« Harry Potter et l’enfant maudit », de Jack Thorne, J. K. Rowling et John Tiffany

harry-potter-enfant-mauditRésumé

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Quand passé et présent s’entremêlent dangereusement, père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Notation sur 5

Intrigue 3 scarabeeset demi

Personnages 2 scarabees et demi

Écriture 4 scarabees

Avis de lecture

J’ai l’impression qu’un « match » vient de s’ouvrir entre Star Wars et Harry Potter. Deux univers totalement différents refont surface pour la plus grande joie de leurs fans. Et cela risque de durer au moins deux ans.

Harry Potter, je l’ai découvert petite. Être plongée dans cet univers magique a influencé mes lectures adolescentes et je suis une fervente adepte de la littérature fantastique. A l’époque, j’ai dévoré la série de Pullman, celle d’Erik L’Homme (Le livre des étoiles), ou encore les Chroniques de Narnia, de C.S. Lewis. Mon goût pour la SF s’est développé bien plus tard et j’ai découvert Star Wars, il y a moins de 10 ans. De ce « match », je ne manquerai rien.

Alors Harry Potter et l’enfant maudit, la pièce de théâtre que je tarde à chroniquer. Cela fait deux ou trois semaines que je l’ai lu. J’ai des sentiments contradictoires à son sujet, donc au final pas totalement conquise par le résultat.

La forme théâtrale est intéressante. La pièce se lit bien, même si je bute sur certaines phrases (problème de traduction je pense quand je lis par exemple « si je meurs je vais en enfer »). Je l’ai appréhendé comme une suite de Harry Potter, mais j’ai eu tort de la lire de cette façon. En tant que suite, j’ai été déçue de retrouver nos héros si peu crédibles ou effacés. Leur façon de s’exprimer en tant de crise n’est pas crédible au vu des fonctions qu’ils occupent, ni même avec la maturité qu’ils sont censés avoir acquis. Ils ont 37 ans quand même ! Un autre élément m’a surpris autour de Voldemort, mais je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler. Je ne l’attendais pas sur ce terrain-là.

Finalement c’est plus une aventure d’Albus et de Sorpius que nous lisons. J’ai bien aimé les voyages dans le temps, les différents retournements de situation et surtout le rôle de Scorpius dans la pièce. C’est, selon moi, le personnage le plus réussi. Sur la génération des parents, c’est Drago que j’ai trouvé le plus convaincant.

Bon il n’y a pas de grande surprise ou de suspens, mais est-ce bien grave ? Ce livre a pour but de nous replonger dans l’univers fantastique qui nous a bercé tant d’années et, sur ce seul critère, c’est réussi. On retrouve les couloirs de Poudlard, des sortilèges bien connus, etc. Il est tout de même dommage que les auteurs ne nous fournissent pas quelques éléments neufs ou un peu d’originalité. Il ne me reste plus qu’à aller voir le film pour poursuivre cette cure Harry Potter.

Lorsque j’ai fermé ce livre, mon impression première était bonne pour l’intrigue et très mitigée sur le trio Harry-Ron-Hermione. Il est difficile de donner de l’épaisseur à ces personnages que l’on connait si bien, je pense notamment à ce pauvre Ron. Je l’ai trouvé si transparent. Quant à Harry, il a souffert de son enfance chez les Durlsey. Il a porté un sacré poids sur ses épaules depuis qu’il est entré à Poudlard. Lui, le Sauveur, celui qui a vaincu Voldemort. Et il l’a « vaincu » une deuxième fois ! Mais comme il le rappelle volontiers, il ne l’a pas fait seul, il n’aurait pas pu le faire tout seul. Bref, tout cela pour dire que maintenant que le monde magique coule de jours heureux, qu’Harry est marié à Ginny, qu’ils ont 3 enfants, c’est un homme « normal » qui nous est présenté ici. Il a ses fêlures, et à presque 40 ans je me dis que le héros a perdu de sa « superbe », mais après tout pourquoi pas. Ce Harry-là, autocentré, m’a exaspérée tout au long de la pièce, mais après tout, en prenant de la distance je me dis que ça sonne assez juste.

Bref, cette pièce n’est pas vraiment une suite. J’ai tendance à considérer cette pièce comme l’une de ces fan-fictions autour d’Harry Potter.

 

 

« Les Dolce, Sur la route des magiciens, t.1 » de Frédéric Petitjean

dolceRésumé

Les Dolce sont la dernière famille de magiciens au monde. Pas besoin de machines incroyables, encore moins de baguettes magiques ou de balais volants. Les Dolce utilisent cent pour cent des capacités de leur cerveau. Et, surtout, ils sont les gardiens de l’eau pure, qui contient les cellules de toutes les espèces vivantes ou disparues, faune comme flore…
Leur mission : sauver la planète d’une pollution irréversible, orchestrée par les sorciers de la Guilde noire…

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Frédéric Petitjean met en scène les Dolce, alias les Colde, LA dernière famille de magicien au monde. Cette famille se compose des parents Melidiane et Rodolpherus, et de leurs enfants Léa et Antonius. Il y a aussi le  grand-père un brin déjanté Melkaridion, assailli par des trous de mémoire. Toute cette famille plutôt attachante, tente de vivre « normalement » parmi les hommes, comme les hommes, sans faire de vague. Pourquoi sont-ils les derniers ? Pourquoi se dissimulent-ils ? J’ai bien aimé l’univers que créé l’auteur ici, un univers magique qui se dévoile davantage à la fin du livre et qui promet encore de belles découvertes. Pas de baguette magique, de chapeau de sorcier ici, mais des êtres aux capacités hors du commun, doté d’une espérance de vie de plusieurs siècles. Melkaridion, par exemple, est le petit-fils de Merlin, à travers les siècles il a conseillé des rois. Comme toute force du bien, un adversaire cherche à les anéantir et cette menace va bouleverser leur existence qui semblait, cette fois-ci, bien établie.

Très vite, on comprend qu’un dilemme se pose : en tant que magicien, comment s’intégrer durablement ? Pour Léa et Antonius des ados-magiciens, côtoyant des adolescents ordinaires et aspirant aux mêmes choses qu’eux,  ce n’est pas simple. Ils ont beau être des magiciens, les relations entre les membres de cette famille sont soumises aux mêmes règles que nous autres pauvres humains (conflit, problème d’autorité parentale…). Mais, chez les Dolce, les choses prennent des proportions plus grandes. Difficile par exemple lorsque votre mère lit dans vos pensées, ou encore de se construire une vie parce qu’on est obligé de déménager fréquemment.

La lecture est très plaisante, il y a des éléments que je n’évoque pas pour préserver la surprise, mais ce roman plaira clairement aux adolescents à la recherche d’un roman mettant en scène des sorciers et magiciens. Dans le registre littérature de l’imaginaire pour ados, la dystopie est très présente aujourd’hui, alors cela ne fait pas de mal de découvrir une série autour de la magie. A noter que les 2 tomes des Dolce étaient déjà sortis il y quelques années chez un autre éditeur et qu’il s’agit donc d’une réédition,  à l’occasion de la sortie du tome 3.

 

« Une braise sous la cendre », de Sabaa Tahir

une-braise-sous-la-cendre-640961.jpgRésumé

« JE VAIS TE DIRE CE QUE JE DIS À CHAQUE ESCLAVE QUI ARRIVE À BACKCLIFF. LA RÉSISTANCE A TENTÉ DE PÉNÉTRER DANS L’ÉCOLE UN NOMBRE INCALCULABLE DE FOIS. SI TU TRAVAILLES AVEC LA RÉSISTANCE, SI TU CONTACTES SES MEMBRES, ET MÊME SI TU Y SONGES, JE LE SAURAI ET JE T’ÉCRASERAI. »
Autrefois, Érudits et Martiaux vivaient en paix. Mais les soldats ont pris le pouvoir sur les savants et les armes ont remplacé les livres. La loi de l’Empire est implacable : quiconque écrit risque la mort. Pour sauver son frère, Laïa, une Érudite de 17 ans, s’engage comme esclave à l’académie militaire de Backcliff. De son côté, Elias, meilleur soldat de l’académie, est pressenti pour devenir le nouvel empereur. C’est dans cette école-prison que leurs destins se croisent…

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnage4 scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

J’ai lu ce livre sur recommandation et je dois dire que j’ai été agréablement surprise. Pourquoi ? Et bien l’idée de fragmenter la population en  catégorie, comme ici avec les Martiaux, les Érudits , n’est pas neuve et cela m’a suffi à être un brin suspicieuse en ouvrant ce livre.

Mon impression au commencement

Un début pas mal qui nous familiarise avec l’univers, les personnages, notamment Laïa, son lien avec son frère et ce qu’ils ont vécu, ainsi qu’Elias. L’action ne tarde pas à démarrer avec l’arrivée d’un Mask qui est à la recherche d’un carnet. Cette scène est à l’origine de tout ce que va entreprendre Laïa, cette jeune fille partagée entre sa frayeur et sa volonté de sauver son frère.

Ce que j’ai pensé de la trame

Nous suivons l’histoire de Laïa et d’Elias à tour de rôle. Elle intègre la résistance, se voit fixer une mission qui semble impossible : intégrer Backcliff et entrer au service de la Commandante. Lui, est élève de l’école, un des meilleurs pressentis pour devenir le nouvel empereur, mais s’il est au centre de tout c’est bien parce qu’il ne ressemble à aucun des autres Martiaux. A plusieurs reprises, il souhaite fuir l’école sans franchir le pas. Mêler les deux points de vue est intéressant, lui apporte un regard de l’intérieur et le fait qu’il ne se sente pas en phase avec les siens (les méchants de l’histoire quand même !) le rend forcément sympathique à nos yeux. Et Laïa apporte un regard critique, celui de l’asservie qui veut retrouver sa liberté.

Chacun a un but à atteindre, et la façon dont leurs deux histoires se nouent est entraînante. Il y a du rythme et de l’action, le lecteur n’a pas beaucoup de répit et c’est ce qu’on cherche avec ce genre de livre, à être emporté jusqu’à la fin. Outre l’intrigue qui englobe nos héros, il y a aussi un jeu de pouvoir et de manipulation qui les dépasse et qui confère à l’univers plus d’épaisseur. Je suis pressée de voir où va nous emmener l’auteure dans le tome suivant.

Les personnages

Les personnages secondaires sont bien travaillés dans les deux camps. L’auteure prend le temps de dévoiler un peu de leur passé, ou révèle ce qu’ils sont par des actes précis. Certains apportent leur lot de révélation sur la résistance, ou sur les parents de Laïa. L’auteure a su distiller les informations tout au long de son livre et je n’ai pas noter de temps mort dans ma lecture.

Dans ce roman , il était évident pour moi qu’une histoire d’amour allait se produire entre nos deux héros, mais finalement Sabaa Tahir a privilégié un triangle amoureux, faisant de Laïa une fille en proie au doute. D’ailleurs, il n’y en a pas un mais deux triangle amoureux, alors bonne option ? L’idée est bonne pour ne pas tomber dans la facilité du couple Elias-Laïa, mais en même temps le rapprochement soudain avec Keenan m’a , étonnée surprise. Donc impression mitigée pour moi, mais en même temps là n’est pas l’essentiel du roman.

Conclusion

Un roman vraiment sympa, un univers que j’ai envie de retrouver. Ce livre constitue une bonne base pour plusieurs tomes, mais pour découvrir la suite il faudra attendre la fin de l’année apparemment.

« U4 – Stéphane », de Vincent Villeminot

STEPHANERésumé

Stéphane vit à Lyon avec son père, un éminent épidémiologiste. Si des adultes ont survécu, son père en fait partie, elle en est convaincue. Alors elle refuse de rejoindre le R-Point, ce lieu où des ados commencent à s’organiser pour survivre. Elle préfère attendre seule, chez elle, que son père vienne la chercher. Et s’il ne le fait pas ? Et si les pillards qui contrôlent déjà le quartier débarquent avant lui ? Tout espoir s’écroulera, à l’exception d’un seul : un rendez-vous fixé à Paris…

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages cinq scarabees

Écriture 4 scarabees

Avis de lecture

J’ai précédemment lu Jules, de Carole Trébor, et si mon choix s’est porté sur Stéphane pour poursuivre la série, c’est son caractère, cet aperçu de son histoire qui m’a décidé.

Mon avis au commencement

Stéphane est à Lyon, seule dans l’appartement de son père. Elle attend. Elle espère son retour, et si elle fréquente un R-point pour se procurer de la nourriture, elle ne compte pas quitter l’appartement. Dans ce chaos, un semblant de routine s’installe, mais quand le chaos s’installe tout peu basculer, et c’est ce qui va arriver à Stéphane d’une terrible façon. Un début accrocheur qui laisse présager de bons rebondissements !

Ce que j’ai pensé de la trame

Si Jules était plus accès sur la survie dans ce nouveau monde, les dérives de ce nouveau système, et le choix de l’intégrer ou non, ici c’est sous un autre angle que nous abordons l’univers U4. Stéphane est la fille d’un épidémiologiste. Elle-même semble plutôt calée en la matière. Ainsi l’enjeu est de comprendre le virus et surtout de trouver un traitement possible.

J’avais déjà dit dans le précédent article consacré à cette série, qu’il y a un tronc commun, mais ce qui compte également c’est le récit du parcours d’un personnage : ici celui de Stéphane. Elle fait très vite preuve d’une force de caractère, d’une indépendance, cela la rend très intéressante. J’ai suivi avec beaucoup de plaisir l’évolution de sa situation, avec ce qu’elle comporte de drames, de rebondissements. Et WOT dans tout ça ? On le sait avant même d’avoir commencé ce livre : Stéphane va rallier Paris. C’est le comment qui est important et le pourquoi. Je vous l’ai dit au début, Stéphane veut retrouver son père, elle reste persuader qu’il ne l’a pas abandonné, aussi ce voyage n’est pas sans espoir pour elle. Il reste à savoir que ce voyage, de Lyon à Paris, sera long et éprouvant.

Conclusion

Stéphane c’est donc un roman riche, qui se lit d’une traite. Une nouvelle fois, je souligne la justesse du ton et des personnages. Enfin, lire une 2e roman de la série U4 signifie recroiser Jules, mais aussi Yannis que l’on savait déjà très lié à Stéphane (je n’en ai pas parlé ici, mais il a un grand rôle dans ce roman) et Koridwen. Cela signifie relire des scènes sous un autre angle. Le résultat est que les deux livres lus s’imbriquent parfaitement.

Sortie : août 2015

« U4 – Jules », de Carole Trébor

U4-julesRésumé

Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriture cinq scarabees

Avis de lecture

Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas plongée dans un roman d’ados. J’ai été tentée par les Hunger Games, mais j’ai privilégié d’autres lectures. Ici ce qui m’a attirée c’est le concept : 4 livres par 4 auteurs dans un même univers. Les 4 livres constituant la série U4, sont sortis en même temps. Alors je parle du livre et non de tome, parce qu’il n’y a pas d’ordre conseillé pour les lire. Chacun se complète en adoptant des points de vue différents. Si un livre semble se suffire à lui-même, je suis curieuse de poursuivre avec les autres, mais j’y reviendrai.

Mon impression au commencement

Jules est cloitré dans l’appartement familial, seul avec son chat, sans nouvelle de son frère, de ses parents. De la fenêtre de chez lui, un décor apocalyptique, des corps et des rats partout, jusque dans son immeuble. Jules se pose beaucoup de questions, mais n’obtient pas de réponse. Le manque de nourriture l’oblige à s’aventurer dans Paris, devenu une ville fantôme. Dès le début, on devine que Jules est un gamer et pour faire face à cette situation apocalyptique, endosser l’identité de son avatar Spider snake, l’aide un peu. En quelques jours, Jules, sa vie a basculé et il se retrouve même avec une petite fille sur les bras. Tout cela pour dire que dans ce récit à la 1ère personne, on entre très bien dans le livre et dans la tête de Jules.  Ce début pose aussi des questions, sur les raisons de cette apocalypse par exemple.

Ce que j’ai pensé de la trame

Nous suivons Jules et nous le voyons mûrir, prendre sa place au sein d’un groupe d’ados ayant décidé de survivre en dehors des R-point prévu par l’armée pour abriter les survivants. Ce tome-ci est très accès sur la survie : les missions de ravitaillement, les conflits avec d’autres bandes armées, ou même avec les militaires, bref, le livre ne manque pas d’action.

Il y a cela et il y a aussi ce qui constitue le tronc commun avec les 3 autres livres, puisqu’en effet nous rencontrons Koridwen, Yannis et Stéphane à différentes reprises. Le premier contact n’est pas forcément amical, mais très vite ils se rendent compte que leur présence à Paris n’a rien d’un hasard, mais je n’en dis pas plus… Du coup, pour moi qui vient d’entamer la série avec Jules, j’ai un aperçu de la personnalité des autres, leur histoire est amorcée, ce qui fait que j’ai bien envie d’en lire un autre. Mon choix se porte sur Stéphane.

Mais ce qu’il ne faut pas oublier c’est que ce livre même s’il fait partie d’un tout, nous restitue avant tout l’histoire de Jules. Comment a-t-il vécu cet apocalypse, le fait d’être seul livré à lui-même durant les premiers jours de l’épidémie. Comment cet ado, souvent en proie au doute, qui se réfugiait derrière son écran s’est peu à peu métamorphosé, même si le gamer n’est jamais loin. La plume de Carole Trébor est tantôt sensible, tantôt vive. Elle accorde beaucoup d’importance aux ressenti et aux pensées de son personnage, j’ai bien aimé cela.

Conclusion

Carole Trébor donne une voix et un ton juste à son personnage, et les doutes, les peurs qui le traverse le rende plus sympathique, disons. Voilà donc un bon divertissement qui m’a emportée jusqu’à la fin, porté par une écriture efficace dans l’ensemble. A suivre : la lecture de Stéphane, de Vincent Villeminot.

Sortie : août 2015

« Le cafard de Martin Heidegger », de Yan Marchand, illustré par Mathias Arégui

cafard heideggerRésumé

Un petit cafard angoissé nommé Martin part à l’aventure dans le corps de Heidegger. Sur les bords du rein, dans un univers de côtes et de chair peuplé par des fourmis fanatiques, des machines devenues folles et des vers poètes, qui saura lui dire pourquoi il existe ?

Notation sur 5

Récit 4 scarabees

Illustrationcinq scarabees

logo coup de coeur

Avis de lecture

J’avais repéré cette collection depuis quelques temps, mais j’avoue avoir été freiné par le prix. J’aimerai lire davantage de livre de philo, et commencer par des ouvrages accessibles pour me permettre d’avoir des connaissances de base. Bref, je suis ravie d’avoir eu l’opportunité de découvrir un titre de cette collection grâce à Babelio. Merci à eux et aux éditions Les petits Platons.

Ma première impression est très positive en parcourant le livre qui est pourvu de très bon dessins d’ailleurs. Le concept est sympa pour appréhender la philosophie, ici la philosophie existentialiste de Heidegger.

Nous suivons donc Martin, un cafard qui au fil de ses rencontres va réussir à trouver des réponses aux questions qu’ils se posent sur l’existence, sa condition d’être destiné à mourir, sur le sens de son existence. Il croise un escargot nommé Épicure, je vous laisse deviner sa propre philosophie, ou une bande de fourmis à faire froid dans le dos, il va même parler avec Heidegger lui-même. Martin tente par exemple de prendre pour sienne celle des fourmis. Une vie en collectif, un sentiment patriotique exacerbé, dans lequel notre personnage se sent utile. On remarque très vite le décalage, Martin reste dans le « je », l’individu, et ne se retrouve pas dans le « on » des fourmis. Il se révolte contre ça.

Bref, Martin est confronté à diverses conceptions de l’existence, c’est une sorte de parcours initiatique pour lui. Pour nous, sous ses airs de contes, on trouve dans ce livre une introduction à la philosophie de Heidegger. Je vais juste me permettre une petite remarque : j’ai trouvé dommage que le livre ne comprenne pas à la fin une courte bio du philosophe, ou une bibliographie pour ceux qui veulent approfondir sans savoir vers quoi se diriger. J’ai été séduite par ce livre et je vais m’en procurer d’autres, peut-être « Kierkegaard et la sirène » (j’ai lu le Journal d’un séducteur au lycée, j’en garde un bon souvenir) ou ceux sur Socrate. Affaire à suivre…

Parution : décembre 2011

 

 » Sektion 20 « , de Paul Dowswell

sektion 20Résumé

Berlin-Est, 1972. Alors que la guerre froide est à son apogée, la famille Ostermann vit cloîtrée dans cette ville coupée en deux. Censé être un élève modèle de la République démocratique allemande, le jeune Alex a de plus en plus de mal à cacher son attrait pour la culture et la musique de l’Ouest. Et la Stasi, la police secrète, le surveille de près…
Ce passionnant récit d’aventures nous plonge en pleine guerre froide, quand le rock de l’Ouest franchit le Mur pour délivrer son message de liberté.

3 scarabees

Avis de lecture

Le roman tourne notamment autour d’Alex, un ado rebelle pour son entourage. En effet, il n’est pas bon d’avoir les cheveux un peu trop long, d’écouter du rock et de la musique venant de l’ouest lorsque l’on vit en RDA. Alex n’est pas un jeune homme modèle selon les critères en vigueur, d’autant qu’il ne fait pas parti de la jeunesse libre allemande, qu’il ne présente pas le profil d’un membre utile et productif de la RDA. Lui et sa sœur Geli sont vite considérés comme contaminés et mis sous étroite surveillance. Osterman père, membre fidèle du Parti tente de remettre son fils dans le droit chemin, mais en vain, Alex continue à rêver de liberté, et songe même à franchir le mur…

Je ne vous en dis pas trop sur l’intrigue, mais ce roman s’avère véritablement intéressant d’un point de vue historique puisqu’il développe dans un premier temps la vie en RDA, la pression constante qui s’instaure au sein de la famille Osterman, le rôle de la stasi, etc. Dans un deuxième temps, c’est le regard d’ex-habitants de la RDA sur la vie en RFA, avec tout ce que cela comporte d’aspects positifs et négatifs pour eux. On apprécie le regard pleins d’espoir, le souffle de liberté qui se dégage des personnages. Ce roman porte également une certaine tension, dû de prime abord à la surveillance de la stasi, mais pas seulement… Ce roman pour ados a vraiment de quoi plaire !

 » Ferrailleurs des mers « , de Paolo Bacigalupi

Ferrailleurs des MersRésumé

Fin du XXIème siècle, ère post-pétrole, les Etats-Unis sombrent dans le tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres adolescents les carcasses de vieux pétroliers pour récupérer des métaux qu’ils revendent pour survivre. Mais un jour, il découvre un voilier naufragé ultramoderne qui renferme des richesses phénoménales et une belle jeune fille en très mauvaise posture. Nailer va-t-il la sacrifier pour partager le trésor avec les siens, ou la sauver et vivre les aventures maritimes dont il rêve depuis toujours ?

4 scarabees

 

Avis de lecture

Je remercie Anne et Arnaud ainsi que les éditions Au diable Vauvert de m’avoir permis de lire ce roman pleins d’aventures. Je connaissais l’auteur de nom par son précédent livre « La fille automate », même si je n’ai pas eu l’occasion de le lire. Lire son deuxième roman m’a tentée, même s’il est estampillé roman jeunesse, car je ne doutais pas qu’il avait crée un univers fort complet et original. Et de ce côté là je ne fut pas déçue. Le premier chapitre nous amène directement au côté de notre héros, Nailer. Il nous embarque dans un univers particulier, avec ses codes, son vocabulaire et ses croyances aussi. Nailer, jeune garçon (13 ou 14 ans je crois) fait parti des Légers, une équipe composée d’enfants, chargée de désosser de vieux navires pour en rapporter du cuivre, qui est ensuite revendu. C’est un univers impitoyable qui est nous est dévoilé dans les 5 premiers chapitres. Ce qui compte, c’est de survivre et les enfants sont vite propulsés dans ce monde d’adulte dur où, sans protecteur, il ne fait pas bon de vivre. Ce sont justement ces conditions de vie difficiles qui fait que l’on s’attache à Nailer. Depuis la mort de sa mère, la vie n’est pas rose pour lui et il subit les comportements lunatiques et violents de son père. Son temps, il le partage donc surtout avec son équipe et notamment Pima, la chef d’équipe, qui peut s’apparenter à une grande soeur pour lui.

Après nous avoir installé dans ce milieu, l’auteur passe à l’action. La tempête est fini, Nailer et Pima découvre un clipper échoué. Rappelez-vous c’est la loi du plus fort, alors quand ce bateau pleins de richesse apparait, il ne songe qu’à cacher le butin. Hors à son bord, une fille de riche est encore vivante et Nailer refuse de la tuer. Mais les ennuis commence alors que Richard Lopez et sa bande découvre le bateau puis l’endroit où se cache son fils Nailer, Pima et la jeune survivante. Lorsque l’on apprend réellement les origines de Nita et le fait qu’elle se trouve au coeur d’un conflit, les choses se compliquent encore.

C’est le début de l’aventure, on ne s’ennuie pas un instant. Nos personnages s’en remettent à la chance et au Destin, les seuls dieux admis dans ce monde hostile. Car s’il y a bien une chose que comprennent les ferrailleurs et ceux vivant dans les bidonvilles, ce n’est pas par le travail que l’on améliore sa vie, c’est avec de la chance et le Destin que l’on saisit lorsqu’il se présente. Il se trouve que Nailer a de la chance à revendre justement. J’ai vraiment aimé suivre la fuite de Nailer et Nita, qui du coup nous amène à en savoir plus sur le monde dans lequel ils vivent, un monde où la misère et la richesse se frôlent mais ne se mélangent pas. Par contre, j’ai eu du mal à apprécier le personnage de Nita, parfois très hautaine, mais aussi menteuse et fausse avec ceux qui l’ont sauvée. Mais au contact de Nailer, le coeur sur la main, on sent qu’elle change.

Ce livre mérite qu’on en parle. L’auteur m’a emportée dans son univers atypique et son écriture très vive, fait que j’ai eu du mal à lâcher ce roman. J’ai aussi apprécié la maturité de ces jeunes personnages, forcée par le monde dans lequel ils vivent.

A noter qu’en octobre 2013, sort Les cités englouties, la suite de Ferrailleurs de mers. Il est présenté comme une suite, mais le résumé que j’en ai vu ne mentionne pas Nailer ou Nita, alors je me demande si ce livre n’est pas destiné à approfondir l’univers crée par l’auteur. Affaire à suivre…