» Scène de crime virtuelle « , de Peter May

scene de crime virtuelRésumé

Ils avaient choisi d’habiter des îles de rêve, imaginé de splendides villas pour des vies insouciantes, ils collectionnaient les voitures de luxe et les grands crus français. Ils ne pensaient pas que le mal viendrait les chercher là. Rivés à leurs écrans comme à des mirages, ils n’avaient pas senti la mort à leurs trousses. Ils ont d’abord vu tomber leurs avatars, sans comprendre que c’en était fini des jeux de rôle. Lorsque le tueur est entré chez eux, dans la vie réelle, il était trop tard…
Orange County, Californie. Michael Kapinsky a dû reprendre son travail de photographe pour la police scientifique. Sa femme est morte voici quelques mois, il est criblé de dettes. Sur l’ordinateur d’un homme qu’on vient d’exécuter de trois balles, il remarque un curieux logo. Celui d’un univers virtuel où l’on peut échapper à ses soucis, recommencer sous un autre nom, une nouvelle apparence, à tisser des liens. Lorsqu’il se laisse tenter et rejoint, à son tour, les îles idéales, Michael n’imagine pas le piège qui se referme sur lui. Car ce monde parallèle n’est qu’un miroir. On y retrouve jusqu’à ses pires cauchemars et lorsque l’enfer s’ouvre sous vos pieds, pas question d’y échapper…
Peter May, qui s’est fait détective sur Second Life pour écrire ce roman, nous prend au collet dans un vertigineux labyrinthe où nul n’est plus redoutable que celui que l’on croyait connaître.

3 scarabees

Avis de lecture

Peter May signe un roman noir résolument moderne. Après s’être lui-même immergé dans Second life, un jeu virtuel où chacun peut devenir ce qu’il n’est pas et ce qu’il désire être, il y ancre la majeure partie de son intrigue. Hors, ici, ce jeu s »avère vite mortel pour ses avatars, autant que pour les personnes qui les pilotent.

La moitié de l’intrigue se passe dans le monde réel, l’autre dans ce monde virtuel, que l’auteur décrit parfaitement. Le plus de ce livre est Michael, cet homme brisé, ruiné qui a repris son travail au sein de la police scientifique. Au fil du livre, on en apprend plus sur lui et sur son passé, c’est un personnage très intéressant. Quand on lui propose de rejoindre Second life, il semble respirer de nouveau et oublier un peu ce qui le pèse tant dans sa vie réelle. C’est en même temps que lui que nous découvrons l’univers de Second life, son fonctionnement, ses lois. Nous découvrons un monde sans limites, où les inhibitions de chacun, les tabous n’ont plus de prises par le caractère virtuel du jeu. Ainsi l’univers de Second life est très libéré, plus direct dans les rapports entre avatar et marqué par le sexe, le pouvoir, l’argent, la violence, etc…

Quel est donc le rôle de Michael ? Au départ, Second life est une sorte de distraction qu’il pratique au côté d’une de ses collègues, notamment. Tous deux jouent les détectives pour régler des adultères virtuels, etc. Mais très vite, pour Michael et Janey, une affaire dans le monde réel semble liée à Second life. Dès lors, Peter May n’a de cesse de brouiller les pistes et d’ajouter de la tension dans l’intrigue, jusqu’au dénouement final.

Voici donc un roman rythmé, prenant, qui nous amène au delà du monde réel, ce qui confère une dimension original à un roman policier.