mené, que j’ai beaucoup aimé

Parution : janvier 2015

« L’idiot du palais » de Bruno Deniel-Laurent

idiot du palaisRésumé

On l’appelle le Palais. C’est une prison dorée des beaux quartiers de Paris. Originaire de Serbie, Dusan vient d’y être recruté comme agent de sécurité. Au service de la Princesse, il passe son temps à attendre, simple figurant d’une farce où se mélangent le protocole et les caprices.

Lorsque le Prince débarque sans préavis des États-Unis, Dusan endosse un nouveau rôle. Le «docteur» Elias, âme damnée des lieux, lui confie la mission délicate de pourvoir aux fantasmes du Prince. C’est ainsi qu’il recrute Khadija sur les boulevards extérieurs. Il ne sait pas qu’en la ramenant au Palais il va signer sa propre perte. Et retrouver le goût de la liberté.

Notation sur 5

Intrigue 3 scarabeeset demi

Personnages 3 scarabees

Écriture 4 scarabees

Avis de lecture

L’idiot du palais est un roman distrayant, qui nous plonge dans un monde à part. En effet, entrer dans le palais, c’est entrer dans une monde de servitude, de codes, de procédures, un monde clôt et ennuyeux. Un monde à part que l’on découvre petit à petit, un monde dans lequel Dusan évolue.

Dusan se fait embaucher au palais par l’intermédiaire de son oncle. Il pénètre dans les coulisses du palais et porte un regard « juste », j’entends par là qu’il énonce ce qu’il s’y passe sans plaintes ou lamentations. En toile de fond, du racisme, du travail au noir, des pratiques de travail plus qu’inacceptables et c’est dans se contexte que Dusan évolue, gravit les échelons, se fait une place, jusqu’au jour où tout bascule le jour où il adresse la parole à Khadija. On assiste ainsi à la progressive émancipation de Dusan.

Je me suis laissée prendre par cette histoire, qui n’a pas de grand rebondissement, par ce personnage qui va peu à peu retrouver le goût de la liberté, j’ai  aussi apprécié l’écriture de Bruno Deniel-Laurent, une écriture efficace qui ne se perd pas inutilement. Bref un bilan assez positif.

Merci à Babelio et aux Editions Table Ronde !

« La malédiction du bandit moustachu », d’Irina Teodorescu

La-Malediction-du-Bandit-Moustachu_6919Résumé

Quelque part à l’est au début du XXe siècle, Gheorghe Marinescu se fait faire une beauté chez le barbier.
Déboule un homme à longue moustache qui réclame la meilleure lame du commerçant. Gheorghe lie amitié avec le moustachu, découvrant qu’il ne jure que par la bouillie de haricots blancs.
Accessoirement ce bandit de grand chemin, qui amasse des trésors pour les redistribuer aux nécessiteux, révèle sa planque.
Ni une ni deux, l’envieux Marinescu commet l’irréparable. Voilà comment une malédiction s’abat sur Gheorghe et toute sa descendance, jusqu’en l’an deux mille. Et en effet.
Le rythme est trépidant, le ton enlevé, un premier roman tragique et loufoque à la fois.

Notation sur 5

Intrigue 3 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriture 3 scarabees

Avis de lecture

Voici un premier roman très court. Le début de l’histoire est assez insolite. L’auteur a une écriture de conteuse et commence son récit par la rencontre entre le bandit et Gheorge pour nous montrer l’origine de cette malédiction. Ensuite au fil des chapitres, c’est toute la descendance de Gheorges, celle de ses fils et filles, et à leur tours de leurs enfants et petits-enfants qui va nous être conté. La menace de cette malédiction, que deux personnages ont tenté de lever en vain, pèse sur les aînés, « parce que c’est toujours les aînés qui sont victimes des malédictions »…

L’action se déroule au début du XXe siècle et je dois avouer qu’à un moment je me suis cru à l’époque féodale avec le côté seigneurial de cette famille dont certains membres veulent préserver leur sang-bleu et tienne à ne pas se mélanger au peuple. J’avais oublié que le résumé le mentionnait et c’est l’évocation d’une voiture qui m’a fait réaliser que l’action se déroulait au XXe.

La forme du récit est assez particulière. Les chapitres sont assez courts et comme je l’ai dit traite à tour de rôle des descendants de Gheorge. Alors je précise que plusieurs chapitres peuvent concernés un même personnage et tant mieux car sans cela il n’y aurait pas d’attachement. Au fil de ce roman, on déteste autant qu’on aime des membres de la famille Marinescu. Les surnoms dont ils sont affublés nous font rire, la manière dont l’auteur présente chacun des personnages avec un brin de facétie, d’humour est appréciable. Mais cela n’empêche pas une certaine froideur, une brutalité dans certaine situation. Une autre particularité est que l’auteur incorpore les dialogues dans le corps du texte sans même les signaler par des guillemets, allant même parfois, au sein d’une même phrase, y incorporer les dires de plusieurs personnages, les virgules suffisant à faire la séparation. Ainsi le « je » s’insinue dans le récit à la 3e personne et vient aussi s’ajouter au » je » du narrateur. Je m’y suis vite habituée et cela ne m’a pas gêné dans la lecture, au contraire.

Pour finir, je dirais qu’au fil du récit, la malédiction perd de son importance, ou en tout cas n’est plus mentionné par les personnages qui en garde le secret pour ne pas que le poids de cette épée au-dessus de la tête ne viennent perturber l’existence de chacun. Ce que je retiens aussi c’est le style de l’auteur et une écriture qui joue sur différentes tonalités. La forme du récit est pourvue de  qualités, mais si l’histoire n’est pas transcendante finalement, j’ai tout de même apprécié de suivre la famille Marinescu et les épreuves que ses membres ont traversé.

 

« Et qu’advienne le chaos », d’Hadrien Klent

et qu advienne le chaosRésumé

Une découverte scientifique aussi révolutionnaire que la théorie de la relativité. Un chercheur misanthrope qui voudrait être le dernier des hommes. Un psychanalyste qui lèche les choses pour vérifier qu’elles existent. Un tueur à gages qui pratique le relativisme culturel. Une Mexicaine prise au piège de ses yeux. Un dentiste qui raffole des mâchoires de Staline. Un magicien qui s’évapore. Et un couple improvisé qui, dans ce chaos naissant, va tenter de sauver l’humanité. Dans une tension cinématographique, Et qu’advienne le chaos multiplie les rythmes et les histoires.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages3 scarabeeset demi

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Tout d’abord je remercie les éditions Attila et Babelio de m’avoir fait parvenir ce premier roman d’Hadrien Klent. J’ai trouvé le résumé très accrocheur, étrange, décalé et finalement ces qualificatifs s’appliquent à tout le livre.

Ce qui m’a d’abord frappé, c’est le style d’écriture clair, précis, peut-être un peu froid à la manière dont on énoncerait des faits sans s’impliquer, mais qui ne s’encombre pas de détails superflus. J’ai bien aimé cette façon d’écrire. Quant à la structure du livre, elle se constitue de courts chapitres, allant d’une demi-page à 10 pages pas plus je pense, qui nous dévoilent toute une palette de personnages ne présentant pour la plupart pas de lien apparent, mais peu à peu ce méli-mélo de personnages va devenir moins confus pour le lecteur. On a ce que j’appellerai le scientifique fou, un duo de héros qui veulent sauver l’humanité, deux fantômes, et un personnage assez drôle, mais qui n’a pas moins un rôle important : le psy, etc. L’auteur a choisi de mettre en scène un échantillon de l’humanité diversifié et par certains côtés farfelus.

L’objet de l’intrigue est une découverte scientifique nommé « la théorie des calques » qui permet d’occulter l’humanité. Une théorie intéressante et angoissante. Au départ, ce n’est pas très clair, mais l’auteur va rendre cette théorie plus compréhensive pour son lectorat d’une manière simple habile et efficace, sans se perdre dans un jargon scientifique pas très digeste, pour moi en tout cas. Au final le schéma de l’histoire est assez classique, la découverte, l’expérimentation puis le temps de l’application du projet finale, cette phase où tout peut se jouer. Passé le temps de l’expérimentation, le livre prend des airs de course contre la montre, puisqu’il faut empêcher le chercheur de mettre ses plans à exécution, mais forcément rien ne vas être simple pour notre duo de héros. Ce que je retiens finalement de cette lecture est qu’elle est vive, rythmée par des courts chapitres et une tension qui monte pour un final vraiment au top.

 

 » Et si Notre-Dame la nuit… « , de Catherine Bessonart

DSC03278Résumé

De la décapitation de neuf statues de Notre-Dame de Paris à celle de jeunes femmes innocentes, l’affaire est délicate.

Un flic, fraîchement divorcé, arrête de fumer. Il s’appelle Chrétien mais il est athée. Les statues de Notre-Dame sont décapitées. Et bientôt, une jeune femme l’est aussi. Et elle n’est que la première d’une longue série.
Persuadé que toutes ces décapitations sont liées, Bompard désespère de trouver le lien. Très vite, il a le sentiment d’être lié à cette affaire. Ses doutes se confirment quand le meurtrier menace son ex, Mathilde, qui disparaît malgré la protection que Bompart a mise en place pour la protéger. Et si toute cette histoire trouvait sa source dans son enfance ?

Notation sur 5

Intrigue 3 scarabeeset demi

Personnages 4 scarabees

Écriture 3 scarabeeset demi

Avis de lecture

Catherine Bessonart signe ici son premier polar et une premier enquête de Chrétien Bompard, un flic avec sa part d’ombre, sa mauvaise humeur quasi-permanente à cause de sa séparation avec Mathilde, du fait qu’il arrête de fumer et de cette affaire de femmes décapitées qui le hante. Rien de neuf dans ce personnage de flic jusque-là, mais l’auteure approfondit bien sa personnalité et son passé en évoquant une année blanche ou un épisode de son enfance qui trouvera un éclairage avec son enquête. Du coup j’ai bien apprécié Chrétien Bompard.

Et l’enquête ? Elle est intéressante et bien amenée, d’abord autour des statues décapitées avec l’intervention d’un jeune peintre que je m’attendais à retrouver plus longtemps (mais bon tant pis), puis avec la découverte des femmes décapitées. Bompard et son équipe se retrouve face à un serial killer particulièrement méticuleux et insaisissable. L’intuition et le sens de l’observation de Bompard vont tout de même permettre de faire avancer les choses, ça et la menace que ses collègues découvrent à son encontre. Cette affaire va devenir une affaire personnelle dont Bompard ne se fera pas écarter. Tout s’accélèrera lorsque Mathilde, son ex-femme, disparait.

Catherine Bessonart a su insuffler du rythme dans son récit quand il le fallait, et ma lecture n’a pas souffert de lourdeur. J’ai noté aussi des références cinématographiques à plusieurs reprises dans le livre, je rappelle d’ailleurs que l’auteure et scénariste et comédienne. Ceci peut d’autant plus expliquer cela. Pour conclure, c’est un bon polar, classique si je puis dire, mais avec de bons personnages et des dialogues ficelés. Ce roman se lit avec plaisir, et si l’occasion se présente, je serai ravie de retrouver Chrétien Bompard et de voir ce que Catherine Bessonart lui réserve.

 » Le bâtard de Kosigan « , de Fabien Cerrutti

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Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe. En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis. À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel… Dans la lignée des meilleurs romans de fantasy historique comme Le Lion de Macédoine de David Gemmell, Le Bâtard de Kosigan mélange avec brio la fantasy anglo-saxonne et l’histoire de France. Fabien Cerutti nous conte, dans ce roman qui se lit avec beaucoup de plaisir, une aventure pleine d’humour, de panache et de surprises…

Notation sur 5

Intrigue : cinq scarabees

Personnages : cinq scarabees

Écriture : 4 scarabees

Avis de lecture

Le bâtard de Kosigan est le premier tome d’une série très prometteuse. La première scène donne le ton et un bon aperçu de la personnalité du personnage principale Pierre Cordwain de Kosigan, dit le bâtard de Kosigan. J’ai tout de suite adoré ce personnage malin, retors, calculateur – j’imagine volontiers un air malicieux sur son visage – et ce mercenaire qui garde tout de même un côté chevaleresque, grand amateur de batailles et de joute. Par ailleurs, un mystère flotte autour de lui, de sa nature, et en refermant le livre notre curiosité est piqué au vif.

Le temps de l’action est assez bref (quelques jours) et l’action se déroule durant un tournoi organisé en Champagne, dont les enjeux sont très importants a plus d’un titre.

Ce que nous lisons est le journal de Kosigan et il nous y explique la situation actuelle, nous décrit un monde moyen-âgeux bien éloigné de ce que nous pouvons imaginer. En effet, au delà du pouvoir de l’Église et de l’omniprésence de l’Inquisition, c’est aussi un monde peuplé de races anciennes, telles que les elfes, les ogres qui est en proie à l’extinction. Dans ce journal outre le récit de ces péripéties, de ses intrigues journalières qui sont bien entendu liés au tournoi, c’est un monde complexes où les uns veulent le pouvoir, ou d’autres veulent vivre et préserver leur liberté. Un univers complet auquel j’ai totalement adhéré.

Mais il y a autre chose que j’ai vraiment apprécié ici. Outre le journal du mercenaire qui se déroule sous nos yeux, il y a également le récit épistolaire d’un homme vivant en 1899, qui serait le descendant de Kosigan. Recevant un héritage pour le moins étrange, cela l’amène sur les traces de son aïeul qui n’a pas laissé de traces dans l’histoire officielle. Souvent un chapitre sur deux, j’ai apprécié de lire ces lettres, et à la fin de voir la découverte qu’il fait, de voir que finalement le journal de Kosigan apporte un petit éclairage sur l’origine du coffre, etc… L’auteur joue habilement sur les deux plans, le journal de Kosigan et les lettres de son descendant. Aux vues des révélations finales dans l’un et dans l’autre, je n’ose imaginer la suite (enfin si j’ai osé). Vivement la sortie du second.