« Toute la lumière que nous ne pouvons voir », d’Anthony Doerr

anthony doerrRésumé

Véritable phénomène d’édition aux États-Unis, salué par l’ensemble de la presse comme le meilleur roman de l’année, le livre d’Anthony Doerr possède la puissance et le souffle des chefs-d’œuvre. Magnifiquement écrit, captivant de bout en bout, il nous entraîne, du Paris de l’Occupation à l’effervescence de la Libération, dans le sillage de deux héros dont la guerre va bouleverser l’existence : Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance.

En entrecroisant avec une maîtrise éblouissante le destin de ces deux personnages, ennemis malgré eux, dans le décor crépusculaire d’une ville pilonnée par les bombes, Anthony Doerr dessine une fresque d’une beauté envoûtante. Bien plus qu’un roman sur la guerre, Toute la lumière que nous ne pouvons voir est une réflexion profonde sur le destin et la condition humaine. La preuve que même les heures les plus sombres ne pourront parvenir à détruire la beauté du monde.

Notation sur 5

Intrigue 4 scarabees

Personnages 4 scarabees

Écriture4 scarabees

Avis de lecture

L’an dernier, j’ai lu un magnifique roman chez Albin Michel, sorti à peu près à la même période que celui-ci. Il s’agissait de Dans le grand cercle du monde, de Joseph Boyden. Ce livre n’est toujours pas en poche malheureusement et n’est plus dans les rayonnages des librairies, mais gardez-le en mémoire d’ici là. Donc chaque année avant l’été, l’éditeur sort des romans alléchants, il faut l’avouer et celui-ci promettait d’être captivant. Et avoir entendu l’auteur dans une émission m’a donné envie de m’y plonger. Alors oui voilà, encore un livre sur la seconde guerre mondiale, mais chacun à ce petit quelque chose, ce point de vue, cet angle d’attaque qui fait la différence.

Mon impression au commencement

Les deux premiers ultra-courts chapitres, trouvent un éclairage en poursuivant la lecture. L’action démarre en 1944, nous présente les personnages principaux dans une situation qui est proche de celle du dénouement. Une dizaine de pages après, retour en arrière, changement d’époque, nous voilà en 1934 où nous retrouvons en premier lieu Marie-Laure, puis Werner. L’auteur amorce tranquillement le fil de son intrigue.

Ce que j’ai pensé de la trame

Vous l’avez compris, on oscille entre 1944 et l’enfance de nos deux héros Marie-Laure et Werner. A savoir qu’on les voit grandir au fil des pages. Elle, la jeune fille aveugle vivant à Paris, passant du temps au Muséum, qui ne comprend pas au premier abord ce qu’implique l’arrivée des allemands à Paris et les enjeux de leur fuite à St Malo. Lui, le jeune garçon, petit génie des transmissions électromagnétiques, finit par intégrer une école et va intégrer l’armée allemande. On les voit évoluer chacun dans leur monde, on suit leur histoire avec intérêt et on attend surtout le moment où leur destin va se croiser. Parallèlement à leurs histoires, il y a aussi une intrigue autour d’une pierre précieuse, auréolée d’une belle légende, très convoitée par un allemand. J’ai trouvé que cette partie du roman confèrait plus de tension et de suspens à l’ensemble.

Ce livre est vraiment bon, mais lorsqu’on vante sa puissance, qu’on parle de chef d’œuvre et bien je ne l’ai pas ressenti de cette façon ici. Ce roman a tout des grandes sagas, c’est aussi un bon page-turner, mais il manque un petit quelque chose tout de même pour que je m’écris « magnifique, splendide ».

Les personnages

L’histoire de Marie-Laure est émouvante et parsemée de petites tragédies, qui n’entameront pas sa curiosité et sa force de caractère pour autant. A cause de sa cécité, elle vit un temps recluse à St Malo, mais grâce à la maquette de la ville construite par son père, et à Mme Manec, elle va s’ouvrir à l’extérieur mais je n’en dis pas plus.

Werner est un jeune orphelin, dont le talent pour l’électronique est vite repéré pour servir l’armée allemande. Ce jeune homme suit les ordres sans se poser trop de questions, l’éloignement de sa sœur le pèse parfois. Sa position, son opinion vis-à-vis de ceux qu’il sert, de l’idéologie nazie est assez nébuleuse, on sent tout de même qu’il se pose des questions, qu’il n’adhère peut-être pas complètement, mais c’est dit entre les lignes. L’auteur n’a peut-être pas voulu aller sur ce terrain là pour se préoccuper plutôt de tout ce qui concerne la guerre autour de la communication, cette traque à la résistance qui s’opérait.

Conclusion

La plume de l’auteur est très agréable, fluide, et j’ai apprécié les courts chapitres qui donne du rythme, à certains moments plus qu’à d’autres du roman toutefois. C’est une très bonne lecture, mais je pensais que ce roman allait véritablement plus m’emporter.

Parution : avril 2015

Titre original : All the Light We Cannot See