« 1984 », de Georges Orwell

Orwell-1984.inddRésumé

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. Big brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

Cela fait 1 mois au moins que j’ai délaissé mon blog et je suis bien embêtée. Je vous rassure : je n’ai pas arrêter de lire. J’ai certes eu moins de temps pour cela, et donc pour rédiger des articles trouver du temps est plus compliqué encore.Par exemple, 1984 de Georges Orwell, je l’ai lu il y a plusieurs semaines déjà… et là je vous en parle enfin.

Pour remettre la lecture de ce livre dans son contexte : il fait suite à ma lecture de 2084, de George Orwell. Parfois au cours de mes lectures, je prends des notes dans mon téléphone de passage qui m’ont plu, d’impression que j’ai eu à la lecture d’un passage, ou au sujet de détails qui m’ont plus ou non et que je souhaite souligner dans un article. Des mes notes de lectures, il ressort deux choses : Winston, qui travaille pour le parti s’éveille doucement et porte un autre regard qui va l’amener à « se révolter », et la société qu’a imaginé Georges Orwell, j’ai trouvé l’ensemble très fort, marquant.

Le héros de ce livre est donc membre du parti, vit en Oceania. Trois puissances régissent le monde et se livrent une guerre éternelle, il y a donc l’Océania, l’Eurasia et l’Estasia. La société en elle-même est très segmentée, d’un côté les prolétaires, de l’autre les membres du parti intérieur et extérieur, qui sont totalement soumis à l’idéologie. Mais voilà, Winston se pose des questions d’abord par rapport à son travail qui consiste à corriger des articles, des prédictions de Big Brother pour qu’elle colle au présent. Pourquoi faire tout ça? Dans quel but ? Le parti réécrit le passé, le falsifie en permanence et il n’y a aucune preuve de cela, si ce n’est le cerveau de Winston.

Georges Orwell dépeint un système dur, omniprésent qui surveille et contrôle tout, jusqu’à la pensée de chacun. L’usage de la novlangue, langage inventé pour contrôler et limiter la pensée, rien de tel pour museler et asservir le peuple. On retrouve cela dans le livre de Boualem Sansal. Sous le système Big Brother, personne ne semble pouvoir s’échapper. Pourtant Winston aura essayé. Il s’aventure de plus en plus dans l’interdit que ce soit de part ses pensées, que ses actes. Il redécouvre une certaine forme de liberté, une indépendance, j’ai eu envie de croire que tout allait bien se passer, même si tout semblait trop facile pour Winston. Ce qui est frustrant aussi et Winston le dit, les prolétaires, avec le nombre qu’ils représentent, pourraient tout renverser, mais ce qu’il leur manque c’est d’être conscient de leur pouvoir. Et cette conscience , il ne l’auront qu’en se révoltant, c’est un cercle infernal duquel personne ne semble pouvoir s’échapper.

C’est sûr que ce livre est un indispensable. La manière dont Orwell décortique les mécaniques de régime totalitaire dans son roman, mélangé à l’histoire de Winston cela donne un roman prenant, parfois poignant, éloquent, bref un très très bon roman.

 

« 2084 », de Boualem Sansal

2084-la-fin-du-mondeRésumé

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

Notation sur 5

Intrigue 3 scarabees

Personnages2 scarabees

Écriture 3 scarabees

Avis de lecture

C’est l’écho au livre de Georges Orwell, qui a fait que je me suis intéressée à ce livre, et ce même si je n’ai pas encore lu 1984. Mais je répare enfin cet oubli et j’entrevois en effet que Boualem Sansal s’est inspiré du livre d’Orwell pour écrire le sien.

Mon impression au commencement

Pas facile de s’immerger dans ce roman si on se laisse distraire par le bruit de la télé, ou tout autre distraction. En tout cas, c’est comme cela que je l’ai ressenti. J’ai été surprise par son style, par ses longues phrases sur lesquelles je butais au tout début. Ensuite, il faut se familiariser avec l’univers avec des termes qui,lui sont propres : makoufs, l’Appareil, Yölah, etc. Entre deux paragraphe consacré à Ati le personnage central, l’Abistan et son fonctionnement nous sont présentés : restrictions, interdits, propagande, bref un système autoritaire qui s’est étendu sur toute la Terre. Ati se pose des questions sur le monde qui l’entoure, mais cloîtré au sanatorium, je me demande où cela va mener.

Ce que j’ai pensé de la trame

Le livre se découpe en 4 livres, quatre temps distinct dans la vie d’Ati : Ati qui sort du sanatorium et se livre à des réflexions, Ati qui retrouve ensuite son quartier redevient un citoyen mais n’en oublie pas moins ses interrogations sur le monde qui l’entoure, puis Ati entreprend un voyage avec Koa pour s’approcher de l’Abigouv, enfin là il se passera déjà plus de choses et des fils se dénoueront enfin. On se promène beaucoup avec Ati, et rien n’est fait pour qu’on s’intéresse à lui en tant que personnage, c’est bien dommage. En tout cas, il se passe bien peu de choses en 200 pages, ce qui rend la lecture très longue. J’avoue  en avoir survolé pour arriver plus vite au dénouement.

Si Ati n’est pas plus épais qu’une page du livre, il en est autrement de la dictature religieuse que nous décrit l’auteur. Une dictature qui contrôle tout, qui voit tout, qui n’hésite pas à mettre en scène pour mieux manipuler le peuple, à ce sujet il y a plusieurs exemples intéressants. Il décrit les dérives qui peuvent découler d’une religion dès lors qu’elle devient partie intégrante d’un système. J’ai bien aimé cet aspect du livre, même s’il n’est pas aussi facile de s’immerger dans ce pays imaginaire que dans n’importe quelle autre dystopie.  C’est certainement au manque de situations précises ou de dialogues percutants pour illustrer certains propos.

Enfin, concernant le 4è livre qui compose ce roman, des fils se dénouent. C’est finalement la partie que j’ai préféré notamment avec  Toz qui a fait un musée des temps passés et au dialogue intéressant qui s’établit entre lui et Ati.

Conclusion

J’aurais peut-être dû lire 1984 avant, cela m’aurait parmi de mieux comprendre la dernière page du livre où il est fait référence à la novlangue, à l’Angsoc par exemple. Une autre lecture s’avèrerait peut-être nécessaire, mais je ne sais pas si je le ferai pour être honnête. Le roman est intéressant, mais cela n’efface pas que dans son traitement, certains éléments m’ont un peu déçue, alourdissant la lecture.