« Valet de pique », de Joyce CarolOates

oates-valet-de-piqueRésumé

Quel auteur n’envierait-il pas le sort de Andrew J. Rush ? Écrivain à succès d’une trentaine de romans policiers vendus à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, père de famille heureux, Andrew vit dans une petite ville du New Jersey où il trouve le calme nécessaire pour édifier son œuvre.
Mais Andrew a un secret que même ses plus proches ignorent : sous le pseudonyme de Valet de pique, il écrit des romans noirs, violents, pervers, romans publiés avec un énorme succès et qui scandalisent autant qu’intriguent le monde littéraire.
Pourtant, cet équilibre tout en dissimulation que Andrew a patiemment élaboré va être menacé. Au départ, la plainte d’une voisine, Mrs Haider, probablement un peu dérangée, qui l’accuse d’avoir plagié ses romans auto-publiés, accusation qu’elle avait déjà formulée dans le passé à l’encontre de Stephen King. Innocenté par le tribunal, Andrew sera néanmoins affolé par cette affaire, et des « fantômes » du passé vont se réveiller et tout chambouler. Un thriller magistral de Joyce Carol Oates, efficace, inquiétant, drôle aussi – jouant brillamment sur les références à Stevenson, Poe ou Stephen King. Un roman qui éclaire les forces noires manipulant la conscience d’un auteur à succès, et entraîne son lecteur hypnotisé sur une mince ligne de crête séparant génie et folie.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriturecinq scarabees

Avis de lecture

Régulièrement, je vois un nouveau livre sorti aux éditions Philippe Rey et j’ai toujours eu envie de découvrir la plume de Joyce Carol Oates.  Je remercie Anaïs de l’Agence Anne et Arnaud ainsi que la maison d’édition pour cette très belle découverte.

Voici en 3 points ce qui m’a plu dans Le valet de pique :

Un personnage principal énigmatique : Qui est Andrew J. Rush ? Un auteur de thriller classique et très maîtrisé dans l’intrigue et la forme. Il produit des best-sellers, se voit  comparé à Stephen King (Stephen King du gentleman). Il nourrit une certaine obsession pour lui d’ailleurs, en attente d’une sorte de reconnaissance. C’est un bon père et mari… à première vue. Mais il cache quelque chose, un secret, un côté « noir » que tous ignorent et qui ne doit pas être découvert. Sous couvert d’un pseudonyme, il écrit des romans noirs « épouvantables, dépravé » (p.18), trash. Bref, des romans qu’il écrit avec ses tripes, si bien qu’il n’en garde jamais de vrais souvenirs. Dans ces moments-là , Andrew parait un autre, une autre personnalité a pris sa place…

Une intrigue efficace, une atmosphère inquiétante. Dès qu’Andrew se trouve accusé de plagiat, on sent une rupture, un changement chez ce personnage.  D’abord étonné, persuadé qu’il s’agit d’une regrettable erreur, il prend contact avec celle qui l’accuse : Mme Haider. Si seulement il s’était arrêté là, mais non… Il va faire des découvertes surprenantes. Une voix intérieur prend le dessus, celle du Valet de pique, et il aurait mieux fait de ne pas l’écouter. Andrew change. En lisant ce roman, notamment les passages se déroulant chez Mme Haider, ou quelques-uns se déroulant dans son « antre d’écrivain », il y a un glissement vers la folie, un soupçon de fantastique, une atmosphère qui m’a fait pensé à Allan Edgar Poe.

Du rythme et une intrigue qui ne ménage pas Andrew. Tout est dit dans cette phrase. J’ai adoré le style Joyce Carol Oates et le rythme insufflé à cette intrigue. C’est un  beau travail aussi réalisé par le traducteur ! Je n’ai pas évoqué les autres personnages, mais sa femme Irina est aussi intéressante, dans le sens où elle aussi a eu des ambitions d’écrivains. Elle y a renoncé, et s’est consacré à sa famille entre autre chose, mais cela suscite un sentiment de culpabilité chez Andrew.

Un très bon roman, qui met au cœur de l’intrigue un écrivain à succès, le processus d’écriture, un très bon thriller qui le plonge dans les ténèbres.

« Les morsures de l’ombre », de Karine Giebel

morsuresRésumé

Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?

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Avis de lecture

J’ai découvert Karine Giebel avec « Juste une ombre », et c’est avec l’assurance que je vais à nouveau apprécier son roman que je débute celui-ci.

Le début est très efficace, l’intrigue démarre rapidement. Le premier chapitre donne le ton. Des phrases courtes, un texte haché qui donne du rythme et beaucoup de dialogues. Ce qui donne un roman sans temps morts.

Nous sommes dans un huis clos. Lydia a enfermé Benoît dans une cage. Elle joue avec, elle veut lui faire mal, pour le mal qu’il aurait fait, et celui qu’il lui aurait fait aussi d’une certaine façon. Mais de quoi l’accuse-t-elle ? Très vite, se met en place un dialogue de sourd : tu es coupable, je suis innocent. Qui dit la vérité ? J’ai craint que cela fasse vite tourner l’intrigue en rond, mais je me suis trompée. Ce « jeu de questions » sert à distiller des éléments pour répondre aux questions que l’on se pose . L’auteursème au passage un peu plus de confusion dans notre esprit.

Il y a ce qu’il se passe entre le prisonnier et son geôlier, mais n’oublions pas qu’il est commissaire. Sa disparition va vite alerter son entourage et soulever de nombreuses questions et surtout des révélations.  Il serait facile de se prendre de pitié pour Benoît, mais Karine Giebel construit un personnage complet dont elle nous montre la force de caractère et les travers. Ce que j’aime surtout c’est qu’elle mène son roman sans ménager ses personnages, et le lecteur. La tension est palpable, l’ambiance oppressante par moment, d’autant plus lorsque les fils de l’intrigue commencent à se rejoindre. Et je n’oublie pas cette fin qui est à la hauteur. Que demander de plus. Une fois encore, elle m’a convaincue.

« Rever », de Franck Thilliez

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 » Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. « 
Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

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Avis de lecture

Après Caryl Férey, c’est un autre auteur confirmé que je découvre avec plaisir (je pourrais ajouter : enfin !). Il a suffi que je rencontre l’auteur pour me laisser tenter par son dernier né.

Abigail est le personnage central de ce roman. Elle est psychologue, elle a un cabinet. Elle exerce aussi dans le cadre d’affaires criminelles, mais ce qui la rend particulière c’est sa maladie :  la narcolepsie, très sévère, dont elle souffre. Une bonne partie du roman tourne autour d’elle, de l’accident auquel elle a miraculeusement survécu et de l’après-accident. Un après peuplé de cauchemars, de confusion entre le rêve et la réalité, qui mène Abigail vers des chemins dangereux.

Ces chemins dangereux l’amènent d’abord sur les traces du secret de son père, mais aussi sur les traces de Freddy. Abigail a en effet repris son travail sur l’affaire qui porte ce même nom Freddy et des 4 enfants disparus.

Pour nouer divers fils narratifs, Thilliez utilise une  timeline de manière efficace et maîtrisée. Il  découpe volontairement l’action et distille l’information . Exemple : un des enfants est sauvé. L’information arrive brusquement, passerait presque inaperçu étant donné qu’elle ne prend qu’une phrase et que l’auteur ne s’y attarde pas. Il ne reste plus qu’à savoir  comment, pourquoi et quand ? Ces va-et-vient sur la timeline nous plonge toujours plus loin, sur des chemins sombres au côté d’Abigail.

La dimension cauchemardesque arrive plutôt en fin de roman, lorsque l’on apprend le fin mot de l’histoire sur son accident (quel claque !) et le lien avec l’enquête menée tout au long du roman. La psychose, la paranoïa d’Abigail gagne en puissance.

Si tous les romans de Thilliez sont aussi habiles, je vais adorer !

Sortie : juin 2016

« Condor » de Caryl Ferey

condorRésumé

Condor, C’est l’histoire d’une enquête qui commence dans les bas-fonds de Santiago, submergés par la pauvreté et la drogue, pour s’achever dans le désert minéral d’Atacama.
Condor, c’est une plongé dans l’histoire du Chili, de la dictature répressive des années 1970 au retour d’une démocratie plombée par l’héritage politique et économique de Pinochet…
Condor, c’est surtout une histoire d’amour entre Gabriela, jeune vidéaste mapuche qui porte l’héritage mystique de son peuple, et Esteban, avocat spécialisé dans les causes perdues, portant comme une croix d’être issu d’une grande famille à la fortune controversée.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnagescinq scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Je découvre seulement Caryl Férey et j’ai aimé le rythme de Condor, la façon dont il mène son intrigue pour la faire montée en puissance.

Tout commence par la mort d’un adolescent dans les bas-fonds de Santiago. Overdose ou meurtre ? Cette affaire va devenir quelque chose d’explosif entre les mains de Gabriela, une mapuche vidéaste qui ne lâche rien, au côté d’Esteban un avocat spécialisé dans les causes perdues.

Puis il y a le plan Condor : c’est une plongée dans l’histoire du Chili, la dictature, l’héritage de Pinochet et surtout le nom d’une opération qui remonte à la surface. Après la dictature de Pinochet, toute trace des crimes commis doit disparaitre et les auteurs être cachés. Cependant, ils occupent toujours les meilleurs places telles que direction des ports, des usines, trafic de drogues, exploitation des mines.

Ces deux points se trouvent liés par un concours de circonstances malencontreux disons, mais tellement bien amené par Caryl Férey. Le livre démarre alors vraiment. En effet, l’auteur prend son temps pour installer des éléments de l’intrigue et ses personnages avant de faire basculer son livre dans l’action jusqu’à son dénouement.

Condor, c’est aussi des destins individuels. Il y a Stefano, un personnage qui s’efface un moment pour revenir sur le devant de la scène de manière surprenante. On apprend notamment que c’est un ancien agent qui a échappé à la prison sous la dictature. Il y a Gabriela, mapuche rebelle, qui a décidé de vivre loin des siens, Esteban, un fils de riche qui rejette les privilèges de sa classe sociale, avocat des causes perdues, également écrivain « à ses heures perdues », ou encore Edward qui est hanté par par des fantômes du passé.

Caryl Férey signe un roman violent et sombre sur un Chili corrompu et capitaliste, très prenant.

Sortie : mars 2016

« Les vestiges de l’aube », de David S. Khara

vstieg de l'uabeRésumé

Depuis les attentats du 11 septembre, Barry Donovan est dévoré par le désespoir. Et ce n’est pas son métier de flic, dans un New York accablé par la criminalité, qui lui remonte le moral.
Son seul réconfort : les conversations virtuelles qu’il entretient chaque soir avec un certain Werner Von Lowinsky, aristocrate cultivé et apaisant. Peu à peu, sans s’être jamais rencontrés, ils deviennent amis, se confiant leurs préoccupations les plus secrètes, échangeant sur les sujets les plus intimes.
Mais Barry ignore encore que Werner n’est pas un homme comme les autres…

Des collines de Virginie au cœur de Manhattan, de la guerre de Sécession au XXIe siècle, des flics aux vampires, David S. Khara prouve ici qu’il a trouvé sa voie.

Notation sur 5

Intrigue4 scarabees

Personnages cinq scarabees

Écriture cinq scarabees

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Avis de lecture

J’ai acheté ce livre au salon du livre de Paris cette année. Je n’avais pas prévu d’arrêt au stand 10-18, mais quand j’ai vu que David S. Khara y était assis, j’ai repensé au bien qu’on m’avait dit de son livre Les vestiges de l’aube. J’ai enfin trouvé le temps de le lire et quel timing ! Je vous disais dans le précédent article que j’attendais la suite en format poche et quelques jours plus tard, qu’est-ce que je trouve au rayon polar ? Une nuit éternelle en poche. Par contre, j’ai finalement 3 ou 4 livres qui passeront avant, je tâcherai de l’attaquer assez vite.

Mon impression au commencement

Après un court et bon prologue, le 1er chapitre amorce l’intrigue du roman simplement et efficacement. Le 2e chapitre, nous fait entrevoir l’autre dimension du roman, celle qui m’a motivé à lire cet auteur. En italique, Werner livre ses pensées, se présente ici. Mort oui, vampire certes, mais redoutable chasseur non. Il me fait l’effet d’un être fin, cultivé, curieux, dont la découverte d’internet a bouleversé l’existence. A la lecture du chapitre suivant, on se rend compte qu’il y a un enjeu autour de cette rencontre entre les deux hommes, qui s’avère important pour l’un comme pour l’autre. Un très bon début !!!

Ce que j’ai pensé de la trame

L’auteur amorce une enquête et s’attache à développer la relation de Werner et Barry. La seconde aura un impact considérable sur première. L’auteur réussit à nouer le tout de manière intéressante. Mais je ne dirais pas que l’une ou l’autre des facettes du livre ( facette policière ou fantastique) prend le pas sur l’autre. Il y a un bon équilibre qui permet à l’auteur de ne pas négliger la qualité de l’enquête, ou encore la part de mystère de Werner.

Mais je reconnais que pour parler de ce livre, c’est sous l’angle de l’amitié entre Werner et Barry qu’on y arrive. Barry et Werner sont à un moment de leur existence où leur rencontre s’avèrent capitale, et revêt une importance majeure dans l’existence de chacun. On sent qu’ils ont autant besoin l’un de l’autre de ces discussions, et en tant que lectrice je guettais ces moments. Lorsque la rencontre survient, se pose alors pour Werner la question de révéler son identité ou pas.

Que je suis contente d’avoir eu entre les mains un roman avec un vampire digne de ce nom. Un vampire qui paraitrait presque humain par ses sentiments, mais sa nature, sa force physique, ses dons sont là pour nous rappeler à qui nous avons affaire : un être qui peut « faire perdre la raison à sa victime en un battement de cils ». Il y a aussi ce charme mystérieux qui va toujours si bien aux vampires. Enfin, sa présence pose aussi une question : qui est l’ennemi ici ? Au regard de l’histoire de Werner, de ce qu’il est et ce qu’il accomplit, au regard du travail de Barry, c’est l’Homme qui semble tout désigner. Mais pour Barry, les choses ne seront peut-être pas aussi limpide…

Les personnages

Le premier portrait de Barry nous est livré par Werner dès le début p21. L’auteur nous transmet des données pour mieux appréhender Barry avant  qu’il entre en scène, mais je note qu’au sujet de Werner, il demeure plus vague (mystère oblige) se basant davantage sur l’image que s’en fait Barry, ce qui influence aussi notre façon de le voir.

Werner a vécu la guerre de Sécession, Barry le 11 septembre. Pour tous les deux, la vie a basculé au cours de ces évènements, laissant des blessures, une certaine fragilité. Après de tels évènements, c’est une quête d’un sens à donner à sa vie qui survient. Très vite, il apparait que tous deux ont besoin l’un de l’autre. L’histoire de ces deux personnages vous touchera forcément.

Conclusion

Un très bon livre qui nous emmène loin du simple roman policier. Un mix de genre réussi, un suspens à la fin qui soulève de nouvelles questions au sujet du vampire. J’espère que je vais autant me régaler avec Une nuit éternelle !

Sortie : novembre 2014

« Arizona Tom », de Norman Ginzberg

Arizona TomRésumé

L’affaire la plus marquante de la carrière d’Ocean Miller, shérif d’une bourgade paumée d’Arizona, fut celle de Tom, douze ans, traînant en plein désert un cadavre démembré. Persuadé de l’innocence du gamin, alors que les notables l’avaient déjà condamné, Ocean mettra tout en œuvre pour retrouver la piste des coupables. Mais parviendra-t-il à sauver le petit bonhomme de la potence et à redorer son étoile ternie par son amour du bourbon ? Embuscades, coyotes, saloons où se côtoient culs-terreux, affairistes et putains au grand cœur, Arizona Tom nous plonge, non sans un brin d’ironie, dans le Grand Ouest en pleine conquête. Un roman qui revisite le genre en se jouant des codes du Far West avec malice.

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabeeset demi

Personnages4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

La couverture a d’abord attiré mon regard et l’idée de lire un western m’a séduit. Je n’en ai jamais lu auparavant. Mais, en fait, il faut savoir que ce n’est pas un western au sens classique du terme, même s’il en reprend les éléments.

Mon impression au commencement

Ocean Miller est le narrateur et son verbe est accrocheur. Il nous parle de lui, son enfance, son histoire avant qu’il n’atterrisse à Brewsterville. Cela nous donne un bel aperçu du personnage et l’image que l’on se ferait d’un shérif en prend un coup. Il apparait clairement dès le début que l’ironie et l’humour seront de mise ici et que les codes du western sont détournés. Bref, ça commence bien.

Ce que j’ai pensé de la trame

Ocean Miller enquête sur une sale affaire. Au cours d’une de ses rondes dans le désert, il croise le chemin de Tom, un jeune garçon traînant derrière lui le tronc d’un corps démembré. Très vite, il doit faire face à l’hostilité du maire et de quelques autres personnes à son égard. Lui tente de comprendre le fin mot de l’histoire tandis que d’autres considèrent le jeune garçon comme coupable. Un bras de fer s’engage pour Ocean Miller. L’intrigue avance bien et le style de l’auteur fait qu’on visualise très bien l’action. Ce qui m’a plu avant tout c’est de retrouver tout ce qui constitue un western, on en ressent bien l’ambiance. Et parfois l’auteur en détourne des éléments, cela donne de bons passages !

Les personnages

Je me concentre ici sur les deux personnages forts : Ocean Miller, tout d’abord, n’est pas un shérif comme les autres. Ce n’est pas un as de la gâchette, il a un penchant pour l’alcool, mais c’est aussi un homme au grand cœur comme e prouve sa relation avec Tom. L’auteur approfondi le passé de son personnage, ainsi que sa personnalité au fil du roman et les petites faiblesses du shérif le rende plus attachants et en tant que lecteur on ne peut qu’apprécier ce personnage, prendre fait et cause pour lui.

Tom, le jeune garçon sourd et muet, est très étrange. Tantôt gentil, tantôt froid, faisant preuve d’une grande dextérité pour ce qui est de désosser des animaux, on ne sait plus quoi penser de lui. A-t-il pu démembrer l’homme qu’il traînait à travers le désert ? Difficile, très difficile d’avoir la réponse à cette question…. Il ferait presque froid dans le dos.

Conclusion

Et bien voilà un livre original. On est loin de l’image habituel du fier shérif qui monte un destrier et arpente le désert sous un magnifique coucher de soleil et j’ai trouvé ça génial. Ça me fait penser : je ne vous ai pas dit que le destrier de Miller est au départ une jument, qui ne peut pas galoper, nommée Princess… Il est important de préciser que l’auteur parodie ce genre, sans le dénaturer, sans tomber dans quelque chose de loufoque, pour un résultat accrocheur.

 

« Au delà du mal », de Shane Stevens

au dela du malRésumé

A 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s’en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier particulièrement atroce à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l’homme s’organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral.
Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d’Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du meurtrier, dévoilant un inquiétant jeu de miroir, jusqu’au captivant dénouement.

Notation sur 5

Intriguecinq scarabees

Personnagescinq scarabees

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Avis de lecture

Ce livre m’a été conseillé par une amie et franchement je dis « coup de coeur » !!!

Mon impression au commencement

Face à l’histoire de Sara Bishop, une vie brisée, deux choses reviennent : les abus qu’elle a subi et sa haine des hommes toujours plus forte avec le temps et les épreuves. Sa haine, son ressentiment, elle va le reporter sur son propre fils. Finalement ce sont deux destins brisés auxquels je suis confronté. L’auteur rapporte tout avec détachement, cela rend le tout plus brutal en quelque sorte. Ce début m’a beaucoup plus et j’ajouterai qu’il m’a fait penser au dernier livre de Maxime Chattam « Que ta volonté soit faite« , mais en plus poussé ici.

Ce que j’ai pensé de la trame

Le livre se découpe en 3 parties. La première consacré à Thomas Bishop que nous voyons grandir, et surtout devenir de plus en plus maléfique et intelligent. Interné depuis ses 10 ans dans un hôpital psychiatrique, il échafaude le projet de s’évader et lorsqu’il y arrive enfin de manière brillante, c’est un monstre qui se trouve libéré, un monstre qui va terrifier les États-Unis toute entière, un fantôme que personne ne peut arrêter. Jusque-là, Thomas étant au centre de tout le récit, la dimension psychologique était prédominante, mais sa libération confère au roman une dimension politique qui va croître. En effet, les atrocités qu’il commet remettent sur le devant de la scène la question de la peine de mort, qui n’a plus lieu dans de nombreux états. Bref, les actes de Thomas Bishop vont être médiatisé, instrumentalisé par les politiques et ouvrent ainsi le débats et permet à l’auteur quelques réflexions sur la peine de mort. A la fin de cette première partie, un véritable tournant s’opère.

La seconde partie s’intitule Adam Kenton, du nom du fameux journaliste d’investigation qui va enquêter de son côté sur le tueur en série qui effraie l’Amérique. Thomas Bishop me semble un peu mis de côté au profit de l’enquête menée sur lui et j’ai eu l’impression que l’action avançait moins. Impression dû au fait que l’enquête piétine, et quand elle avance, c’est à pas de loup. Quelle frustration quand je l’ai vu aller sur la bonne piste pour finalement s’en écarter. Ici, le récit est aussi plus fragmenté, Shane Stevens a en effet amorcé bon nombre d’intrigues secondaires qu’il poursuit dans cette partie.

Enfin dans le dernière partie, c’est l’affrontement entre Kenton et Bishop, mais je n’en dirais pas plus.

Les personnages

Shane Stevens nous immerge dans le personnage de Thomas Bishop, nous permet de le connaitre depuis son enfance, de le voir grandir, évoluer, de comprendre son âme torturé en développant son passé. Nous le voyons sûr de lui, tenter de berner les médecins, faire preuve de tout son intelligence pour son plan d’évasion. Malgré toute les horreurs qu’il commet, j’éprouve de l’empathie pour lui et n’arrive pas à le détester complètement. Shane Stevens est fort, et arrive à cela en nous racontant le calvaire subi enfant qui a forcément laissé des séquelles.

Le livre fourmille de nombreux personnages secondaires qu’il prend le temps de soigner au fil des chapitres. Pour d’autres, l’apparition n’est que fugace, mais il ne les réduit pas tous à être de simples victimes du tueur en série. Pour certains, il va en effet dévoiler un bout de  leur vie, il nous les rend familier pour mieux susciter des émotions chez le lecteur.

Conclusion

Pour ma part, un roman à lire et à relire !!! Ce roman est dense et l’auteur fait preuve d’un certain détachement, presque documentaire par moment, mais il demeure tout aussi capable de provoquer  tel ou tel sentiment chez le lecteur. Quoi qu’il en soit, il s’avère passionnant à lire.

Parution : 1979, 2009 chez Sonatine

Titre original : By reason of insanity

« Jours parfaits », de Raphaël Montes

CVT_Jours-parfaits_535Résumé

Téo, étudiant en médecine légale, passe le plus clair de son temps au laboratoire de la faculté à disséquer des cadavres. Il sort peu et ne s’intéresse pas aux femmes, jusqu’au soir où il rencontre Clarice. Ils n’ont qu’un bref échange, mais la jeune femme l’obsède et Téo commence à la suivre. Lorsqu’il apprend qu’elle s’apprête à partir plusieurs mois, il ne voit qu’une solution pour éviter la séparation : la kidnapper, la droguer et la séquestrer loin de tout. Une fois à sa merci, il aura le temps de lui prouver qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Et il s’assurera que rien ni personne ne vienne entraver leurs jours parfaits.

Notation sur 5

Intrigue 2 scarabees

Personnages 2 scarabees

Écriture 2 scarabees

Avis de lecture

Je me suis vu proposer cette lecture par les éditions des Deux Terres, que je remercie. Mais malheureusement, cette fois-ci, ce ne fut pas un franc succès… Après un début assez étrange nous faisant découvrir Téo, un étudiant assez particulier, pas très social, morbide. Un premier contact qui ne m’a pas beaucoup plu. En fait, j’ai tout de suite éprouvé une gêne dans ma lecture, mais j’ai voulu poursuivre pour voir où l’auteur allait m’emmener, mais…

Que les choses se mettent vite en place n’est pas un défaut, bien au contraire il n’y a qu’à lire le roman de Roger Smith, Pièges et sacrifices Ici, il s’avère qu’on devine où tout ça va mener et ça enlève un peu d’attrait je dois dire. De même, il y a des thriller où rentrer dans la tête du psychopathe n’est pas dérangeant, mais là encore je n’ai pas accroché.

Du coup je ne sais pas quoi dire d’autre sur ce livre, sinon qu’après ma lecture, je suis allée voir sur Babelio d’autres avis, qui se trouvent être plus positifs que le mien. Je vous propose donc d’aller les voir en cliquant ici.