« Valet de pique », de Joyce CarolOates

oates-valet-de-piqueRésumé

Quel auteur n’envierait-il pas le sort de Andrew J. Rush ? Écrivain à succès d’une trentaine de romans policiers vendus à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, père de famille heureux, Andrew vit dans une petite ville du New Jersey où il trouve le calme nécessaire pour édifier son œuvre.
Mais Andrew a un secret que même ses plus proches ignorent : sous le pseudonyme de Valet de pique, il écrit des romans noirs, violents, pervers, romans publiés avec un énorme succès et qui scandalisent autant qu’intriguent le monde littéraire.
Pourtant, cet équilibre tout en dissimulation que Andrew a patiemment élaboré va être menacé. Au départ, la plainte d’une voisine, Mrs Haider, probablement un peu dérangée, qui l’accuse d’avoir plagié ses romans auto-publiés, accusation qu’elle avait déjà formulée dans le passé à l’encontre de Stephen King. Innocenté par le tribunal, Andrew sera néanmoins affolé par cette affaire, et des « fantômes » du passé vont se réveiller et tout chambouler. Un thriller magistral de Joyce Carol Oates, efficace, inquiétant, drôle aussi – jouant brillamment sur les références à Stevenson, Poe ou Stephen King. Un roman qui éclaire les forces noires manipulant la conscience d’un auteur à succès, et entraîne son lecteur hypnotisé sur une mince ligne de crête séparant génie et folie.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriturecinq scarabees

Avis de lecture

Régulièrement, je vois un nouveau livre sorti aux éditions Philippe Rey et j’ai toujours eu envie de découvrir la plume de Joyce Carol Oates.  Je remercie Anaïs de l’Agence Anne et Arnaud ainsi que la maison d’édition pour cette très belle découverte.

Voici en 3 points ce qui m’a plu dans Le valet de pique :

Un personnage principal énigmatique : Qui est Andrew J. Rush ? Un auteur de thriller classique et très maîtrisé dans l’intrigue et la forme. Il produit des best-sellers, se voit  comparé à Stephen King (Stephen King du gentleman). Il nourrit une certaine obsession pour lui d’ailleurs, en attente d’une sorte de reconnaissance. C’est un bon père et mari… à première vue. Mais il cache quelque chose, un secret, un côté « noir » que tous ignorent et qui ne doit pas être découvert. Sous couvert d’un pseudonyme, il écrit des romans noirs « épouvantables, dépravé » (p.18), trash. Bref, des romans qu’il écrit avec ses tripes, si bien qu’il n’en garde jamais de vrais souvenirs. Dans ces moments-là , Andrew parait un autre, une autre personnalité a pris sa place…

Une intrigue efficace, une atmosphère inquiétante. Dès qu’Andrew se trouve accusé de plagiat, on sent une rupture, un changement chez ce personnage.  D’abord étonné, persuadé qu’il s’agit d’une regrettable erreur, il prend contact avec celle qui l’accuse : Mme Haider. Si seulement il s’était arrêté là, mais non… Il va faire des découvertes surprenantes. Une voix intérieur prend le dessus, celle du Valet de pique, et il aurait mieux fait de ne pas l’écouter. Andrew change. En lisant ce roman, notamment les passages se déroulant chez Mme Haider, ou quelques-uns se déroulant dans son « antre d’écrivain », il y a un glissement vers la folie, un soupçon de fantastique, une atmosphère qui m’a fait pensé à Allan Edgar Poe.

Du rythme et une intrigue qui ne ménage pas Andrew. Tout est dit dans cette phrase. J’ai adoré le style Joyce Carol Oates et le rythme insufflé à cette intrigue. C’est un  beau travail aussi réalisé par le traducteur ! Je n’ai pas évoqué les autres personnages, mais sa femme Irina est aussi intéressante, dans le sens où elle aussi a eu des ambitions d’écrivains. Elle y a renoncé, et s’est consacré à sa famille entre autre chose, mais cela suscite un sentiment de culpabilité chez Andrew.

Un très bon roman, qui met au cœur de l’intrigue un écrivain à succès, le processus d’écriture, un très bon thriller qui le plonge dans les ténèbres.

« Un peu tard dans la saison », de Jérôme Leroy

un-peu-tard-dans-la-saisonRésumé

C’est aux alentours de 2015 qu’un phénomène inexpliqué et encore tenu caché s’empare de la société et affole le pouvoir. On l’appelle, faute de mieux, l’Éclipse. Des milliers de personnes, du ministre à l’infirmière, de la mère de famille au grand patron, décident du jour au lendemain de tout abandonner, de lâcher prise, de laisser tomber, de disparaître. Guillaume Trimbert, la cinquantaine fatiguée, écrivain en bout de course, est-il lui aussi sans le savoir candidat à l’Éclipse alors que la France et l’Europe, entre terrorisme et révolte sociale, sombrent dans le chaos ? C’est ce que pense Agnès Delvaux, jeune capitaine des services secrets. Mais est-ce seulement pour cette raison qu’elle espionne ainsi Trimbert, jusqu’au coeur de son intimité, en désobéissant à ses propres chefs ? Dix-sept ans plus tard, dans un recoin du Gers où règne une nouvelle civilisation, la Douceur, Agnès observe sa fille Ada et revient sur son histoire avec Trimbert qui a changé sa vie au moment où changeait le monde.

Notation sur 5

Intrigue2 scarabees

Personnages3 scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

J’ai été curieuse à la lecture du résumé de ce roman. L’anticipation s’immisce de plus en plus dans la littérature et cela me va bien. Ici nous somme en 2032, une nouvelle civilisation nommé « La douceur » règne. Agnès a connu l’ancienne époque, une époque où le terrorisme, la révolte sociale règne. Au milieu de ce contexte troublé, un phénomène étrange apparait : l’Eclipse. Des gens se mettent à disparaitre, cela peut toucher tout le monde.

Agnès était capitaine des services secrets, lorsqu’elle s’est mise à espionner Guillaume Trimbert, un écrivain candidat à l’Eclipse. On perçoit vite qu’elle outrepasse ses fonctions, que cette surveillance cache quelque chose de plus personnel… mais quoi ?

Le livre est structuré de telle sorte qu’on change de voix, passant d’Agnès à Trimbert. Les tourments, les faux espoirs, le poids qui pèse sur leurs épaules nous apparait. A travers ce roman, nous voyons clairement une société en proie à la tourmente suite aux attentats. Notre société, celle de la consommation, est sur le point de s’effondrer. Si j’ai bien compris et trouve intéressant ce que l’auteur exprime dans son roman, je n’ai pas adhéré au récit. L’auteur a réussi à insuffler une atmosphère particulière à son roman, en adéquation avec le contenu, mais le flou entretenu autour de l’éclipse, de ce que cache la surveillance de Grimbert, etc, a fait que j’ai refermé le livre au bout de 120 pages. Je l’ai rouvert 4-5 jours plus tard, pour le finir mais il ne m’a pas vraiment convaincu.

 

« Les morsures de l’ombre », de Karine Giebel

morsuresRésumé

Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?

logo coup de coeur

Avis de lecture

J’ai découvert Karine Giebel avec « Juste une ombre », et c’est avec l’assurance que je vais à nouveau apprécier son roman que je débute celui-ci.

Le début est très efficace, l’intrigue démarre rapidement. Le premier chapitre donne le ton. Des phrases courtes, un texte haché qui donne du rythme et beaucoup de dialogues. Ce qui donne un roman sans temps morts.

Nous sommes dans un huis clos. Lydia a enfermé Benoît dans une cage. Elle joue avec, elle veut lui faire mal, pour le mal qu’il aurait fait, et celui qu’il lui aurait fait aussi d’une certaine façon. Mais de quoi l’accuse-t-elle ? Très vite, se met en place un dialogue de sourd : tu es coupable, je suis innocent. Qui dit la vérité ? J’ai craint que cela fasse vite tourner l’intrigue en rond, mais je me suis trompée. Ce « jeu de questions » sert à distiller des éléments pour répondre aux questions que l’on se pose . L’auteursème au passage un peu plus de confusion dans notre esprit.

Il y a ce qu’il se passe entre le prisonnier et son geôlier, mais n’oublions pas qu’il est commissaire. Sa disparition va vite alerter son entourage et soulever de nombreuses questions et surtout des révélations.  Il serait facile de se prendre de pitié pour Benoît, mais Karine Giebel construit un personnage complet dont elle nous montre la force de caractère et les travers. Ce que j’aime surtout c’est qu’elle mène son roman sans ménager ses personnages, et le lecteur. La tension est palpable, l’ambiance oppressante par moment, d’autant plus lorsque les fils de l’intrigue commencent à se rejoindre. Et je n’oublie pas cette fin qui est à la hauteur. Que demander de plus. Une fois encore, elle m’a convaincue.

« Le grand combat », de Ta-Nehisi Coates

le-grand-combat_9782746744592Résumé

À West Baltimore dans les années 1980, les gangs et le crack sont le seul horizon des gosses du quartier. Ta-Nehisi est voué lui aussi à devenir un bad boy. Mais son père Paul, ancien Black Panther passionné de littérature, lui fait découvrir Malcolm X et James Baldwin. C’est une révélation. L’adolescent rêveur, égaré dans les frasques d’une famille hors norme, se jure d’échapper à son destin.Épopée lyrique aux accents hip-hop, portée par l’amour et l’ambition, Le Grand Combat est l’histoire magnifique d’un éveil au monde, un formidable message d’espoir.

Notation sur 5

Récit3 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

J’ai beaucoup entendu parlé de son précédent livre « Une colère noire », sans pour autant l’avoir lu. Je remercie Anne et Arnaud, et les éditions Autrement, qui m’ont donné l’occasion de lire « Le grand combat », publié aux États-Unis bien avant celui que nous connaissons déjà.

Dans ce livre, ancré dans les années 80, l’auteur parle autant de lui-même que de son père. Un père érudit, autodidacte qui a fréquenté un temps les Black Panthers. C’est un « personnage » très intéressant, dont on sent l’admiration que lui voue son fils. Il écrit d’ailleurs « Lorsque j’étais enfant mon père était un personnage héroïque à mes yeux. « , p.232

Ta-Nehisi vit dans son ombre et se voit sensibilisé à la cause que défend son père. L’auteur nous raconte son enfance, la place qui est la sienne parmi ses frères et sœurs, issus de différentes unions. Il explique également ce que fut son enfance, lui, un jeune adolescent pas tailler pour « se battre ». Il nous raconte la violence qui règne dans les quartiers où les gangs font la loi et le chemin qu’il a suivi.

Dans les lignes de ce récit initiatique, on sent toute l’émotion qu’y a mis Ta-Nehisi Coates. Il nous apporte un éclairage sur la problématique raciale aux États-Unis dans les années 80, une question complexe encore aujourd’hui. C’est un récit avec des passages forts, mais je regrette de ne pas avoir su apprécier l’ensemble de ce qu’il partage ici. J’ai dû faire des pauses dans ma lecture, et je sentais bien que me replonger n’allait pas être facile. Je garde ce livre pour le relire, dans de meilleurs conditions disons.

 

« Druide », d’Olivier Peru

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1123 après le Pacte. Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien.Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier. Certains voient là l’oeuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses. Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt…

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnagescinq scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

J’avais soif d’imaginaire après ma lecture de Newland et en parcourant ma bibliothèque comportant toute ma PAL, je suis tombée dessus. J’ai eu ce roman il y a des années, dans une offre 2 achetés 1 offert. Je l’avais un peu oublié depuis le temps. Je comptais sur ce livre quand je l’ai ouvert, comme j’ai compté sur celui de Stéphanie Janicot, pour me lancer dans une nouvelle dynamique de lecture pleine de surprise et d’enthousiasme.

Un massacre, une véritable boucherie, a eu lieu dans la forteresse de Wisheneight . Obrigan et ses deux apprentis ont été envoyés pour enquêter sur cet effroyable évènement qui menace la paix entre deux royaumes, celui du Sonrygar et du Rahimir. Des visages arrachés, des torses déchiquetés, une salle à jamais hantée par le sang versé. Mais comment les assassins ont-ils pu entrer et agir dans cette forteresse hautement surveillée ? Une enquête sous haute tension débute pour notre trio. Sous peine de voir la guerre se déclencher sous 21 jours, Obrigan doit fournir la preuve de l’innocence du Rahimir.

Pour moi, ce sont les personnages qui constituent le véritable point fort de ce roman. L’enquête est très intéressante, mais à un moment on arrive à un point où elle piétine, le mobile nous échappe, c’est assez frustrant. Tout d’abord, le rapport entre Obrigan et ses deux apprentis, aux caractères et aptitudes opposées, sont bien développés. Un brin d’humour s’immisce dans les échanges entre ce trio. J’ai adoré Jarekson, le retors prince du Rahimir. Un personnage surprenant du début à la fin par ses multiples facettes.

Olivier Peru nous embarque dans un monde qui a déjà un long passé. Il nous dévoile par divers biais des pans de l’Histoire des deux royaumes. La communauté des druides se compose de quatre ordres : le cerf, le loup, les ombres et corbeaux. Ces ordres ont des fonctions spécifiques. Par exemple seuls les loups peuvent sortir de la Forêt sacrée pour côtoyer les hommes. Les hommes optent tout de suite une attitude respectueuse envers les druides, dont ils respectent le savoir et la sagesse. Je garde en mémoire cette scène très intéressante : quand Tobias, l’apprenti d’Obrigan, rencontre le roi Yllias. Il est forcément impressionner devant ce roi, qui tente de le gagner à sa cause, mais il doit demeurer impartiale. L’enquête et l’ultimatum lancé par Yllias permet de montrer, de développer les raisons de la rivalité, et de la rancœur qui risque de faire voler la paix en éclat. Cela passe forcément par l’Histoire. Tout cela contribue à la richesse de ce roman.

Je recommande fortement ce roman plein de rebondissements, servi par une écriture dynamique et précise. Olivier Peru arrive à nous faire vivre l’histoire, à nous faire sentir la peur , l’horreur de certaines scènes. Je suis ravie d’avoir découvert cet auteur !

 

« Newland » de Stéphanie Janicot

newland-janicotRésumé

Suite aux mesures drastiques prises durant les siècles précédents, l’Europe devenue Newland vit désormais en paix et en harmonie. Chaque citoyen se voit orienté à quatorze ans vers la filière qui correspond le mieux à ses inclinations. Depuis l’enfance, au vu de ses performances, Marian est assurée d’être dirigée vers un domaine intellectuel. Aussi éprouve-t-elle un véritable choc à ne pas y être admise et un sentiment d’injustice qui va la conduire à transgresser les lois de Newland et en découvrir le fonctionnement, au risque de s’y briser.
Roman d’anticipation autant que roman d’apprentissage, Newland nous plonge au coeur des questionnements les plus brûlants qu’Aldous Huxley, avec Le Meilleur des mondes, avait posés en son temps sur notre devenir et sur les dérives qui aliènent, au nom du bonheur et de l’égalité, la notion même de liberté.
Notation sur 5
Intrigue4 scarabees
Personnages4 scarabees
Ecriture4 scarabees

Avis de lecture

J’ai adoré La mémoire du monde, cette œuvre ambitieuse. Voici ce que j’ai écrit à l’époque : C’est pour moi le genre de livre qui marque, un livre dans lequel l’auteure a mis beaucoup d’aventures, de réflexions, de pensées (par là je veux dire que la philosophie est un thème majeur dans ce roman, ainsi il regorge de pensées qui ont trouvé un écho en moi), d’histoire et d’Histoire, que j’ai été emportée, subjuguée (et oui carrément) par l’ensemble. Les trois tomes ont été un vrai régal.

J’ai naturellement été curieuse de découvrir Newland. Stéphanie Janicot prête sa plume à plusieurs genres littéraires : ici la science-fiction et prochainement un thriller que j’ai hâte d’avoir entre mes mains.

Newland se déroule au  au XXIIIè siècle. Newland, c’est une Europe vivant en autarcie. Les frontières sont fermées, le contact avec le reste du monde n’a pas lieu pour le peuple. La vie est stricte et strictement sous contrôle. Les citoyens sont divisés en trois castes. Une certaine égalité, dite parfaite, est appliquée entre chaque personne. C’est un monde assez froid quand même. Les relations entre individus laissent peu de place à l’émotion de manière générale. Les naissances sont artificielles. Les bébés sont conçus grâce à l’ADN de la caste Blanche seulement. Les membres des autres castes sont stérilisés. Les couples de la caste Bleue élèvent les enfants. Les Noirs sont plus autonomes et entreprenants dans leur vie.

Newland se passe en Brittonie. Nous suivons 3 personnages dont la principale est Marian, âgée de 13 ans au début du roman. L’auteur joue aussi sur deux temporalités.  Marian, une jeune fille qui était destinée à être Blanche (donc vivre recluse avec ceux de sa caste dans la Cité des Femmes, donner ses ovocytes, et ainsi perpétuer son ADN) mais, au moment de la sélection, elle est désignée pour être Noire. Perdue, envahie par un sentiment d’injustice et de haine, elle voudra se venger.

Partant de ce désir de vengeance, je vous précise que ce roman nous livre plus de réflexions que d’actions. Marian s’interroge sur la liberté et cette égalité, dite parfaite. Stéphanie Janicot creuse de manière intéressante les arcanes de la société qu’elle façonne, le mode de vie des habitants de Newland et les effets que produit une société totalement aseptisée. Les références au passé sont multiples et j’ai particulièrement apprécié le voyage effectué par Marian dans le passé.

En bref, un nouveau bon moment de lecture avec Stéphanie Janicot. Je me suis délectée des petits détails qui fondent la société de Newland et de ce qui fait que ce roman se situe dans la lignée de celui d’Aldous Huxley.

« Babylone », de Yasmina Reza

babyloneRésumé

Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C’est l’image d’eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l’excitation d’être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d’autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l’infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j’entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l’irrémédiable.

Notation sur 5

Intrigue 2 scarabees

Personnages3 scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

Il a fallu que Yasmina Reza reçoive un prix pour que je la lise. Tout commence par une soirée entre amis dans un petit appartement. On rit, on boit, la soirée prend fin et on se sépare. Ce qui a été intéressant est la manière dont l’auteure présente ce qui lie les personnages les uns aux autres. Avec les voisins, Jean-Lino et Lydie, un couple qui suscite la curiosité, un peu fantaisiste, la soirée semble plus animée. A la lire, j’ai trouvé cette soirée tout de même ennuyeuse et s’il n’y avait pas eu de sursaut dans l’intrigue, ce coup de théâtre, je ne sais pas si j’aurais poursuivi ma lecture.

La suite de l’intrigue, et bien je dois me taire, mais elle est constitué de haut et de bas. Il y a du théâtre dans ce roman, dans la manière dont Yasmina Reza articule son intrigue. Il y a un peu de satire sociale et de roman policier dans ce roman. C’est à ce dernier aspect que j’ai cherché à m’accrocher pour poursuivre ma lecture.

Je ressors de cette lecture étonnée, un brin déçue, de ce prix Renaudot. Un sentiment de déjà-vu entre autre. Je m’attendais à quelque chose de moins facile dans le fond. Je peine à trouver un livre qui m’inspire, m’emporte et cela s’en ressent dans cet article, comme dans le précédent. Malheureusement ce n’est pas avec le roman de Liu Cixin que cela va changer…

« Comme dans un film », de Régis de Sa Moreira

moreiraRésumé

Lui : Je ne la connais pas encore.
elle : Je ne le connais pas encore.
lui : Je me réveille à Paris, en décembre 2005, sans savoir que c’est aujourd’hui que je vais la rencontrer.
elle : S’il savait, peut-être qu’il resterait couché.
lui : Peut-être, oui.
elle : Au lieu de ça, il se lève, il se fait son petit thé vert, nourrit son chat, se demande ce qu’il va faire de sa journée.
lui : C’est samedi

Le roman d’une rencontre, relatée avec humour et tendresse à la manière d’un scénario de film. Le récit évoque l’amour et le couple à l’épreuve du quotidien : la naissance du désir, la passion, l’habitude, la lassitude, la colère, l’aversion, la séparation, la réconciliation, l’enfantement, etc.

Notation sur 5

Intrigue1 scarabee

Personnages1 scarabee

Écriture1 scarabee

Avis de lecture

Ce livre est fait de dialogues, à la manière d’un scénario. Des dialogues rapides entre Lui et Elle. C’est l’histoire de leur rencontre leur histoire, le quotidien et tout ce qui peut rythmer et se passer dans la vie d’un couple. Par moment, le temps d’une phrase, un autre personnage intervient. Cela peut-être une pote, leur mère, un voisin, une personne étrangère au couple qui les a croisé et même un objet comme une télévision.

Cette forme surprend et le jeu de réplique m’a amusée au début. Mais je me suis lassée de ces échanges. Sur la durée, les répliques fusent toujours mais je commençais déjà à décrocher. C’est la forme, d’abord, qui ne m’a pas emportée, et je n’ai pas réussi à apprécier ce couple, ce qu’ils racontent. Que dire de plus, je suis déçue de pas pas l’avoir terminé, mais bon j’ai bien d’autres livres qui m’attendent.