« Druide », d’Olivier Peru

druide_oliver_peru_livre_de_pocheRésumé

1123 après le Pacte. Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien.Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier. Certains voient là l’oeuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses. Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt…

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnagescinq scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

J’avais soif d’imaginaire après ma lecture de Newland et en parcourant ma bibliothèque comportant toute ma PAL, je suis tombée dessus. J’ai eu ce roman il y a des années, dans une offre 2 achetés 1 offert. Je l’avais un peu oublié depuis le temps. Je comptais sur ce livre quand je l’ai ouvert, comme j’ai compté sur celui de Stéphanie Janicot, pour me lancer dans une nouvelle dynamique de lecture pleine de surprise et d’enthousiasme.

Un massacre, une véritable boucherie, a eu lieu dans la forteresse de Wisheneight . Obrigan et ses deux apprentis ont été envoyés pour enquêter sur cet effroyable évènement qui menace la paix entre deux royaumes, celui du Sonrygar et du Rahimir. Des visages arrachés, des torses déchiquetés, une salle à jamais hantée par le sang versé. Mais comment les assassins ont-ils pu entrer et agir dans cette forteresse hautement surveillée ? Une enquête sous haute tension débute pour notre trio. Sous peine de voir la guerre se déclencher sous 21 jours, Obrigan doit fournir la preuve de l’innocence du Rahimir.

Pour moi, ce sont les personnages qui constituent le véritable point fort de ce roman. L’enquête est très intéressante, mais à un moment on arrive à un point où elle piétine, le mobile nous échappe, c’est assez frustrant. Tout d’abord, le rapport entre Obrigan et ses deux apprentis, aux caractères et aptitudes opposées, sont bien développés. Un brin d’humour s’immisce dans les échanges entre ce trio. J’ai adoré Jarekson, le retors prince du Rahimir. Un personnage surprenant du début à la fin par ses multiples facettes.

Olivier Peru nous embarque dans un monde qui a déjà un long passé. Il nous dévoile par divers biais des pans de l’Histoire des deux royaumes. La communauté des druides se compose de quatre ordres : le cerf, le loup, les ombres et corbeaux. Ces ordres ont des fonctions spécifiques. Par exemple seuls les loups peuvent sortir de la Forêt sacrée pour côtoyer les hommes. Les hommes optent tout de suite une attitude respectueuse envers les druides, dont ils respectent le savoir et la sagesse. Je garde en mémoire cette scène très intéressante : quand Tobias, l’apprenti d’Obrigan, rencontre le roi Yllias. Il est forcément impressionner devant ce roi, qui tente de le gagner à sa cause, mais il doit demeurer impartiale. L’enquête et l’ultimatum lancé par Yllias permet de montrer, de développer les raisons de la rivalité, et de la rancœur qui risque de faire voler la paix en éclat. Cela passe forcément par l’Histoire. Tout cela contribue à la richesse de ce roman.

Je recommande fortement ce roman plein de rebondissements, servi par une écriture dynamique et précise. Olivier Peru arrive à nous faire vivre l’histoire, à nous faire sentir la peur , l’horreur de certaines scènes. Je suis ravie d’avoir découvert cet auteur !

 

« Newland » de Stéphanie Janicot

newland-janicotRésumé

Suite aux mesures drastiques prises durant les siècles précédents, l’Europe devenue Newland vit désormais en paix et en harmonie. Chaque citoyen se voit orienté à quatorze ans vers la filière qui correspond le mieux à ses inclinations. Depuis l’enfance, au vu de ses performances, Marian est assurée d’être dirigée vers un domaine intellectuel. Aussi éprouve-t-elle un véritable choc à ne pas y être admise et un sentiment d’injustice qui va la conduire à transgresser les lois de Newland et en découvrir le fonctionnement, au risque de s’y briser.
Roman d’anticipation autant que roman d’apprentissage, Newland nous plonge au coeur des questionnements les plus brûlants qu’Aldous Huxley, avec Le Meilleur des mondes, avait posés en son temps sur notre devenir et sur les dérives qui aliènent, au nom du bonheur et de l’égalité, la notion même de liberté.
Notation sur 5
Intrigue4 scarabees
Personnages4 scarabees
Ecriture4 scarabees

Avis de lecture

J’ai adoré La mémoire du monde, cette œuvre ambitieuse. Voici ce que j’ai écrit à l’époque : C’est pour moi le genre de livre qui marque, un livre dans lequel l’auteure a mis beaucoup d’aventures, de réflexions, de pensées (par là je veux dire que la philosophie est un thème majeur dans ce roman, ainsi il regorge de pensées qui ont trouvé un écho en moi), d’histoire et d’Histoire, que j’ai été emportée, subjuguée (et oui carrément) par l’ensemble. Les trois tomes ont été un vrai régal.

J’ai naturellement été curieuse de découvrir Newland. Stéphanie Janicot prête sa plume à plusieurs genres littéraires : ici la science-fiction et prochainement un thriller que j’ai hâte d’avoir entre mes mains.

Newland se déroule au  au XXIIIè siècle. Newland, c’est une Europe vivant en autarcie. Les frontières sont fermées, le contact avec le reste du monde n’a pas lieu pour le peuple. La vie est stricte et strictement sous contrôle. Les citoyens sont divisés en trois castes. Une certaine égalité, dite parfaite, est appliquée entre chaque personne. C’est un monde assez froid quand même. Les relations entre individus laissent peu de place à l’émotion de manière générale. Les naissances sont artificielles. Les bébés sont conçus grâce à l’ADN de la caste Blanche seulement. Les membres des autres castes sont stérilisés. Les couples de la caste Bleue élèvent les enfants. Les Noirs sont plus autonomes et entreprenants dans leur vie.

Newland se passe en Brittonie. Nous suivons 3 personnages dont la principale est Marian, âgée de 13 ans au début du roman. L’auteur joue aussi sur deux temporalités.  Marian, une jeune fille qui était destinée à être Blanche (donc vivre recluse avec ceux de sa caste dans la Cité des Femmes, donner ses ovocytes, et ainsi perpétuer son ADN) mais, au moment de la sélection, elle est désignée pour être Noire. Perdue, envahie par un sentiment d’injustice et de haine, elle voudra se venger.

Partant de ce désir de vengeance, je vous précise que ce roman nous livre plus de réflexions que d’actions. Marian s’interroge sur la liberté et cette égalité, dite parfaite. Stéphanie Janicot creuse de manière intéressante les arcanes de la société qu’elle façonne, le mode de vie des habitants de Newland et les effets que produit une société totalement aseptisée. Les références au passé sont multiples et j’ai particulièrement apprécié le voyage effectué par Marian dans le passé.

En bref, un nouveau bon moment de lecture avec Stéphanie Janicot. Je me suis délectée des petits détails qui fondent la société de Newland et de ce qui fait que ce roman se situe dans la lignée de celui d’Aldous Huxley.

« Brume de cendres », de Dominique Douay

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Au sein de la Protée coexistent des milliards et des milliards d’avatars de la Terre et le Livre est à la fois la mémoire de la Protée et le moyen, grâce aux marque-pages, de parcourir cette mémoire, et peut-être de passer réellement d’une Terre à l’autre.

Mais une menace existe : les Nuées, qui reviennent à intervalles réguliers détruire des pans entiers de la Protée et qui gagnent en puissance à chaque nouvel assaut.

Un espoir existe cependant : sur une Terre en voie d’anéantissement, un groupe d’humains parvient à résister grâce à d’étranges pouvoirs. Parmi eux, un garçon, Bajo, dont la particularité est de pouvoir se déplacer à l’intérieur de la Protée et qui, au hasard de ses voyages, devra incarner des personnages fort différents, de liquidateur de vieux à rock-star adulée des foules. En passant bien sûr par sauveur de mondes.

Dans la foulée de La Fenêtre de Diane, Dominique Douay confirme son retour en force au sein de l’imaginaire, avec un nouveau roman vertigineux.

Notation sur 5

Intrigue3 scarabees et demi

Personnages3 scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

 Dominique Douay m’a fait forte impression avec « L’impasse-temps ». Je vous renvoie à l’article que j’ai rédigé. Le sujet classique des voyages dans le temps est traité de façon original, le traitement est déroutant, mais j’ai bien aimé.

Ici, Dominique Douay propulse le lecteur dans un univers dans lequel j’ai eu du mal à m’y retrouver au début : la Protée. La Protée se constitue des Terres possibles dans plusieurs espace-temps. Le Livre est la mémoire de la Protée et un moyen de parcourir cette mémoire. La Protée est menacée par les Nuées ou brume des cendres. Un menace qui demeure flou, qui n’a pas de forme, mais elle dévore les mondes qui composent la Protée.

Dominique Douay fait une nouvelle fois preuve d’une formidable imagination en nous dévoilant plusieurs mondes, parfois assez fous. Mais je n’en attendais pas moins de l’auteur qui bouscule le lecteur en nous amenant là où on ne s’y attend pas. Je regrette juste le manque d’explication qui crée de la confusion. Je regrette aussi que la dynamique enclenchée par l’auteur n’aboutisse pas, c’est du moins le sentiment que j’ai eu.

Je m’explique. Un groupe doté de pouvoir, nommé l’Heptadécagone, est introduit comme le seul espoir de contrecarrer l’avancée des Nuées. Dans ce groupe se trouve Bajo, un jeune homme qui a la particularité de pouvoir voyager à travers la Protée, mais lorsqu’il se déplace, tout le groupe également. Seulement, ils sont éparpillés à travers la Terre. C’est Bajo, sous plusieurs identités, que nous suivons, mais l’étiquette de sauveur du monde n’aboutit finalement à rien. Je suis restée sur ma faim. Et cette soudaine histoire d’amour, avec Mareva, prend plus de place que l’intrigue initiale, qui est la menace des Nuées. C’est dommage, d’autant que beaucoup de questions restent en suspens.

Il y a de très bonnes choses dans ce roman, mais la fin m’a tout de même frustrée. Ce n’en ai pas vraiment une d’ailleurs. Quoi qu »il en soit, je suis curieuse d’approfondir l’univers, si j’en ai l’occasion, avec « La fenêtre de Diane ».

 

« La Cité », de Stella Gemmell

la citéRésumé

Construite sur des milliers d’années, faite d’une multitude de niveaux, la Cité est aussi vaste qu’ancienne et en son cœur réside le sanguinaire Empereur. Une poignée de rebelles espérant mettre fin à ce règne de terreur placent leurs espoirs en un homme, dont le nom sonne comme une légende : Shuskara. Celui qui fut autrefois le général favori de l’Empereur. Un homme respecté, capable de provoquer un soulèvement et d’unir la Cité. Mais aussi un criminel trahi, emprisonné et torturé avant de disparaitre

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnagescinq scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

Stella Gemmell nous livre ici un vaste roman dense et passionnant. Le résumé en 4e de couverture que vous avez lu plus haut fait été d’une partie du roman seulement et ne rend pas hommage à d’autres personnages tout aussi cruciaux et intéressants que Shuskara. Je cite, par exemple, Indaro, une guerrière impitoyable, ou encore Fell, que Shuskara avait pris sous son aile avant d’être accusé de trahison.

La première partie du livre, celle qui est peut-être la moins rythmée du roman, nous présente une partie de la fameuse Cité. Elle se dévoile par ses égouts, ses halls souterrains habités par des pauvres, des fuyards. C’est un lieu obscur, dangereux, dans lequel le mot survivre prend son sens. Cette première partie pose tout de même des questions quand à l’état des fondations de la Cité et leur solidité, cela en parallèle à l’état du pouvoir actuel, c’est-à-dire celui de l’empereur.

Qu’en est-il d’ailleurs de lui et de son autorité ? Il faut savoir que la Cité est en état de guerre permanent contre tout le monde, ce qui est abordé dans la deuxième partie du roman. Les morts sont multiples dans son armée, la population, aussi bien les hommes que les femmes sont mobilisés. L’Empereur semble régner en tout-puissant sur la Cité, mais un grand mystère l’entoure. Nous savons seulement qu’il s’appelle Araeon, le mystère est entretenu autour de son âge, de son visage. On sait que de nombreux sosies le représentent, parce qu’il est la cible de nombreuses tentatives d’assassinats. J’ai adoré ce que Stella Gemmell nous réserve sur l’empereur et certaines personnes de son entourage.

La rébellion est au centre du livre mais après quelques centaines de pages tout de même, le temps que l’auteure en installe les divers protagonistes. La première fois, elle est juste évoquée, la deuxième fois c’est aux environs de la page 410 et les choses semblent sur le point de se concrétiser. Quand au rôle de Shuskara, j’avoue qu’il est moins imposant que je ne l’imaginais.

Dans ce livre, il y a la guerre, la rébellion, mais il y a aussi la force du lien qui unit un frère et une sœur séparés ou encore une fille à son père adoptif. Par exemple, dès les premières pages du livre, le lecteur fait la connaissance d’Elija et de sa sœur Emly. Tous deux vivent dans les bas-fonds de la Cité et se retrouvent séparés suite à de terribles inondations. Elija a survécu et grandi loin de la Cité, sans avoir si sa sœur a survécu. Idem pour Emly, à ceci près qu’elle a grandi sous la protection d’un père adoptif au cœur de la Cité. La force des personnages, les destins que l’on suit, où les passés que l’auteure nous dévoile m’ont beaucoup plu et donnent plus de force encore au roman.

Il faut un peu de temps pour que chaque pièce se mette en place dans ce roman, mais  ne lâchez pas ce livre après 100 ou 200 pages. Ce que l’auteure nous réservent vaut la peine de poursuivre, c’est sûr !

Date : juin 2016

Titre original : The City

« Le jeu de l’assassin », Amy Raby

Le-Jeu-de-lAssassin_8208Résumé

Vitala Salonius est un assassin surentraîné et une femme aussi attirante que dangereuse œuvrant pour la libération de son peuple. Sa mission : séduire l’empereur avant de lui porter le coup fatal.
Dirigeant d’un pays au bord du chaos, Lucien Florian Nigellus ne baisse jamais sa garde. Sa vie étant menacée à chaque instant, il ne peut se le permettre, même devant cette éblouissante courtisane de passage au palais. Pourtant, Vitala pourrait bien le distraire un instant de ses préoccupations – et combler d’autres besoins…
Un assassin n’a pas le droit de succomber à sa proie, Vitala le sait depuis l’enfance.
Or Lucien ne ressemble pas au tyran sanguinaire qu’elle s’est imaginé. Prise entre ses convictions et un sentiment plus trouble, Vitala hésite. À qui ira sa loyauté ?

Notation sur 5

Intrigue3 scarabees

Personnages 3 scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

Ce roman s’inscrit dans une trilogie, mais on peut aussi bien le lire seul. Dans Le jeu de l’assassin, c’est Vitala qui est au cœur de l’intrigue. Dans L’honneur de l’espion, c’est Rhianne, la cousine de l’empereur Lucius. Elle apparait dans Le jeu de l’assassin. Et enfin dans le dernier La flamme du prince, c’est Céleste la sœur de Lucius qui est au centre du roman. Trois femmes, trois personnages évoluant dans un même univers, qui devrait s’enrichir au fil des livres.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de la fantasy. Le résumé m’a plu, ma seule crainte était que le roman dérive trop vers quelque chose de sentimental. La mission de Vitala est en effet de séduire l’empereur, et la quatrième de couverture fait état d’ « une histoire captivante d’un assassin tombé amoureux de sa cible« . Une histoire d’amour entre l’assassin et sa cible, c’est plutôt facile, classique même. Mais je me suis laissée porter par l’intrigue en appréciant davantage l’univers que crée l’auteur, quand je me plonge dans un roman de fantasy c’est ce qui m’importe. Pour clore sur la dimension sentimentale du roman, il est clair que ce livre est destinée à des lectrices, mais cette histoire d’amour, toute torride qu’elle puisse être annoncée, ne vous fera pas frissonner, tout ce qui arrive est du registre du prévisible.

Dans l’univers qu’Amy Raby crée, elle attache beaucoup d’importance à un jeu de stratégie qui ressemble aux échecs ( le caturanga) jeu favori de Lucius. C’est d’ailleurs grâce à ce jeu que Vitala est mise en relation à Lucius. On croise plusieurs sortes de mages, tels que les mages de guerre, ou encore des guérisseurs. Bref un univers magique intéressant, un peuple asservi, un groupe cherchant à renverser l’empereur, une trahison, de quoi concevoir un roman rythmé, et il l’est.

Ce n’est pas un roman facile à défendre dans le sens ou il y a du bon et la plume est dynamique. Mais la romance est trop présente à mon goût. Cela me laisse l’impression d’avoir lu un roman sentimental, plus que de la fantasy. J’hésite à lire un autre tome, peut-être le 2e L’honneur de l’espion, j’ai bien aimé Rhianne. Enfin, ce ne sera pas pour tout de suite.

Date : janvier 2016

Titre original : Assassin’s Gambit

« Le bâtard de Kosigan, Le fou prend le roi », de Fabien Cerruti

batard de kosiganRésumé

1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.
Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout, pourrait bien se muer en talon d’Achille.
Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnagescinq scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

C’est toujours pareil avec les 2e tome lorsqu’ils sortent 1 an après, il faut se remettre en mémoire le précédent et ce n’est pas toujours facile. Ici, ce fut surtout le cas au sujet de l’intrigue mettant en scène le descendant de Kosigan au XIXe siècle, mais heureusement l’auteur a écrit un glossaire des personnages qui m’a permis de m’y retrouver.

Mon avis au commencement

L’action prend vite et je retrouve avec plaisir Kosigan, un mercenaire qui se met au service des puissants de son époque. Ici, le voilà qui vient au secours d’une demoiselle en détresse, enfin une détresse qui devait être bien mise en scène, mais tout tourne mal. Les plans sans accroc, ça n’existe pas avec Kosigan et j’aime bien ça.

Ce que j’ai pensé de la trame

La trame, bien que se déroulant sur 10 jours seulement, est complexe, composée de plusieurs fils qui se croisent, s’entrecroisent, ce qui conduit parfois notre héros vers des situations compliquées et c’est bien tout ce qui fait le charme de ce roman. Ça et le style de l’auteur, précis dans ses descriptions, à l’aise pour retranscrire les scènes d’actions, nous dévoilant les pensées de son héros, etc.

Kosigan est d’abord au service du roi d’Angleterre Edward III, puis se retrouve également au service du roi de France pour découvrir qui a tué son fils et héritier du trône Jean. Bon, c’est la raison officielle, mais Kosigan a toujours une idée derrière la tête et c’est aussi un moyen de mieux exécuter sa mission pour le roi d’Angleterre. Il est donc au service de deux royaumes ennemis et actuellement en guerre. Mais voilà, l’enjeu de ceux sur quoi enquête notre mercenaire dépasse tout ce qu’il pensait. Au delà de la lutte de pouvoir entre deux rois, c’est la lutte des forces magiques sombres et anciennes pour demeurer en ce monde. C’était déjà le cas dans le précédent tome, et je le redis ici, j’aime beaucoup cette idée de revisiter l’histoire du moyen-âge de cette manière.

D’ailleurs, cette idée d’un moyen-âge emprunt de magie et de créatures légendaires n’est pas sans intriguer nos personnages officiant au XIXe siècle. Pour cette partie du roman, j’ai dû me faire une piqûre de rappel en feuilletant le précédent tome, lu il y a un peu plus d’un an, je crois. Et que de questions encore sans réponses. L’auteur prend son temps et ce qu’il nous dévoile n’est pas suffisant à satisfaire mon appétit de lectrice. Il reste encore beaucoup de zones d’ombre autour de l’héritage perçu par le descendant de Kosigan, et la finalité de tout cela aussi reste encore mystérieuse.

Les personnages

Dans le tome 1, la nature de Kosigan est une énigme. Humain certes, mais pas complètement. J’avais espéré de vrais réponses, mais le mystère demeure encore. En dehors de cela, on retrouve un personnage égal à lui-même, un personnage que j’aime beaucoup. Une très bonne chose aussi est qu’il gagne aussi un peu en profondeur. On en apprend davantage sur son enfance notamment.

Deux de ses loups prennent aussi plus d’ampleur. Dùnevia par exemple, qui a le talent de se métamorphoser, un bon personnage pour lequel j’ai eu peur à plusieurs reprises…

Au sujet de Michaël Konnigan, dans le coma, il est donc absent du récit, mais deux de ses amis poursuivent l’enquête autour de l’héritage et poursuive la lecture des écrits de l’ancêtre Kosigan. Sur eux, on n’en sait le minimum, ce qui compte au final c’est ce sur quoi il enquête.

Conclusion

Une très bonne suite, et je désespère à l’idée d’attendre encore un an avant la suite, parce que d’ici là, j’en aurais oublié des choses… Il faudra à nouveau que je me remette dans l’ambiance, dans l’histoire surtout, mais bon ce sera pour le plaisir de me replonger dans l’univers crée par Cerutti.

Parution : avril 2015

« Un vieil ami de la famille », de Fred Saberhagen

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Les vampires ne peuvent rentrer chez vous que si vous les y invitez. Mais parfois il est difficile de faire autrement.
Kate ne dormait pas. A demi-consciente, elle entendit des pas dans l’escalier, puis des voix dans la pièce. Elle vit des hommes en uniforme se pencher sur elle.
Ils vont me ramener à la maison, pensa-t-elle, m’arracher à ce cauchemar.
Le policier saisit son bras, il était incroyablement raide. « A mon avis, dit-il, ça fait au moins deux ou trois jours qu’elle est morte… »

Notation sur 5

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Personnages 3 scarabees

Écriture3 scarabees

Avis de lecture

J’adore la collection « Terreur » de Pocket, celle qui se faisait dans les années 90, aussi bien pour ses titres que pour ses couvertures. J’ai presque tout La chronique des vampires, d’Anne Rice, et sa trilogie des sorcières aussi. Je trouve qu’il est difficile de trouver un bon vieux livre de vampires, dénué de tout romantisme pour adulescents. On trouve parfois des rééditions, mais même là le choix est faible (je cite encore une fois Anne Rice, qui fait référence). Voici donc en provenance d’un bouquiniste ce roman, qui fait partie d’un cycle qui compte 6 volumes : Les chroniques de Dracula. Ah ! mythique figure vampirique qu’il est agréable de retrouver ici. Bon, j’ai su avant d’entamer ma lecture qu’il s’agissait du volume 3, mais cela importe peu, ce livre se lit très bien tout seul.

Mon impression au commencement

Le côté fantastique du roman n’apparait pas tout de suite. En premier lieu, nous avons plutôt affaire à une intrigue policière avec la disparition de Kate, un meurtre, un enlèvement. C’est doucement par petite dose que le fantastique intervient : un mystérieux livre à utiliser si un grand malheur venait à frapper la famille, un soupçon de magie, et ça commence ! Ma curiosité est piqué.

Ce que j’ai pensé de la trame

Ma foi, elle est linéaire et les rebondissements maintiennent l’intérêt du lecteur en éveil et cela me fait passer un bon moment. Lorsqu’un certain « Docteur Corday » débarque, il se présente à la famille comme un vieil ami. Personne ne semble vraiment au courant de ce qu’il est, mais il se met très vite à l’œuvre pour aider cette famille qui l’a appelé. Pour ce qui est de son lien avec elle, je ne vous dévoile rien, mais c’est forcément lié à ce qu’il s’est passé à Londres des décennies plus tôt, dans le livre de Bram Stoker.

On oscille vraiment entre le roman policier et le roman fantastique. Nous avons en effet Joe qui va mener l’enquête de son côté sur la disparition de sa fiancée Kate. Il va de temps en temps faire équipe avec le docteur Corday, qui lui semble si étrange et énigmatique. L’auteur joue très bien de cela, use habillement de tout ce qui fait la légende de Dracula d’après de Bram Stoker ici. J’ai apprécié l’ensemble, même si je dois reconnaitre que le style était assez inégale et certains ressorts de l’intrigue un peu de trop.

Les personnages

Il faut savoir qu’à un seul moment dans le récit le nom de Dracula est prononcé : à la fin. Avant cela, ce n’est que sous-entendu et quelques références à son passé, des petits détails comme la terre qui est transportée avec lui nous le font comprendre clairement.

Un personnage sort du lot : Joe le flic en souffrance depuis la disparition de Kate avec qui il était en couple, le personnage que j’ai préféré ici. En y réfléchissant, je ne vois pas d’autres personnages vraiment marquant dans ce roman. Peut-être Kate, pour ce qu’elle nous réserve de surprises.

Conclusion

En conclusion, je dirai seulement qu’en dépit de quelques imperfections, ce roman m’a bien plu et, pour sûr, j’ai envie de lire les autres de cette Chroniques de Dracula. J’espère que je vais en croiser au cours de mes prochaines visites chez le bouquinistes.

Titre original : A old friend of the family

Parution : novembre 1992

« Les mémoires de Zeus » de Maurice Druon

les-memoires-de-zeus-465713-250-400Résumé

À ceux qui pensent que vivre pour un dieu est aisé, je dis : «Détrompez-vous.» Aux mortels qui croient que notre vie n’est que volupté et délices, je dis : «Apprenez de votre erreur.» Ayant échappé à l’infanticide, j’ai grandi seul, caché sur une île. Je suis devenu homme, et, guidé par ma grand-mère Gaïa, j’ai concocté un plan afin de renverser mon père, Cronos, maître de l’Olympe. Seul, j’ai appris la vie, l’amour, la mort et la colère. J’ai levé une armée, j’ai réveillé les géants, j’ai libéré mes frères et mes sœurs. J’ai accompli mon destin ! Moi Zeus, roi des dieux, dieu des rois, je vais vous conter mon histoire…

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnagescinq scarabees

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Avis de lecture

L’an dernier, les éditions Bragelonne ont sorti en intégral ce titre de Maurice Druon paru dans les années 60. Forcément, ce titre a attiré mon attention, féru que je suis de mythologie et je ne fut pas déçu !

Mon impression au commencement

Avant d’entamer le récit, l’auteur a écrit une préface d’où je retiens qu’à travers ce livre il a voulu suivre l’exemple d’auteurs antiques en faisant sa propres lecture des mythes grecs. Ces mythes, comme il le précise, existent sous diverses formes et interprétations. Il rappelle aussi qu’il ne faut pas voir qu’un simple divertissement et que les mythes renfermaient des réponses aux questions de l’époque. Une fois ce message passé, place au roman.

Dans ce livre, c’est Zeus qui prend la parole. Après un long sommeil de 2000 ans, il se réveille et voit ce qu’est devenu la race humaine, celle d’aujourd’hui. Et il apparait en lisant l’introduction à son récit qu’il veut rétablir les choses, réapprendre « aux mortels » ce qu’ils ont oubliés. Pour cela, il commence par les origines, le temps des premiers dieux, le temps d’Ouranos et Gaïa, puis vient la création de l’homme. Le ton est celui du conteur, parsemé de « chers mortels » de « vous », comme pour rappeler que ce récit est à notre attention, qu’il nous parle. J’aime beaucoup ce début.

Ce que j’ai pensé de la trame

Auparavant publié en 2 tomes, ici regroupés en 2 parties : « L’aube des dieux » et « Le jour des hommes ». L’histoire telle que Zeus la raconte se déroule sur des millions d’années et ce divisent en 11 époques. Les petits intitulés en italique du type « Cronos à la recherche du Nombre. Effondrement de l’Atlantide. Le premier déluge. Disparition des Atlantes« , me font penser à la Bible. Dans celle que j’ai chez moi en tout cas, je retrouve aussi cette fragmentation en cours chapitre toujours précédé de petits intitulés indicatif de ce type.

Zeus prend le temps et passe en revue les grands mythes grecs de la création pour commencer, en s’efforçant de donner au tout l’enchaînement d’un récit avec succès. Lorsque vient le temps de Zeus, on le voit grandir, on retrouve le grand séducteur, il nous fait part de ses diverses conquêtes avant et après son mariage avec Héra. Maurice Druon nous raconte d’ailleurs comment le couple s’est formé, mais aussi ce qu’il advient de leur relation de couple et des conséquences de l’adultère de Zeus. On retrouve ainsi toujours cette part humaine chez les dieux grecs. Druon revisite le mythe de l’Atlantide, la naissance d’Athéna (qui serait sorti de son crâne fendu par Héphaïstos) avec une interprétation tout à lui que j’ai bien aimé. Il n’hésite pas aussi à évoquer le mythe tel qu’on le connait, que Zeus rectifie. Dans ce livre Zeus se livre et veut rétablir ce qu’il s’est passé comme je l’ai dit plus haut.

J’ai apprécié de lire les mémoire du roi de l’Olympe, me replonger dans la mythologie grecque et les péripéties auxquelles Zeus a dû faire face pour obtenir et conserver son trône, il y a juste le fait que je m’attendais plus dynamisme à certains moments de son récit.

Les personnages

J’ai apprécié de voir Zeus grandir, mûrir au fil des pages. Lorsqu’il accède au trône, le voilà face à tant de responsabilités et il tente de tenir compte des erreurs du passé. Plus tard, il tiendra aussi compte de ses propres erreurs, se trouvant trop clément et se devant parfois d’être impitoyable. On le voit par exemple lorsqu’il est au contact des Un-oeil, ou de Prométhée qui interviennent à plusieurs reprises dans le récit.

Le récit contient aussi une importante galerie de personnages dont beaucoup n’apparaissent qu’une fois, mais c’est une partie importante de la vie de Zeus, de ce qu’il a fait et engendré. Nous avons aussi le récit de la naissance des ses enfants et de leur rôle à ses côtés. J’ai particulièrement aimé le récit de la naissance d’Athéna et d’Héphaïstos.

Conclusion

Un très bon livre que je recommande à tous mordus de mythologie et je trouve que Maurice Druon a réussi ‘son pari’ , si je puis le dire ainsi, d’écrire un livre dans la lignée des auteurs antiques, tout en l’inscrivant à notre époque. Zeus porte ainsi un regard sur nous, mais par petite touche distillée au milieu de son propre récit.